La Terreur d’état et l’Instrumentalisation des institutions, seule source de légitimité pour Faure Gnassingbé

Par Samari Tchadjobo, Hanovre, Allemagne
Pour ne pas retourner très loin dans le passé avant de parler de l’illégitimité avec laquelle le régime Gnassingbé de père en fils règne sur le Togo, nous nous arrêtons aux élections présidentielles de 1998, où Éyadéma Gnassingbé fut battu à plate couture par Gilchrist Olympio. Mais du haut de sa dictature pure et dure, maniant la terreur à sa guise, Éyadéma fit changer les chiffres largement à sa défaveur pour se proclamer vainqueur au premier tour. À sa mort en février 2005 tout fut mis en oeuvre pour que le pouvoir ne quitte pas le sérail. Contraint de se retirer après le coup de force des Généraux qui l´installèrent au pouvoir, Faure Gnassingbé et son clan firent organiser des élections qu´ils n´entendaient perdre sous aucun prétexte.

La répression féroce qui s´abattit, faisant plus de 500 victimes au bas mot, les images de la honte de militaires saccageant les urnes et les transportant sous leurs épaules dans leur fuite, étaient des preuves suffisantes que Faure n´avait aucune popularité, aucune légitimité, et que seuls la terreur et le regard complaisant et surtout hypocrite de la fameuse communauté internationale l´avaient placé au pouvoir. Rebelote en 2010 et en 2015. Le même passage en force à tous ces rendez-vous ne donna aucune chance à une opposition qui, malgré l´imperfection, tenait à rester légaliste en se présentant à tous ces scrutins, alors qu´elle était à chaque fois ridiculisée et tournée en bourrique.

Nous sommes en mars 2020, au lendemain des élections présidentielles de nouveau largement perdues par Faure Gnassingbé. Dans des pays politiquement plus civilisés, qui ne sont pas forcément loin de nous, où le pouvoir d´état n´est plus une question de vie ou de mort pour les dirigeants, on serait en train de fixer la date de la passation de service entre l´ancien président et le nouvel élu. Mais chez nous au Togo, nous sommes en train de vivre une crise post-électorale parce que le vaincu, comme depuis des décennies, a falsifié les chiffres malgré l´évidence de sa défaite, et s´est proclamé vainqueur. Et c´est tout à fait normal et surtout légitime que l´équipe de Monsieur Agbéyomé Kodjo, le vrai vainqueur des élections, ne veut pas lâcher prise, et se bat pour que la vérité des urnes soit rétablie. Les signes de fébrilité et de nervosité que donne le clan du pouvoir des Gnassingbé sont des signes qui ne trompent pas et qui prouvent que le vrai vainqueur des élections du 22 février dernier s´appelle Agbéyomé Kodjo. Le comportement des thuriféraires du régime RPT/UNIR ressemble bien à celui de ce brigand pris en flagrant délit, mais qui brandit le sabre en continuant à nier l´évidence.

Tout d´abord l´arrestaion du Colonel Amblesso N’Soua Kokouvi, le 23 février 2020, suspecté d’être un proche d’Agbeyome Kodjo, gardé au secret avant d´être découvert par sa soeur au SRI, la brutale répression de la manifestation initiée par Monseigneur Fanoko Kpodzro près du Collège Saint-Josef le 28 février dernier et surtout le brutal kidnapping de M. Otto Koashie APEDO, Conseiller Spécial responsable de la sécurité présidentielle de Monsieur Agbéyomé Kodjo dans la nuit du 09 mars 2020 à son domicile à Zanguera par une quinzaine d’éléments armés de 3 unités de l’Armée, de la Gendarmerie et des antigangs, sont les manifestations visibles du terrorisme d´état auquel recourt le régime militaire de Faure Gnassingbé toutes les fois que son pouvoir est ébranlé.

Aujourd´hui nous remarquons que le régime Gnassingbé est paniqué face à la résistance légitime du Président démocratiquement élu Agbéyomé Kodjo. Et ceci s´explique par le fait que Faure Gnassingbé et sa bande ne savent plus à quel saint se vouer, et multiplient des actes pour le moins incohérents qui ne font que traduire la débandade qui est la leur. Habitués à voler, à manipuler et à tricher pour toujours rester au pouvoir malgré leur impopularité, ils avaient espéré que le vrai vainqueur des élections protesterait mollement, et qu´après quelques jours tout rentrerait dans l´ordre; c´était compter sans la hargne de vaincre, le courage, l´organisation méthodique autour du Dr Agbéyomé Kodjo et surtout de l´infatigable vieux prélat Fanoko Philipe Kpodzro. Comme diraient nos amis Ivoiriens, cette fois-ci ils sont « tombés sur garçons ».

D´après les juristes que nous avons contactés, l´assignation remise par un huissier de justice, accompagnés des éléments des force de sécurité, mardi soir à Agbéyomé Kodjo, le citant de se présenter mercredi dans la journée devant une commission du parlement togolais, pour être entendu dans le cadre d´une éventuelle levée de son immunité parlementaire, est truffée de vices de forme. Sûr de ses droits de citoyen et surtout de Président élu, l´interessé n´a donné aucune suite à l´assignation. Histoire de dire indirectement à Faure Gnassingbé et à son régime, qu´au lieu de continuer à tordre le coup au droit en cherchant à jeter injustement l´élu du peuple en prison, il serait plus sage pour eux de commencer à négocier leur départ et laisser les Togolais jouir de leur première alternance au sommet de l´état.

Au moment où nous terminons la rédaction de cet article jeudi soir, après être partis pour quelques heures, les hommes habillés sont revenus en début d´après-midi et le siège continue autour du domicile du président élu. Avaient-ils reçu l´ordre de lever le siège pour que Monseigneur Kpodzro puisse rentrer chez lui? Rappelons que le prélat avait dû passer la dernière nuit avec Agbéyomé Kodjo, sans aucune possibilité de prendre les médicaments dont il a besoin pour les pathologies inévitables à son âge. La présence du vieux prélat en ces lieux constituait-il un obstacle pour une éventuelle arrestation musclée de Agbéyomé Kodjo et de son équipe? Après donc le départ de Monseigneur Kpodzro, les irréductibles autour de Faure Gnassingbé donneront-ils l´ordre de passer à l´action pour s´emparer d´une façon ou d´une autre celui qui est considéré par la majorité des Togolais comme l´élu au soir du 22 février 2020?

En tout cas l´assignation à se présenter devant la commission parlementaire serait reportée sur demain vendredi dans la matinée. Faure Gnassingbé tirera-t-il les ficelles pour que cette marionnette d´Assemblée Nationale léve l´immunité du Dr Agbéyomé Kodjo, lui laissant ainsi le champ libre de le faire embastiller? Le bras de fer entre le pouvoir de dictature et le peuple togolais, représenté par Agbéyomé Kodjo, ne fait que commencer et ne prendra fin qu´avec le départ des usurpateurs. Pour lui prouver qu´il est sur la bonne voie, le leader du parti ADDI, Aimé Gogué, s´est rendu jeudi au domicile du Président élu pour lui apporter son soutien et lui prouver sa solidarité. Malgré leur méchanceté et leur négation du peuple, nous espérons qu´il leur reste quelques bribes de sagesse pour ne pas aller à des mesures extrêmes qui consisteraient à violenter Abgéyomé Kodjo et son équipe.

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