Face à face Zinsou – Talon : Quand la démocratie béninoise se démarque de la dictature des Gnassingbé

Débat Zinsou Talon

Débat Zinsou vs Talon
Par Marcelle Apévi
La journée de jeudi a été un rendez-vous important pour l’électorat Béninois. Il a été question du débat crucial entre Lionel Zinsou, premier ministre du dernier gouvernement de Docteur Thomas Yayi Boni et Patrice Talon, le richissime homme d’affaires du Bénin. Les deux messieurs sont en course pour la succession de Yayi Boni à la Marina.

Une avancée à la Française ou à l’Américaine avec des candidats qui dévoilent leur programme de gouvernance et projet de société à leur peuple afin de les séduire et de les amener à voter utile. Le Bénin, après avoir relevé sans quoique, le défi du premier tour, se remet dans l’arène et s’impose en terme de démocratie exemplaire sur le continent africain.

A ce rendez-vous qui s’est déroulé sur un plateau spécial de la Télévision Nationale, deux chronomètres à l’appui pour mettre en exergue la parité et l’équité en termes de gestion du temps, les deux prétendants au fauteuil présidentiel ont fait montre de leur capacité à conduire le pays dans la démocratie et surtout la droiture.

Il est bien vrai qu’au départ, nombreux sont ceux qui pensaient que Lionel Zinsou, avec son armada de machines étatiques, allaient battre K.O les 32 autres candidats qui avaient aussi expérimenté aisément et librement les velléités d’une élection présidentielle. Même si l’essai n’a pas été concluant pour 31 des 33 candidats, les deux premiers se valent et pèsent lourd dans les deux plateaux de la balance. Sauf qu’à ce débat, il a été clair que Zinsou, le candidat du pouvoir, ne connait pas du tout le pays dont il se réclame et ne maitrise nullement ses réalités. Ce qui fait que les approches qu’il a été à avancer pour régler les soucis dans les différents domaines, notamment la santé, l’éducation… ne sauraient, nous le constatons, combler les attentes des Béninois. Il s’est exprimé à la Française, puis que c’est ce pays qui l’a vu grandir et devenir ce qu’il était avant d’être débarqué par Yayi Boni pour lui succéder à la tête du Bénin. En réalité, si Lionel est attaché au Bénin, ce n’est que de nom et ce nom c’est « ZINSOU ».

Contrairement à lui, Patrice Talon qui a prouvé qu’il connait son pays, ses populations, ses réalités, ses forces et ses faiblesses… a été très à l’aise dans ses interventions. Surtout qu’il tire sa richesse de ses affaires au pays, il n’a souffert d’aucune difficulté dans l’alignement des maux qui minent le pays et qui nécessitent des solutions idoines et efficaces. Comme quoi, c’est quand on connait une maladie qu’on propose un traitement adéquat au patient qui en souffre. Ce qui explique le fait que Patrice Talon, au-delà des soutiens de taille dont il dispose, se positionne désormais et fait des avancées significatives qui le rapprochent d’avantage du fauteuil de son ami d’hier et ennemi d’aujourd’hui.

Ce qui impressionne, c’est le fait que des pays comme le Bénin connaissent des moments de gloire dont rêve le Togo depuis plus de 50 ans. Scrutin à deux tours, indépendances des institutions de l’Etat, usage des appareils de l’Etat sur mesure et au profit du peuple, l’indépendance de la justice, un parlement totalement indépendant, une armée républicaine, une cour constitutionnelle républicaine… Tellement de différence entre le Togo et le Bénin, idem pour les élections dans les deux pays. Le Bénin et le Togo, c’est le jour et la nuit. Ces réalités se réaffirment chaque jour que Dieu fait et sans orgueils, le peuple Béninois en soit constitue également un atout favorable à l’enracinement de la démocratie.

Malheureusement au Togo, la nuit est tellement longue que les attentes finissent par s’éteindre. Et pourtant, Faure Gnassingbé est un joli papillon qui a fait le tour de tous les pays les plus démocratiques au monde. Malheureusement, il ne s’agit à chaque fois qu’une promenade de santé qui n’apporte que désolation et maintien du statu quo.

L’écart est trop grand et le mal persiste et court plus vite que la lumière. Tout est politisé dans mon pays. Même les marchés, les routes, les espaces publics, les écoles, les églises, les pasteurs, les prêtes… le sont. Il faut appartenir au RPT/UNIR pour voir s’ouvrir devant soi, une porte de petit bonheur . Toutes les chapelles prêchent pour la minorité, la majorité laissée pour compte. Sacré Togo !

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.