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Thursday, October 28, 2021

CITE AU QUOTIDIEN : QUELS VŒUX DE BONHEUR ?

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CITE AU QUOTIDIEN : QUELS VŒUX DE BONHEUR ?
Maryse QUASHIE et Roger E. FOLIKOUE

Par Maryse QUASHIE et Roger E. FOLIKOUE
En général, en début d’année, le premier vœu formulé à l’attention des proches et comme des lointains, c’est souvent le bonheur, et on aime préciser, « Mais la sante avant tout, si tu as la santé le reste ne fait pas problème ». Pour les Togolais, le bonheur se définit avant tout en termes de SANTE. Alors comment expliquer qu’ils seraient en train de mettre en danger cette santé en refusant de se faire vacciner ? N’y a-t-il pas là une vraie contradiction ?

Et si on prenait le problème autrement ? Et si pour les Togolais la vaccination anti-COVID représentait un danger pour leur santé ? C’est très probablement ce qui se passe.
Dans ce cas, on devrait s’attendre à ce que les “champions de la communication à propos du COVID” prennent le temps d’expliquer patiemment à leurs concitoyens les raisons pour lesquelles la vaccination est la meilleure solution actuelle et pourquoi elle est sans danger.
Nos champions devraient chercher à comprendre, au plan anthropologique et surtout psychologique, leurs concitoyens qui vivent dans un monde où ils n’ont pas que la télévision et les radios d’Etat comme sources d’information.

On peut notamment s’abonner à des chaînes étrangères, chaînes de ces pays occidentaux où le débat fait encore rage. Si le vaccin était si peu nocif pourquoi dans ces pays, certains soignants, en principe bien informés, refusent-ils de se soumettre à l’obligation qui leur est faite de se faire vacciner, au risque de perdre leur emploi ?
Il y a aussi ce qui circule sur les réseaux sociaux, avec des relents de complotisme, sur la volonté des pays Occidentaux d’éliminer les Africains avec ce vaccin. Tous ces discours peuvent perturber les citoyens et il revient aux autorités concernées de faire plus de pédagogie et non de vouloir faire peur, ou de tenir des discours de contrainte. Pour trouver des arguments pour combattre la réticence africaine face aux vaccins, il aurait aussi fallu, de façon plus simple peut-être, d’expliquer en quoi les effets secondaires peuvent varier d’une personne à l’autre, et ne représentent pas une manière de contracter la maladie, de permettre le débat avec sérénité et une attitude d’humilité, ou encore d’expliquer scientifiquement pourquoi la catastrophe prévue par les Occidentaux n’est pas arrivée sur le continent et d’exhorter enfin les citoyens à conforter leur système immunitaire par des mesures préventives.

Bref, pour l’heure nous croyons que les “champions de la communication à propos du COVID” trouveront la voie pour ramener, avec modestie, les Togolais à de meilleurs sentiments.
Surtout qu’ils ont promis qu’ils n’utiliseront pas le bâton pour amener les gens à se faire vacciner ! Il faudrait peut-être qu’ils se rendent compte qu’exiger le carnet de vaccination de celui qui désire simplement faire légaliser un document, cela peut représenter plus qu’un coup de bâton, car on sait pour quelles urgences on a souvent besoin de ces légalisations, pour un emploi, pour une inscription scolaire, pour un prêt bancaire.
On finit par avoir peur de voir devant sa porte quelqu’un vous réclamer une preuve de vaccination (alors qu’on ne le fait pas à l’entrée des marchés ou des milliers de personnes se côtoient chaque jour) avant de vous laisser sortir dans la rue. Alors les Togolais se pressent pour aller s’agglutiner dans les centres de vaccination (où ils ne risquent évidemment pas de rencontrer quelques porteurs du virus) simplement pour avoir la paix !

LA PAIX, telle est la seconde traduction du bonheur pour nos concitoyens. Et que signifie cette paix pour eux ? Tout simplement ne pas vivre dans la peur. Et au-delà de la peur de mourir qui est une constante humaine, il y a la peur de manquer du nécessaire, pour se nourrir, nourrir ses enfants, pour se soigner, faire soigner ses proches.
Cette peur lancinante, cette angoisse est partagée on le sait par de plus en plus de Togolais parce que la situation économique de la majorité se dégrade de jour en jour sans qu’on ne voit poindre la moindre lueur à l’horizon.
L’année dernière, avant même la rentrée scolaire 2020-21, certains ménages avaient pu commencer à penser à l’achat des fournitures scolaires, mais cette année, il faut d’abord penser à trouver de quoi manger, surtout que de grands adolescents élèves et étudiants sont revenus à la maison faute de pouvoir continuer leurs études. Alors comment trouver la paix alors que même la date de la rentrée a fait l’objet de rumeurs incontrôlées. Rentrera-ton ? Ne rentrera-t-on pas ? Reportera-t-on, ne reportera-t-on pas la date ? Comment les étudiants finiront-ils cette année ? Certains parents portent toutes ces angoisses tandis que leurs aînés attendent toujours les résultats de concours qui leur ouvriront enfin la voie d’un emploi stable ou d’un avenir.

Dans ces conditions, est-il encore possible de formuler des vœux de SUCCES, et surtout de PROSPERITE ? Combien de Togolais peuvent encore imaginer ce qu’est la prospérité ?
Quelle que soit la définition qu’en donne le dictionnaire, que ce soit l’« état heureux, (la) situation favorable d’une personne quant à la fortune et aux agréments qui en découlent » ou alors l’ « état d’abondance, (l’) augmentation des richesses d’une collectivité ou d’une entreprise » le Togolais moyen a du mal à s’imaginer ce que pourrait être cette prospérité pour ce qui le concerne personnellement.

Bien sûr, il voit vivre des concitoyens qui apparemment ne manquent de rien, dans d’immenses maisons à plusieurs étages et comportant des dizaines de pièces, où ils organisent festins et ripailles, avec quatre ou cinq voitures…, mais il ne se voit guère dans cette situation car malgré tous ses efforts, l’augmentation du temps consacré au travail, les économies et les restrictions dans tous les domaines, pas de distractions, pas d’excès de nourriture, pas de voyages etc., il n’arrive pas à quitter la cour commune où lui et ses quatre enfants vivent dans un deux pièces, ne mangeant véritablement à leur faim qu’une fois par jour et toujours la même chose. LA PROSPERITE N’EST PAS POUR BIENTOT !

C’est alors qu’on se demande s’il ne serait pas plus raisonnable de changer de pays, d’aller voir ailleurs. La crise sanitaire a vite réglé la question en rendant difficile tout voyage (même aux Togolais qui seraient tentés d’aller aux Etats-Unis, pays qui ne leur donne pourtant des visas qu’avec difficulté !)

Alors quels vœux de bonheur ? Voici ce que nous disions en 2019

« Les gens sont comme cassés intérieurement peut-être se disant qu’ils n’ont plus rien devant eux, que la partie est perdue. Pourquoi ? (…) Pourquoi ce manque d’espérance ? Certainement parce que personne ne redonne l’espérance, personne ne prend la parole pour faire détourner les yeux du passé plutôt sombre vers des horizons ensoleillés. Où sont donc ces personnes dont le regard est capable de traverser le brouillard du présent pour saisir et faire saisir aux autres la lueur d’un avenir encore ouvert et prometteur ?

Encore une fois, nous sommes obligés de pointer du doigt les intellectuels, ceux qui, ayant lu l’histoire des nations, l’histoire de ces peuples qui ont su lutter pendant de longues décennies, sûrs que la justice et la vérité finissent par triompher et à qui finalement l’histoire a donné raison, peuvent redonner espoir à leurs contemporains en citant ces exemples ; les intellectuels qui peuvent rendre compte des ruses de l’histoire, surprises heureuses au moment où plus personne ne s’y attendait … »
(L’urgence au cœur des urgences, 30 août 2019)

Nous vous souhaitons L’ESPERANCE portée par les intellectuels car « Que serait la vie sans l’espérance ? » nous dit Friedrich HÖLDERLIN. Ce n’est pas une espérance passive mais celle qui, au nom de l’avenir, agit et transforme le présent avec la conviction que « Le Présent naît de l’Avenir ».

citeauquotidien@gmail.com

Lomé, le 24 septembre 2021

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