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Thursday, December 9, 2021

CITE AU QUOTIDIEN: ARTISANS DE NOTRE BONHEUR ?

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CITE AU QUOTIDIEN: ARTISANS DE NOTRE BONHEUR ?
Maryse QUASHIE et Roger E. FOLIKOUE

Par Maryse QUASHIE et Roger E. FOLIKOUE
Les élus ont en principe à cœur de faire le bonheur de ceux qui les ont élus, croyons-nous. Ils essaient donc de tenir les promesses de la campagne électorale, pour garder leurs électeurs, mais ils essaient aussi d’augmenter le nombre de ceux qui pourraient faire partie de leur électorat en tentant de gagner d’autres catégories de citoyens à leur cause, en se préoccupant de ce qui pourrait leur plaire. C’est ce qui se fait en ce moment en France par exemple où, après les gentillesses du sommet de Montpellier envers les Africains, Emmanuel MACRON est obligé de tenir un langage plus musclé pour ce qui concerne l’immigration africaine, pour faire plaisir à la frange de l’électorat qui est plus à droite.

En tous les cas pour ce qui nous concerne, nous citoyens et potentiels électeurs togolais, nous nous demandons qui se préoccupe de notre bonheur. Alors que nous sommes de plus en plus pauvres, le coût de la vie ne cesse d’augmenter et taxes diverses et impôts nous étouffent. On ne veut pas que les travailleurs s’expriment sur leurs conditions de vie et de travail ; on fait peur, on menace et on punit pour faire entrer dans le rang. La pandémie du COVID-19 nous angoisse et nous fait vivre dans des contraintes incessantes : mais qui aide à combler les trous des budgets des familles ?

Il semble que les autorités ne se préoccupent pas assez de notre bonheur. Mais alors ceux qui aspirent au pouvoir, pourquoi ne les sentons nous pas aux côtés de la population dans ce quotidien si difficile ? Au lieu de cela, ils continuent à discuter entre eux d’élections, à s’insulter mutuellement. Faut-il croire qu’au Togo, les gens doivent être élus avant de penser au bonheur de leurs concitoyens ?

Dans ces conditions, ne sachant plus à quel saint nous vouer, nous nous adressons à Celui dont nous croyons qu’Il fait notre bonheur, notre Créateur, nous crions vers Lui jour et nuit.
Mais voilà que dans cela aussi, on ne nous laisse pas la quiétude de prier en paix.
En effet, nous nous trouvons confrontés à une situation difficile à expliquer :

  • Septembre 2021 : le taux de contamination par le virus du COVID-19 est en hausse par conséquent le Gouvernement prend des mesures, dont la fermeture totale des lieux de culte.
  • Novembre 2021 : Au regard de l’évolution positive actuelle enregistrée dans la lutte contre la pandémie(…) le Gouvernement décide la réouverture de tous les lieux de culte à compter du 19 novembre 2021. Mais le Gouvernement précise que l’accès aux lieux de culte est désormais subordonné à la présentation d’un pass vaccinal ou d’un test PCR négatif datant de moins de 3 jours. Ce sont les mots du communiqué qui dit que cette mesure sera appliquée dès le 3 décembre 2021.

Ce qu’il faudrait logiquement déduire de tout cela c’est que ce sont les lieux de culte qui constituent les endroits les plus propices à la propagation du COVID-19 alors que les marchés sont ouverts, de même que les écoles, que les gens sont entassés dans les bus de transport, etc.
En tous les cas, comme les responsables religieux ont déjà répondu en septembre qu’ils ne pouvaient pas se charger de la vérification du pass vaccinal avant les célébrations, on se demande comment cette mesure sera appliquée. On risque d’arriver encore à la solution du mois de septembre : fermer les lieux de culte. Et les fermer au moment des fêtes de fin d’année, rares moments de réjouissance pour les citoyens

Il va falloir que nous en rendions compte : nous devons nous occuper nous-mêmes de notre bonheur. En particulier, pour ce qui est de prier, cela fait presque deux ans que nous avons appris à le faire alors que les lieux de culte sont fermés. Tout croyant le vit : son Créateur, il peut le rencontrer partout. Et on n’a pas besoin d’être cent pour prier en groupe, deux ou trois ensemble suffisent.

Bien sûr, on va nous rétorquer que les autorités sont responsables de la sécurité de la population en matière de santé, et qu’à ce titre elles doivent prendre les mesures adéquates même si elles ne sont pas populaires, l’essentiel étant leur efficacité dans la lutte contre la pandémie. Mais, pourquoi alors ne se mobilisent-elles pas autant pour lutter contre le paludisme qui continue à tuer bien plus que le COVID-19, pour équiper les centres de santé, pour donner de meilleures conditions de travail aux soignants?

Oui exiger le pass vaccinal tout le temps et partout, est-ce la solution trouvée pour écouler les stocks de vaccins ? Mais comment convaincre les citoyens de se faire vacciner lorsque les contaminations reprennent de plus belle dans des pays où la couverture vaccinale dépasse les 80% et où on est obligé de recourir à une troisième injection remise en cause par l’OMS ?
Franchement, il nous semble qu’il faudrait trouver une solution plus pédagogique pour convaincre la population d’aller se faire vacciner, autrement que de passer par ces stratégies.

Il y a un proverbe de chez nous qui dit qu’un bébé qui dit que sa maman ne dormira pas de la nuit, ne dormira pas lui aussi non plus. En effet, ce qui ressemble à de l’acharnement à mettre au pas les églises ne doit pas laisser en paix ceux qui vont dans cette direction. Car, eux-mêmes font partie des nombreux croyants des diverses religions : comment vivent-ils alors dans leurs communautés ? Ne les interroge-t-on pas sur la finalité de leurs actions?

Lorsque les lieux de culte seront fermés durant les fêtes de fin d’année, comment s’imprégner de l’atmosphère de la fête dans le silence inhabituel créé par l’absence des chants d’église, par l’interdiction des pétards, la fermeture des dancings et autres ?
Comment lancer sa musique à fond lorsque d’une maison à l’autre on entend seulement le murmure de la prière des pauvres ?

citeauquotidien@gmail.com
Lomé, le 19 novembre 2021

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