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Sunday, October 17, 2021

Embarrassée, la CEDEAO s’est limitée à une suspension symbolique du Mali

Les unes des journaux

Embarrassée, la CEDEAO s'est limitée à une suspension symbolique du Mali

Comme l’on pouvait s’y attendre, les chefs d’État de la CEDEAO se sont réunis dimanche à Accra à propos de la crise malienne. Une formule toute simple et minimale a été trouvée, la suspension du Mali des instances de la Communauté. Raison? Le non respect de la charte qui réfute toute prise de pouvoir par les armes ou les coups de force.

En conséquence, le Mali ne peut plus faire partie de la Communauté avant d’avoir réparé ce tort au travers d’une transition réussie qui aboutira à une élection apaisée et transparente.

Pour ce faire, le régime putschiste, ainsi accepté de fait, devra composer avec un premier ministre civile qui formera un gouvernement suffisamment inclusif chargé de mettre en œuvre les points saillants auxquels tient tant cette communauté dans le conduite du processus.

Déjà à ce niveau, il y’a lieu de se féliciter d’une chose, la CEDEAO n’a pas suivi aveuglément les injonctions d’Emmanuel Macron qui, déjà en matinée, avait beaucoup parlé dans le Journal de Dimanche, menaçant par ailleurs de retirer ses troupes du Mali. Et il dit, en plus d’avoir brandi le couperet des sanctions ciblées contre les protagonistes, avoir passé ce message au chefs d’État de la CEDEAO. Mon Dieu!

Visiblement, le Président français aurait tout donné pour avoir la tête de Assimi Goïta et des siens, mais hélas pour lui. Ne serait-ce que sur ce point précis, il y’a lieu de saluer la lucidité des Chefs d’État de la Communauté Ouest-africaine qui ont compris qu’il fallait gérer cette crise malienne avec plus de tact et de sagesse.

C’est peut-être un début pour ces chefs d’État de se rattraper d’une manière ou d’une autre. Car il faut à juste titre le rappeler, la CEDEAO a pour mission essentielle de prévenir les crises politiques et économiques au sein de son espace en dehors de celle qui est d’œuvrer pour son évolution économique et l’épanouissement effectif de son peuple.

Mais il se trouve qu’ayant lamentablement échoué par rapport au travail préventif de veille, cette communauté se trouve finalement prise au piège lorsque des crises la surprennent et l’enfoncent dans une forme d’incohérence.

La crise malienne sous IBK est née de l’incapacité de ce dernier à assumer dignement les responsabilités régaliennes de l’État, ce qui, à l’époque, avait engendré une déconfiture totale du pays marquée par des grèves, des soulèvements et même des guerres avec plusieurs fractions notamment dans le nord du pays.

Tout ceci se passait dans une indifférence totale de la CEDEAO ou au pire, de sa complicité, puisque ses observateurs avaient validé, les yeux fermés, les dernières élections législatives frauduleuses organisées sous IBK.

Finalement, ce sont des milliers de maliens qui sont descendus dans les rues de Bamako pendant des mois et se sont fait entendre par l’armée dont l’intervention a permis de mettre fin à ce régime. C’est alors que la CEDEAO, subitement, est montée sur ses ergots pour condamner et même sanctionner de la manière la plus sévère possible le Mali avec la fermeture des frontières et bien d’autres mesures.

Mais le peuple malien ne s’est pas laissé faire. Sa société civile a bondi de partout, craché certaines vérités à la figure de cette Communauté avant qu’une formule issue des rafistolages politico-diplômatiques ne permette la mise en place de cette transition que dirigeait l’ancien officier Bah N’Daw.

Le renversement de Bah N’Daw est certes regrettable, mais la CEDEAO a bien compris, ne serait-ce qu’au regard des gesticulations de Paris, que le problème malien recèle quelque chose d’assez profond et qu’il fallait plutôt chercher à accompagner ce qu’auront décidé les maliens eux-mêmes même si par principe, la suspension de ce pays allait de soi.

En tout, les mesures assez minces préconisées dimanche contre le Mali constituent un vrai revers politique et diplomatique pour la France dont le Président n’arrête pas de bavarder et de menacer tout seul.

Alors, que fera-t-il désormais après que les chefs d’État eurent renoncé à sanctionner formellement les militaires putschistes ? Retirera-t-il ses troupes au Mali et prendra-t-il, de façon solitaire, les officiers maliens ou ravalera-t-il ses propres vomissures ? L’on attend donc de voir!

Luc Abaki

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