HYPOTHETIQUE TROISIEME MANDAT DE ALLASANE OUATTARA

HYPOTHETIQUE TROISIEME MANDAT DE ALLASANE OUATTARA

Le trio Soro, Bédié et N’Guessan pour barrer la route

La Côte d’Ivoire n’est pas aussi bien portante qu’on le pense. Ce pays dirigé de main de maître par Allassane Ouattara, donneur de leçon et défenseur des Chefs d’Etat syndiqués de l’espace CEDEAO, hume le vent d’une certaine déstabilisation en 2020, si l’homme ne parvient pas à taire son obsession d’être candidat pour un troisième mandat. De l’ébullition du front social au chantier de la coalisation des forces vives de l’opposition ivoirienne, l’horizon se dégage pour un avenir hypothétique. Quelques années seulement après les évènements dramatiques qui ont décimé le pays au lendemain des élections présidentielles de 2010, les séquelles sont encore vivaces et perceptibles.

La question de la candidature de Allassane Ouattara en 2020 meuble les débats au sein de l’opinion. Même si l’homme n’a pas clairement dévoilé son intention réelle face à cette élection capitale, les acteurs se veulent vigilants, surtout que les actes et déclarations que pose l’homme, en parlent à suffisance.

Au sein de l’opposition Ivoirienne, les acteurs n’envisagent pas du tout se laisser surprendre par la possible volte-face de l’homme qui serait, à en croire Pascal Affi N’Guessan, président du Front Populaire Ivoirien (FPI), en divorce total avec sa parole donnée, ses engagements, ses promesses. Ainsi donc, l’opposition est à l’œuvre pour mettre en place une plateforme commune pour mettre fin à la dictature du président Allassane Ouattara.

Face à la presse le 23 février dernier dans sa résidence M’Badon à Abidjan, lors de la cérémonie de présentation de vœux, événement dédié à la célébration des élus du parti, Pascal Affi N’Guessan indique que Allassane Ouattara n’est pas concerné par les élections présidentielles de 2020. “C’est parce qu’il sait qu’il n’est pas concerné qu’il a remis sa décision pour juillet 2020” a-t-il poursuivi avant d’ajouter : “entre nous, vous pensez que si véritablement Ouattara veut être candidat, il va attendre juillet 2020 pour annoncer sa candidature ? Il n’est pas concerné et il le sait. Il n’est pas concerné parce que la constitution l’en empêche. En Côte d’Ivoire, maintenant on est la génération 2.0, c’est-à-dire deux mandats et puis rien après. C’est dans ça on est. Et c’est d’ailleurs devenu une règle en Afrique. De plus en plus en Afrique, quelqu’un ne peut pas faire plus de deux mandats et personne n’est prêt pour accompagner quelqu’un qui veut faire trois mandats. Dans notre constitution, il n’est écrit nulle part le chiffre trois, ni dans celle de 2000 ni dans celle de 2016. Alors où il a trouvé le chiffre trois ? Celle de 2016 dit deux mandats et au moment où on adoptait cette constitution, il était dans son deuxième mandat. On n’a pas refait les élections après adoption de la constitution de novembre 2016 pour dire qu’on remet les pendules à l’heure. Si on devait remettre les pendules à l’heure, en ce moment dès l’adoption de la constitution, on dit bon, on reprend les élections sur la base de la nouvelle constitution. Mais il a continué. Il a été élu en 2015 pour son deuxième mandat ; il a continué son deuxième mandat dans le cadre de cette nouvelle constitution. Donc c’est la continuité et c’est ça qui est conforme à la logique étatique. C’est la continuité. On ne remet pas les pendules à l’heure parce que la Côte d’Ivoire ne peut pas revenir en 2010. On ne peut pas retrancher l’âge de tous les citoyens pour dire que maintenant vous avez l’âge de 2010, pour que on retranche les mandats pour que Ouattara ait zéro mandat. Donc il n’est pas candidat”.

De tout ce qui précède, il est clair que l’effervescence est dans l’air quant à l’avenir de la Côte d’Ivoire si Allassane Ouattara s’obstine à être candidat en 2020. Dans une interview accordée à nos confrères de Radio France Internationale (RFI), Allassane Ouattara a indiqué la possibilité de sa candidature en 2020 s’il le souhaite. L’homme dit avoir consulté des experts constitutionnalistes que la lui ont indiquée. Et en réponse, Pascal Affi N’Guessan pense que le président n’a pas consulté les bons constitutionnalistes ou soit ceux qu’il a consultés ne lui ont pas dit la vérité.

Face à cette bombe à retardement, l’opposition ivoirienne se mobilise dans le cadre d’une plateforme pour exiger la réforme globale du cadre juridique et institutionnel des élections donc une nouvelle Commission Electorale Indépendante (CEI) équilibrée et véritablement indépendante, un nouveau code électoral, un nouveau découpage électoral, une nouvelle liste électorale qui intègre tous les ivoiriens en âge de voter, la réformes du conseil constitutionnel, maillon important du processus électoral, celui existant étant à la solde du pouvoir. Ce n’est pas l’un ou l’autre mais plutôt l’ensemble de ces réformes qui vont permettre, selon les acteurs de la plateforme en constitution, l’organisation d’élections libre, démocratique, crédible et transparente pour un avenir meilleur de la Côte d’Ivoire.

Rodrigue Ahégo, depuis la Côte d’Ivoire

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