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Saturday, November 28, 2020

Pétrolegate : L’Association des victimes de torture au Togo (ASVITTO) dénonce la condamnation du journal L’Alternative

Les unes des journaux

Pétrolegate : L’Association des victimes de torture au Togo (ASVITTO) dénonce la condamnation du journal L’Alternative
M. ATCHOLI KAO Monzolouwè, président de l’Association des victimes de torture au Togo (ASVITTO)

C’est dans une déclaration dont voici l’intégralité

Réaction suite à la condamnation du journal L’Alternative relative à l’affaire pétrolegate.

Pour mémoire, en 2012, des incendies criminels ont dévasté les grands marchés de Kara et de Lomé les 9 et 12 janvier. Après son appel à l’aide aux autorités ghanéennes pour maîtriser les flammes qui ont détruit le grand marché d’Adawlato, le Chef de l’Etat a eu recours à la coopération française pour solliciter l’expertise de la France pour enquêter sur l’origine des incendies. Ce qui fut fait aux frais du contribuable togolais et le rapport d’enquête a été rendu aux autorités togolaises par les autorités françaises. Ce document porteur des informations sérieuses qui devraient permettre de mettre la main sur les vrais auteurs de ces crimes a été simplement caché par M. Faure Gnassingbé et les togolais ne connaissent toujours pas les tenants et aboutissants de ces incendies. Les acteurs politiques se sont trouvés des arrangements pour ne plus en parler, et plus étonnant, le silence complice des victimes efface davantage les traces, protège les auteurs et nourrit d’autres crimes.

Quant à l’affaire pétrolegate, les informations sur la spoliation des droits du contribuable togolais relatives à la gestion des produits pétroliers par l’État ont été portées à la connaissance du public par le journal L’Alternative. Le pot aux roses, tel un rat qui se croit caché dans un trou en oubliant sa queue hors du trou, l’insolence du train de vie des membres du CSFPPP (comité de suivi et de fluctuation des prix des produits pétroliers) et leurs complices a permis de débusquer le vaste réseau mafieux qui s’étend aux proches collaborateurs du Chef de l’Etat. Le gouvernement, serait-on tenté de croire, dans un souci de perfectionner le secteur et faire cesser cette haute corruption, a fait diligenter une enquête indépendante qui a clôturé ses travaux et a rendu les résultats aux autorités.

Tout comme le rapport des experts français sur les incendies des marchés publics, l’audit sur la gestion du CSFPPP a été aussi bloqué par la présidence de la république. Ainsi, les pistes sérieuses pour la manifestation de la vérité dans cette affaire sont encore brouillées.

Au regard de ce parallélisme entre les deux (2) dossiers, le constat est la rétention des rapports d’enquêtes par le Chef de l’Etat pour protéger les intérêts sectaires. La condamnation à quatre (4) mois de non parution du journal avec une amende de quatre (4) millions de francs CFA pour “carence de preuves” n’est qu’une absurdité au regard de la loi et du droit et cache mal la mauvaise foi du président de la république et ses collaborateurs qui sont dans une logique autre que celle d’hommes d’Etat.

En attendant, les populations vont continuer par être saignées dans l’indifférence des autorités et des institutions de contrôle notamment HAPLUCIA et la Cour des comptes.

Quand on cherche à comprendre pourquoi ces anomalies dans la gouvernance et la gestion de la chose publique, on se rend compte qu’il existe des influences qui dépassent les lois du pays et qui méprisent la morale et l’éthique. Il s’agit des réseaux de confréries et des loges. Ces réseaux sectaires ont pris en otage la gouvernance du pays et maintiennent des hauts fonctionnaires d’Etat dans des liens dont les objectifs ont toujours été sournois vis-à-vis de l’intérêt général et rendent leurs disciples impitoyables. Il s’agit des personnes qui trouvent leur plaisir dans la souffrance des autres.

Il est important pour les citoyens togolais, de ne pas occulter la dimension spirituelle par rapport aux raisons de la léthargie dans laquelle se trouve le pays.

Enfin, l’ASVITTO invite le Chef de l’Etat et ses collaborateurs à s’affranchir de ces liens nuisibles pour pouvoir satisfaire aux besoins sociaux et respecter le droit au développement du peuple. De deux choses l’une. Soit, on choisit de gouverner un pays pour sa prospérité et celle de ses citoyens, conformément à la constitution en vigueur, ce qui est le cas dans presque toutes les démocraties du monde, soit le chef de l’État fait modifier officiellement notre constitution en y stipulant qu’il gouverne désormais pour la défense des intérêts des réseaux mafieux destructeurs du monde et non pour le bien des citoyens. Ainsi nul n’aura plus à s’offusquer des attitudes alambiquées, biscornues, dépourvues de sens et contre-productives du premier Magistrat de la République. Pour mémoire, c’est dans ce même pays et sous la même constitution qu’on a toujours juré de respecter, que le chef de l’État a déclaré reconnaître des surfacturations et autres malversations financières sans jamais se décider à sanctionner un seul pour servir d’exemple et mettre enfin l’éthique et la morale au coeur de la vie publique. Mais, voilà qu’un journaliste met ses maigres ressources et moyens à mener des semaines durant des investigations fouillées et documentées à la disposition des premières autorités qui devraient s’en saisir pour démontrer leur bonne foi et leur sincérité au sommet de l’Etat, on trouve au contraire le moyen de le sanctionner d’avoir fait un travail qui se récompense ailleurs dans le cadre de la bonne gouvernance.

La mainmise de l’exécutif sur le judiciaire et toutes les institutions a affaibli tous les mécanismes de contre-pouvoir qui constituent un des vecteurs incontournables du développement. Le pouvoir absolu que l’on peut constater dans la méthode de gouvernance au Togo tire sa force dans la déification de certaines personnalités d’Etat par le biais des sectes pernicieuses qui véhiculent les non-valeurs.

Il y a péril en la demeure et les bonnes consciences doivent agir.

Fait à Lomé, le 8 novembre 2020
Pour l’ASVITTO
Le Président
M. ATCHOLI KAO Monzolouwè

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