mercredi, novembre 30, 2022

CITÉ AU QUOTIDIEN: NOUS SOMMES TON AVENIR ET TA SPLENDEUR, AFRIQUE !

CITÉ AU QUOTIDIEN: NOUS SOMMES TON AVENIR ET TA SPLENDEUR, AFRIQUE !
Maryse QUASHIE et Roger Ekoué FOLIKOUE

Par Maryse QUASHIE et Roger Ekoué FOLIKOUE
Le 1er novembre est reconnu dans le monde entier comme fête de la Toussaint, mais, pour nous, le 1 er novembre de cette année 2022 revêt une touche particulière. Même si elle parait insignifiante pour certains, cette date est porteuse d’une immense espérance, comme un germe, comme un grain de sénevé. Savoir déceler la toute petite germination, dans un quotidien tellement difficile que l’on ne prête plus attention à l’extraordinaire au cœur de l’ordinaire, c’est aussi une des missions de la Cité au quotidien.

Que s’est-il donc passé le 1 er novembre 2022 ?
Sur les réseaux sociaux, la nouvelle télévision moderne du village planétaire, Le Collectif des Artistes Panafricains (CAP) a lancé le clip d’une chanson composée par 11 artistes venant de sept pays du continent : MEIWAY et LYNES des Mots de la Côte d’Ivoire ; Amen Jah CISSE, ELOM 20CE, DON STASH, Momo KANKUA du Togo ; Didier AWADI du Sénégal ; LEMAN du Bénin ; NANDA du Gabon ; NOURRATH La Debboslam du Niger et Papy KERO de la République Démocratique du Congo.
Cela peut sembler banal, car ce n’est pas la première fois que des artistes prennent fait pour une cause. Et, pourtant, pour notre cas, c’est très différent. En effet, on est habitué à voir des artistes s’impliquer dans une campagne électorale pour un président ; il y a aussi les artistes qui sont des ambassadeurs d’organisations internationales, il y a enfin ceux qui sont des figures pour des marques dans un monde dominé par la publicité. Mais ici, il s’agit d’artistes qui s’engagent pour une campagne citoyenne. Oui, il n’est guère question d’une campagne qui leur apporterait quelque avantage financier mais d’une campagne pour une cause qui concerne le devenir de notre continent. Il ne s’agit donc pas de s’aligner derrière un candidat, mais de se mettre en action pour le développement, la paix et la cohésion sociale dans les pays africains.

A La Baule, en 1990, lors de la 16è conférence des chefs d’État d’Afrique et de France à laquelle 37 pays africains étaient invités par François MITERRAND, les présidents africains, par peur de perdre leur pouvoir par des élections libres, crédibles et transparentes, n’ont pas adhéré à la démocratie comme régime politique pour organiser le vivre ensemble. Mais quelques années plus tard, ayant compris, qu’ils peuvent organiser des élections et ne pas les perdre, ils sont devenus des champions et des chantres de la démocratie.

Et comme si cela ne suffisait pas, une autre tactique pour conserver le pouvoir a été trouvée : remettre les compteurs à zéro pour un troisième, quatrième, nième mandat.
Le virus du troisième mandat, fondé sur la modification de la Constitution grâce à des hommes et femmes politiques soutenus et défendus par des juristes, grands architectes de ce tour de passe-passe, gagne du terrain, détruisant le vivre ensemble, semant la terreur et retardant ainsi la cause du mieux-être.
Alors que les luttes citoyennes sont dévoyées par l’incapacité des acteurs politiques n’arrivant pas à s’unir pour changer les choses, alors que la classe politique représentée par des hommes et femmes du pouvoir, mais aussi hommes et femmes du savoir par leur formation, et qui, pourtant ne sont plus gage de la recherche de l’intérêt général, alors que le désespoir gagne de plus en plus de jeunes et ruine l’espérance d’un lendemain meilleur, alors que les discours ne parlent qu’à l’intellect, 11 artistes, de différents pays du continent, viennent témoigner d’une ère nouvelle.

Ils indiquent d’abord, que c’est ensemble que nous sommes l’avenir de l’Afrique, cette Afrique convoitée par plusieurs puissances et multinationales. Ils révèlent ensuite que la jeunesse est, malgré tout, porteuse d’espérance. Et ce n’est pas une jeunesse qui met en avant des stars, au contraire elle est convaincue que les citoyens africains sont tous des acteurs et donc des stars de la société à construire. Par conséquent, la diversité fait notre force dans une harmonie à créer sans cesse dans la reconnaissance de chacun avec ses talents. Sans la recherche intellectuelle d’une définition du panafricanisme, ces artistes se sont mis ensemble par le cœur pour composer ce chant et monter ce clip sur l’île de Gorée, un lieu hautement symbolique dans l’histoire d’une Afrique humiliée, violée, chosifiée, zombifiée etc. Il s’agit pour eux, non seulement de montrer que le relèvement de l’Afrique passera par l’implication des générations anciennes et jeunes – ce dont témoignent d’ailleurs ces artistes autour de MEIWAY – mais plus encore que la jeunesse est l’avenir du continent africain :

« Africa Maman, pourquoi tu pleures ?
Ta jeunesse debout te chante en chœur
Nous sommes l’avenir, n’aie pas peur
Ensemble retrouvons ta splendeur…
Limitons les mandats pour retrouver la lumière. »

Dans une Afrique où le problème de la limitation de mandat est devenu un combat de plus pour les citoyens, la jeunesse, par une voix féminine, signe d’une nouvelle naissance, proclame : « Je prêche la liberté…, je parle d’égalité pour des gens de chez moi. La paix pour un monde vrai, c’est par nos actes qu’on la crée… Allez leur dire qu’on ne veut plus de mandat inique. L’espoir prendra vie quand la démocratie et la vérité ne seront plus utopie. »

Un message qui, sous forme d’une lettre adressée aux autorités africaines, déclare :
« Chers présidents,
Le berceau de l’humanité, ses descendantes et descendants en toute solidarité vous parlent : limitez les mandats à deux. Deux mandats ça suffit. One, Two, and no more »

Ce « One, Two and no more », qui est le sous-titre du morceau, révèle le contenu de la campagne citoyenne lancée par des organisations de la société civile ouest africaine le 17 septembre 2022 à Dakar où le concert a été annulé.

Mais, les autorités sénégalaises ont oublié qu’à notre ère, les réseaux sociaux rendent compte de la découverte, du savoir-faire et des initiatives des citoyens dans la vision d’une gouvernance partagée. Et dans cette œuvre citoyenne, la date du 1er novembre vient comme un symbole essentiel. Qu’y a-t-il de plus beau que de retenir cette date de communion avec les générations passées et futures pour montrer que ce combat nous engage tous ?
Pour une jeunesse qui rêve du développement, de jeunes artistes, inventeurs de l’avenir, apportent le message d’espérance qui met debout, car comme l’affirme Nicole RIEU, chanteuse française, «l’artiste est celui qui change tout, il est le magicien des temps nouveaux ». Oui, c’est l’artiste qui dit aux autres qu’il est temps de se mettre au travail pour faire changer l’Afrique. Car il sait s’adresser à toutes les dimensions de l’être humain et pas seulement à l’intellect.

« Hé boboboe, Maman Africa ! Pourquoi tant de misère ? »

N’est-il pas possible de tourner la page sur la misère, les guerres, l’exploitation des richesses du sous-sol africain par des multinationales occidentales et asiatiques qui veulent l’Afrique sans les Africains ?
N’est-il pas possible d’avoir des présidents plus soucieux du devenir des Africains et qui font du pouvoir quelque chose d’intéressant pour tous au lieu de verser le sang de leurs concitoyens pour la conservation du pouvoir ?
N’est-il pas temps pour que l’opinion publique en Afrique soit plus présente et forte pour faire bouger les choses ?
Alors mettons-nous ensemble pour redresser l’Afrique et lui redonner sa splendeur.
Cela dépend de nous et c’est possible.

citeauquotidien@gmail.com
Lomé, le 04 novembre 2022

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