Mali: au moins 9 soldats nigériens tués dans l’attaque la plus meurtrière contre l’ONU

Bamako (AFP) – 03.10.2014 16:12 – Par Ahamadou CISSE, avec Boureima HAMA à NIAMEY
La Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a annoncé vendredi avoir perdu au moins neuf Casques bleus dans l’attaque la plus meurtrière contre ses troupes depuis son déploiement en 2013 dans le nord de ce pays toujours instable en dépit d’une intervention armée internationale.

“Ce (vendredi) matin, un convoi des Casques bleus de la Minusma du contingent nigérien a été la cible d’une attaque directe alors qu’il se déplaçait vers Indelimane, sur l’axe Ménaka-Ansongo”, dans la région de Gao (nord-est), a déclaré la mission onusienne dans un communiqué, qui ne fournit aucune indication sur les assaillants.

“Un bilan provisoire fait état de 9 morts. (…) Il s’agit à ce jour de l’attaque la plus meurtrière perpétrée contre la Mission de l’ONU au Mali” déployée depuis juillet 2013.

“D’importants moyens aériens ont immédiatement été déployés dans le but de sécuriser la zone et porter assistance aux soldats de la paix”.

Selon une source militaire nigérienne, l’attaque a visé “une patrouille de ravitaillement d’un contingent de l’armée nigérienne” et a été lancée “par des hommes circulant à moto”.

Trois véhicules à bord desquels les soldats circulaient ont été également détruits, a dit cette source.

Selon un officier nigérien de la Minusma s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, il s’agit d’une “embuscade tendue par les islamistes du Mujao”, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest.

Le Mujao, lié à Al-Qaïda, fait partie des groupes jihadistes qui ont contrôlé le nord du Mali pendant près d’un an, entre 2012 et 2013. Ils en ont ensuite été chassés, pour la plupart, par une intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France et toujours en cours.

Une source militaire malienne à Gao a indiqué que cette attaque avait été précédée de menaces par des “terroristes”.

– “Les terroristes avaient menacé” –

“Les terroristes avaient menacé de commettre des attaques, des attentats à l’approche de la Tabaski” (la fête musulmane de l’Aïd el-Kébir qui sera célébrée samedi ou dimanche au Mali), “ils viennent de passer à l’acte”, a-t-elle dit.

La semaine dernière, l’ONU s’était inquiétée de la résurgence “incontestable” des jihadistes dans le nord du Mali, où plusieurs soldats de l’ONU ont été tués ces derniers mois, les Tchadiens en particulier ayant payé un lourd tribut depuis leur engagement au Mali.

“Entre le 27 mai et le 15 septembre, les locaux et le personnel de la Mission ont au total fait l’objet de 27 attaques (15 attentats à l’engin explosif improvisé ou explosion de mines et 12 tirs de roquettes ou obus de mortier”, a indiqué le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon dans son dernier rapport sur la situation au Mali diffusé la semaine dernière.

Ce bilan n’inclut pas cinq soldats tchadiens tués le 18 septembre par l’explosion d’une mine au passage de leur véhicule.

D’après des chiffres contenus dans le rapport de M. Ban, au 1er septembre, la Minusma comptait près de 9.300 membres de forces militaires et de police déployés au Mali, essentiellement déployés dans les régions du Nord. Ces chiffrent comprenaient 1.211 Tchadiens et 868 Nigériens.

Les Casques bleus ont quatre bases principales (à Gao, Kidal, Tessalit et Tombouctou) et des camps de plus petite taille dans diverses localités, et font “régulièrement de longues patrouilles dans les zones rurales”, selon l’ONU.

L’armée malienne, en pleine restructuration, n’a pas les moyens d’assurer la sécurité dans ces régions.

La Minusma “se prépare pour étendre encore davantage sa présence sur le terrain grâce à des moyens mobiles et statiques”, mais “beaucoup de tâches qu’elle doit accomplir dans ces zones ne pourront l’être que si des progrès sont faits dans les négociations de paix d’Alger”, a déclaré Ban Ki-moon dans son rapport.

Le gouvernement malien et six mouvement armés du nord du Mali ont signé en juillet à Alger une feuille de route des négociations pour ramener la paix. Le deuxième round de discussions s’est ouvert début septembre à Alger mais aucune avancée notable n’a été enregistrée, concernant notamment le statut du nord du pays.

© 2013 AFP

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