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Thursday, January 21, 2021

Chronique de Kodjo Epou : Fourberies européennes

Les unes des journaux

Chronique de Kodjo Epou : Fourberies européennes
Kodjo Epou

Par Kodjo Epou
L’UE condamne la fermeture du Twitter de Trump. Selon la position européenne qui se reflète dans une déclaration officielle de la France, c’est « une menace de l’oligarchie numérique des géants d’internet contre la souveraineté populaire et celle des états.» Et la chancelière Allemande, Angela Merkel, de certifier cette condamnation lorsqu’elle voit dans le bannissement de Trump « un problème de liberté d’expression qui devait être du ressort de la loi et non des entreprises ». De quoi parle ce monde pervers en Europe?, peut-on se demander. Comme si les entreprises d’internet ne sont pas régies par des lois dont dérivent des règles et conditions d’utilisation de leur service! Y a t-il eu, de la part de Twitter une atteinte à la liberté d’expression? Pour la majorité des Américains, Démocrates et Républicains confondus, la réponse est sans ambage: elle est « Non ». Et puis, en général, cette liberté doit-elle être sans limite? Doit-on la laisser s’exercer même si en son nom des terroristes propagent des publications toxiques, sources avérées de violences meurtrières?

Twitter, Facebook, Snapshot, Reddit, Instagram, Parler … et toutes ces plateformes ne sont pas des entités gouvernementales et ne peuvent pas, par conséquent, être sujettes ni à des restrictions constitutionnelles des états ni au bon vouloir de politiciens véreux. Ces compagnies fonctionnent sur des règles, des principes; elles ont édité des conditions d’utilisation protégées justement par la loi à leur création. Elles sont à ce titre tout à fait légales dans leur fonctionnement. Aussi œuvrent-elles pour s’assurer que les utilisateurs, quels qu’ils soient, respectent leurs conditions. Twitter dit avoir banni le compte personnel du président américain parce que ce dernier « repeatedly violated rules about inciting violence ». Donc, pas de place pour ce qui apparaît comme un double langage européen. C’est FAUX, Twitter n’a pas violé la liberté d’expression de Donald Trump, c’est-à-dire la jouissance de ses droits liés au « First Amendement ». Maintenant, la question à Angela Merkel et à ses compagnons est de savoir s’ils ont une idée de ce qui adviendrait à notre planète si les réseaux sociaux laissaient les 8 milliards de voisins que nous sommes devenus se comporter comme Donald Trump et ses sbires? On se souvient que ce sont les discours acides ciblés des mêmes individus qui avaient poussé des jeunes extrémistes (Proud Boys) à planifier le kidnapping de la Gouverneure de Michigan, un coup scandaleux déjoué de justesse par le FBI.

Twitter, selon ses propres règles auxquelles est soumis tout usager, a pour objectif de servir le public de sorte que tout le monde participe à une conversation libre, sereine, dépouillée de toute incitation à la violence, que ce soit au sein des états ou entre les peuples du monde. Les Européens qui voient en la décision de suspension prise par Twitter, veulent-ils qu’au nom de la fameuse liberté d’expression Sillicon Valley se dévie des normes fondatrices de ses compagnies, juste parce que c’est Trump? Dans le cas d’espèce, il est question d’un président de la plus grande puissance du monde qui, après avoir vicié l’atmosphère politique avec des théories infondées, creuses, de fraudes électorales, demande à ses partisans de marcher sur le Congrès pour revendiquer leur victoire volée. Son propre Vice-président était dans cet endroit. La marche de la foule sur le Congrès a été instantanée car, les paroles fortes d’un président américain sont toujours suivies d’effets.

Les Européens ont-ils oublié la phrase historique qui avait, dans le temps, provoqué la chute du mur de Berlin? « Gorbachev, Tear down this wall ». Cette phrase célèbre était contenue dans un discours prononcé par le président américain, Ronald Reagan à Berlin Ouest, le 12 Juin 1987, enjoignant à Mikhail Gorbachev d’ouvrir le mur de la honte qui séparait alors les deux peuples frères allemands. Le mur tomba deux ans plus tard, faisant souffler sur le monde le vent de l’Est. Cette parenthèse pour dire combien pèsent les paroles d’un président américain, comment ce Trump, faute de construire son pays et le monde comme l’avait fait Reagan, se comporte comme un chef dangereux de par ses discours plutôt haineux dont la somme des conséquences se lit nettement dans les crimes odieux commis par la horde incivilisée dans l’enceinte du Congrès. Autrement, « Marchez sur le Congres pour revendiquer votre victoire volée » , « allez leur montre vos muscles » ou encore « hang Mike Pence » (pendre le vice-president), ces slogans sont en nette divorce avec la liberté d’expression que ces Européens, cyniquement, veulent voir dans les propos de Donald Trump et de ses partisans. De tels propos ne sont pas couverts par la liberté d’expression telle que stipulée dans le premier amendement de la loi fondamentale américaine. Les Européens ne le savent que trop!

Si Twitter n’avait pas suspendu le mauvais perdant Trump, s’il n’avait pas bloqué plus de 700 000 comptes de Q-Anon, un site de diffusion à grande échelle des théories de complot contre Trump, un fin manipulateur, il ne serait pas étonnant que l’Amérique, le monde avec elle, s’embrase dans un futur proche. Tellement les discours dans ces espaces pro-Trump sont toxiques qu’il suffirait d’un fait divers pour que les Américains commencent à se tirer dessus dans les rues, dans les quartiers de leurs villes. Il fallait démanteler l’empire des fausses théories que le businessman failli, Trump, et le président irrationnel du même nom a commence à construire.

Avant de dire autre chose et assimiler la décision de Twitter à une atteinte à la liberté d’expression, les Européens doivent nous faire lire, dans leur propre histoire des temps modernes, les chapitres où c’est décrit qu’un président avait, dans leur espace, demandé à ses militants de marcher sur l’assemblée nationale afin de revendiquer une victoire électorale. Tant dans l’histoire du siècle dernier que dans celle du présent, il n’est fait mention nulle part, en Europe, d’aucun leader dont la brutalité et la dangerosité équivalent à celles de Trump. C’est un homme sévèrement dangereux comme l’a si bien dit Nancy Pelosi. Et Twitter l’a traité comme tel, afin que l’Amérique fasse l’économie des vies humaines. Dans ce cas, la condamnation européenne de l’action de Sillicon Valley est assimilable à une langue de bois, à une zizanie éhontée car, aucun langage diplomatique n’aurait dû jeter la confusion dans les esprits sur la nature abjecte et trouble de ce président américain qui a constamment violé les terme de son serment. A ce jour, le Luxembourg est l’un des rares pays européens à désigner la chose correctement, telle que cela se doit: « Trump est un pyromane politique, un criminel qui doit être envoyé devant une court de justice criminelle ». Alors, les Français, Allemands et autres pays membres de l’UE qui semblent défendre Trump contre Twitter doivent comprendre que la décision d’arracher la parole à cet énergumène effronté sans âme ni conscience, c’est le moindre mal qui puisse lui arriver. Point.

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