Chronique de Kodjo Epou : Les peurs de l’usurpateur

Chronique de Kodjo Epou : Les peurs de l’usurpateur
Kodjo Epou

Par Kodjo Epou, Washington DC, USA
A vrai dire, losqu’on procède à un léger sondage, hormis certains compatriotes cupides et quelques universitaires mendiants, des besogneux tarés qui ne représentent qu’eux-mêmes, les soutiens de ce régime vétuste se limitent à un petit groupe d’infâmes officiers. Les plus zélés de ces bougres idolâtres invétérés, friands du bain de sang sont connus. Qu’a-t-il de moderne et d’intéressant ce président qui n’a pas été capable, pendant toutes ces années, de mettre son pays sur les rails de l’unité nationale ne serait-ce que pour protéger les derrières d’Eyadéma, son père.? Que fait-il d’ailleurs différemment de son géniteur qui avait, pendant quatre décennies, pollué l’existence des Togolais? Le pouvoir est au peuple et la famille Gnassingbé doit le lui rendre.

Faure le provocateur, le maître-chanteur incontesté et chef du chaptel des brutes et truands, sait qu’avec une opposition soudée autour d’un seul et unique candidat, il aura du pain sur la planche et très peu de beurre sur ses épinards. L’opposition peut lui tendre du grain à moudre. Par contre, si, jusqu’à la fin de la campagne, le courant du futur s’obstine à ne pas se donner la main pour un plan commun qui contraint le tyranneau à un second tour, notre peuple, déjà au plus bas d’en bas, va, au soir du 22 février, subir les chants de victoire niais des copains et coquins, des truands qui, de plus belle, vont faire l’éloge de leur système pourri et fainéant, feignant de ne pas voir les ruines fumantes du territoire qu’ils ont rendu exsangue. L’opposition peut encore créer la surprise. Aussi, avec cet avantage que sa fusion derrière un candidat, peut mieux préparer les esprits à une révolution électorale, concept naguère si chère à l’ANC. Il faut être plusieurs, et d’horizon divers, ensemble, pour réussir une quelconque révolution.

Les démocrates togolais font penser aux soldats de l’an deux, porteurs d’un immense idéal, condamnés à lutter sur plusieurs fronts. Ce qui fait leur force, ce qui leur donne la légitimité, c’est la justesse du combat qu’ils mènent. Leur espoir, qui est aussi celui de tout un peuple, réside dans ce que très souvent, des décennies passent sans que rien ne se passe, mais qu’il suffit qu’un jour – le jour du peuple – passe pour que tout trépasse. La-dessus, l’histoire ne trompe pas. Tout compte fait, les dictateurs sont un peu comme des records olympiques. On pense toujours qu’il est impossible de les battre. Et pourtant, il vient un jour où ils finissent par se fracasser. Faure Gnassingbé, tout au long du processus en cours, va agiter le spectre de la peur; il va proféré menaces sur menaces, chantages après chantages, pour se donner les moyens de voler tranquillement le quatrième mandat qu’il a arbitrairement imposé au peuple. Les six candidats engagés dans la course contre lui, Fabre et Agbéyomé en tête, doivent s’organiser pour l’en empêcher.

Le Togo, actuellement, est au rang des peuples les plus malheureux sur terre. La misère qui y règne, d’un genre blessant, est devenue le pain quotidien du citoyen ordinaire. Cette réalité sidérante ne peut être que le résultat de 38 ans de dictature féroce que sont venus prolonger quinze autres de gouvernance clientéliste et népotique, de tortures les plus affreuses, de dizaines de milliards de dette pour seulement quelques kilomètres de routes pauvrement bitumées. A quoi sert il de gagner une guerre – celle que Faure et sa clique ont livrée à notre peuple en 2005 pour usurper le fauteuil- si on ne peut pas chercher l’absolution et le pardon en apportant la paix dans les coeurs et en créant la prospérité pour les “vaincus”? Au lieu de cela, c’est l’arrogance qui règne, l’équivalence, en realité, d’une ignorance qui fait mal autant qu’elle prête à sourire.

Aucun pouvoir dans la situation de UNIR n’a jamais eu le dessus sur le peuple: Nul ne l’ignore dans le camp où l’on se plaît, cyniquement, à se draper de casquettes et foulards d’un bleu entaché de sang humain. Dans la foulée, un des grossiers sbires dira à la face du monde éberlué qu’au Togo, il est impossible, pendant la présidentielle, de compter les suffrages exprimés bureau de vote par bureau de vote. On croit tomber des nues! La coupe des Togolais est trop pleine et ils ne peuvent plus en prendre davantage. Un peuple qui a TOUT donné ces soixante dernières années mais qui n’a eu droit, en contre-partie, que la misère et la mort.

On ne le dira jamais assez Faure n’est qu’un usurpateur et le monde doit aider les Togolais à pousser son régime vers une sortie. Pour la petite histoire : lorsque du nord au sud les Togolais se battaient pour arracher de haute lutte l’indépendance, Etienne Eyadéma était absent. Ce nom ne figure dans aucun livre de bravoure. Les Togolais n’ont aucune dette, ni morale ni historique envers la famille Gnassingbé qui, conséquemment, n’a d’arguments plausibles à faire valoir pour convaincre l’opinion et justifier un quelconque droit de propriété sur la terre de nos aïeux.

Après quinze ans de jouissance gratuite du pouvoir d’Etat, le candidat de UNIR est obligé, soit de gagner proprement cette élection, seulement si telle est la volonté de notre peuple ou, dans le cas contraire, accepter tranquillement sa défaite et se retirer. Mais le ténébreux et rapace dictateur serait encore prêt, lorsqu’on écoute ses zélateurs, à verser le sang des Togolais, juste parce qu’il veut continuer allègrement à confisquer la république qu’il a réduite à un genre ploutocratique d’oligarchie avec le soutien de funestes courtisans de tout crin. C’est un outrage public au peuple togolais, et cela est inacceptable ! Son pouvoir, tellement, est impopulaire que l’opposition, malgré ses tares, peut encore avoir le vent en poupe et parvenir à mettre en bas ce qui était en haut.

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