Editorial de Fenêtre sur l’Afrique du 26 septembre 2015 : Macky Sall, la grande déception insoupçonnée mais symptomatique dans la gestion de la crise burkinabè

Editorial de Fenêtre sur l’Afrique du 26 septembre 2015

Editorial de Fenêtre sur l’Afrique du 26 septembre 2015Dans le Togo profond, les Anciens nous enseigne que « L’on ne se jette pas en forêt tandis que la maison de son voisin est en feu. » Nous osons croire que c’est ce précepte qui a motivé la réaction et l’implication des responsables de la CEDEAO dans l’entreprise d’extinction de l’incendie.

Avant d’analyser cette implication ouest-africaine, arrêtons-nous sur le comportement des Burkinabè eux-mêmes, les premiers concernés. S’il y a un fait, une évidence implacable dans la situation, c’est la confirmation de la maturité politique du Peuple du Faso. La société civile burkinabè vient d’intégrer et d’apposer, et ce, pour la postérité, son empreinte dans le livre d’or des peuples responsables et auto-affranchis. Les coups de canon, les crosses de kalachnikov, le bruit des bottes des militaires, la bêtise des hommes en armes ne les ébranleront plus jamais. Le tristement chef Putschiste Diendéré vient de l’apprendre à ses dépens. Comme déjà lors de la révolution d’octobre 2014, ce peuple, cette société civile s’est dressée sur le chemin de l’arbitraire et de la barbarie. Malgré les coups de feux, elle est restée déterminée et digne. C’est cette attitude d’Hommes intègres et convaincus de la noblesse de leur engagement qui a forcé l’admiration, le respect et le ralliement du haut commandement de l’armée avec toutes ses autres composantes. C’est aussi le lieu de saluer cette manifestation de l’esprit républicain qui anime désormais cette armée. L’ivraie est identifiée et sait dorénavant la place qui lui sera réservée.

Cet engagement du Peuple du Faso et de la grande majorité républicaine de son armée, au lieu de se voir soutenu par les représentants de l’Afrique occidentale, s’est senti trahi voire infantilisé. Et pour cause. Quelle mouche a piqué Macky Sall et Boni Yayi ? Est-ce parce que leurs régimes respectifs n’ont jamais été confrontés à des militaires irresponsables ? Auraient-ils eu la peur de leur vie une fois en face de cette milice surarmée ? Ce qui est sûr, ils ont eu tout faux dans leur mission.

Primo, ils ont implicitement pris acte du changement de régime en écartant Kafando de leurs concertations.

Secundo, comment pouvaient-ils décider de faire passer pour pertes et profits la dizaine et plus de victimes abattues de manière la plus sauvage et ce, alors même que les corps jonchaient encore les rues de Ouagadougou ? De quel droit, au nom de quel principe ont-ils pu penser à demander une amnistie pour des gens dénués du moindre sens de respect pour la vie humaine et encore moins pour la volonté populaire ? Ne savaient-ils pas que ces individus sont de fieffés récidivistes depuis 1987 en passant par octobre 2014 ?

Enfin, la révolution d’octobre 2014 ne signifie-t-elle rien à leurs yeux ? Voici un peuple martyrisé des décennies durant qui arrive à bout de ses tyrans. Les suppôts de l’ex régime régime barbare tentent de refaire l’histoire et eux, démocrates qu’ils sont, n’ont rien trouvé de mieux que d’admettre les soi-disant revendications de ces hors-la-loi au détriment des avancées démocratiques notables gagnées par le peuple ? Ils sont même allés jusqu’à demander à l’UA de revenir sur l’exclusion du Faso alors que ces assoiffés de pouvoir tenaient encore les clés du pouvoir.

Pour une fois, saluons l’intransigeance de l’Union Africaine qui, jusqu’au bout, est restée très ferme, intimant l’ordre aux putschistes de rentrer dans les casernes. Elle a réitéré sa décision d’exclusion et, surtout, sa qualification de terroristes dans le chef des putschistes. Si les putschistes ont capitulé, rien n’est dû à la CEDEAO. C’est par la seule mobilisation des Burkinabè et son armée régulière. Notre disposition à toujours faire la part des choses nous dicte de saluer, parmi ces chefs d’Etats de l’Afrique de l’ouest dont la pluparts sont tout sauf démocrates, l’attitude du président nigérien Mahamadou Issoufou qui, se désolidarisant de la proposition des deux missionnaires, a demandé à ce que la volonté du peuple du Faso soit respectée.

Saluons le 1er acte politique que vient de poser le gouvernement Kafando lors de son 1er conseil de ministres post tentative de putsch. Il a purement et simplement décrété la dissolution du « gang des barbares » dénommé le RSP.

La lutte populaire est invincible. La Communauté internationale ira toujours dans le sens de la volonté des peuples responsables. Elle ne fera rien à leur place mais ces peuples lui forcent toujours le respect. La preuve en est que devant la détermination impressionnante des Burkinabè, la France a finalement demandé officiellement aux putschistes de déposer les armes et de débarrasser le plancher sous peine de représailles importantes.

Peuples Africains encore sous le joug de barbares, l’heure est venue à vous aussi de forcer le respect des spectateurs complices et intéressés !

La Rédaction de FSA
Radio Kanal K, en Suisse

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