« Togo Debout » se prononce sur le covid-19

« Togo Debout » se prononce sur le covid-19
Front Citoyen Togo Debout

Lire l’intégralité du communiqué en date du 31 mars 2020:

DECLARATION SUR LA SITUATION ACTUELLE DANS NOTRE PAYS

Chers concitoyens,

La pandémie du COVID-19 n’a pas épargné notre pays et nous y sommes avec plusieurs interrogations, inquiétudes et angoisses car nous connaissons tous l’absence de structures adéquates et le manque de moyens qui sont des réalités tangibles de notre pays. C’est donc ensemble et dans la solidarité agissante que nous devons et pouvons y faire face.

Or cette crise de COVID-19 vient se greffer sur une crise que nous vivons depuis 2005 et qui concerne notre vivre en commun. Notre vivre en commun dans un Etat est en crise depuis février 2005 car il y a eu une prise de pouvoir illégale et habillée après juridiquement par des élections frauduleuses d’avril 2005, suivies de centaines de morts et d’exilés. Et depuis cette date nous n’évoluons que dans la négation de la reconnaissance de la crise avec ces vraies raisons.

Peut-on vivre ensemble quand des institutions ne sont pas justes ? Peut-on vivre ensemble quand d’élections en élections on assiste aux mêmes fraudes pour conserver le pouvoir sans savoir que le pouvoir est au service des citoyens et que ce sont eux qui le confèrent ?

Est-il possible dans un Etat où il y a un véritable malaise que les mêmes gagnent toutes les élections et qu’au moment où le malaise est encore plus grand ces mêmes personnes gagnent avec un score jamais atteint ? Les élections ne sont pas une solution à la crise que nous vivons depuis 2005 et c’est toujours elle qui continue.

Le FCTD a déjà dit que cette crise est avant tout politique et qu’elle doit être saisie comme telle. Sa racine demeure dans l’accession au pouvoir du chef de l’Etat actuel après le décès de son père, qui lui aussi, a utilisé les mêmes méthodes d’accession au pouvoir et de sa conservation.

Accepter cette vérité pourtant si simple c’est redonner une chance à la reconstruction de notre Nation et de trouver des modalités les meilleures pour une sortie pacifique de la crise au lieu de continuer à évoluer dans un juridisme problématique qui maintient la crise et en ajoute d’autres.

Si nous étions dans un Etat de droit démocratique pourquoi les miliciens ou les forces d’auto défenses n’ont jamais été inquiétées dans ce pays ? Pourquoi les assassinats des enfants n’ont jamais été punis ? Pourquoi les enquêtes n’ont rien donné jusqu’ à présent ? Pourquoi les nouvelles révélations dans l’affaire des incendies criminelles des marchés de Kara et de Lomé n’ont pas attiré l’attention de notre justice ? Pourquoi à aucun moment l’action publique n’a jamais été engagée dans ces cas et le serait pour d’autres avec acharnement ?

Dans un pays où l’impunité et surtout les injustices semblent devenir des modes de régulation de la vie sociale et politique le risque d’implosion n’est pas loin. Faut-il ne pas en prendre conscience et désamorcer cette perpétuelle tension ?

Les élections du 22 février 2020 ont été organisées dans des conditions déplorables et jusqu’à présent il y a contestation des résultats issus de la CENI et de la Cour constitutionnelle. Mais comment cela pourrait-il en être autrement quand on connaît le contexte d’émergence de ces institutions ? Il est urgent de comprendre que la crise de 2005 continue toujours et ne saurait être d’abord une affaire judiciaire. La nature de la crise est et demeure politique au vrai sens du terme car elle concerne notre vivre en commun.

Dans ce sens aucune institution ne peut être au-dessus du légitime désir qui fait, des hommes, des citoyens unis dans un Etat et dans une Nation au contraire toutes les institutions doivent tirer leur légitimité dans le vivre en commun et dans l’expression de ce désir de former une Nation solide et prospère.

C’est dans ce contexte qu’il convient de placer, selon le Front Citoyen Togo Debout, la crise postélectorale actuelle. Nous l’avons dit depuis des années que ce n’est pas une crise qui oppose tel parti politique à tel autre, c’est une crise qui concerne tous les Togolais épris de justice, de liberté et de véritable paix.

Le profond désir de changement de régime pour un régime d’Etat de droit démocratique a été porté par la C14 et récemment par la dynamique Mgr Kpodzro mais avec tout ce que nous avons vu et continuons d’observer la dynamique doit être encore plus inclusive et par conséquent citoyenne et déterminée afin de faire barrage au retour de l’Etat policier qui risque de nous ramener à ce que nous ne voulons plus : l’arbitraire.

Car s’il y a une règle pour le vivre en commun, elle doit s’appliquer à tous les citoyens puisque nul n’est au-dessus de la loi. C’est dans ce cadre qu’ en tant que citoyens réunis dans le Front, nous nous posons des questions sur la convocation de Monsieur Agbeyomé KODJO, citoyen togolais avant tout, pour des propos purement politiques, alors que jusqu’à présent rien n’a été fait de tel pour d’autres cas graves connus de tous. N’y-a-t-il vraiment pas d’autres moyens de résoudre cette crise post-électorale de façon courageuse en mettant le bien commun au centre ?

La construction de l’Etat de droit est faite pour empêcher le règne de l’arbitraire et de l’impunité et si notre pays opte pour l’Etat de droit nous ne pouvons plus nous taire sur des actes arbitraires.

Il ne s’agit pas ici de défendre le règne de l’anarchie mais au contraire la transcendance de la loi qui doit s’appliquer à tous les citoyens dans le respect du principe d’égalité des citoyens protégés par le principe de la légalité.

1- Le Front Citoyen Togo Debout, par cette déclaration, lance un appel solennel aux autorités togolaises de prendre enfin leur responsabilité pour la construction d’un Etat de droit
démocratique en trouvant une solution pacifique, durable et définitive à la crise. Le Front les invite à se rappeler de cette phrase de Gandhi : « Le jour où le pouvoir de l’amour dépassera l’amour du pouvoir, le monde connaîtra la paix »

2- Le Front Citoyen Togo Debout lance un appel à tous les candidats à l’élection du 22 février 2020 et à tous les autres partis politiques d’apporter leurs contributions à la crise postélectorale actuelle et d’une manière plus élargie à la crise qui dure depuis février 2005. Cette crise nous concerne tous et ne pas la résoudre c’est favoriser son maintien.

3- Le Front Citoyen Togo Debout invite toutes les autres organisations de la société civile de ne pas accepter le retour à un Etat policier qui restreint nos droits nos libertés (cf. les lois sur les libertés de manifestation etc.) mais de nous mobiliser tous dans une dynamique citoyenne pour refuser l’arbitraire, car personne ne viendra le faire à notre place.

4- Le Front Citoyen Togo Debout, tout en remerciant les différentes confessions religieuses, qui se sont impliquées, depuis 2005 par leurs différents messages, dans la résolution de cette crise, les supplie de ne pas baisser les bras. Car notre pays a besoin d’une autorité morale et spirituelle qui indique le chemin. Et prendre part à la résolution de la crise togolaise est une contribution politique noble et non une action politicienne.

Chers concitoyens, nous sommes en face de deux crises majeures, crise politique et crise sanitaire du COVID-19, et notre survie en tant que communauté de destin en dépend.

Une mobilisation citoyenne pour résoudre la crise politique serait une façon de faire face à la crise sanitaire du COVID-19 car on a besoin de chacun.

Fait à Lomé le 31 mars 2020

Pour Le Front Citoyen Togo Debout
Pr. David Ekoué DOSSEH

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