Présidentielle de 2015 et forces en présence : Alberto Olympio, président du Parti des Togolais, « gagnerait » à être moins prétentieux et moins instinctif

Alberto OlympioLe président du Parti des Togolais est un être paradoxal et démesurément ambitieux. Porteur d’un nom de famille diversement connoté au regard de sa charge historique et politique, il en rajoute à celle-là une autre sombre couche en choisissant comme Porte-parole, un autre « Olympio » en la personne de Nathanaël. Bon sang ! Où va Alberto avec de telles boulettes ?

Parfait inconnu des populations togolaises jusqu’au mois d’avril de l’année en cours, il s’intéressait peu à la politique. Son unique univers, c’est le monde informatique et celui de la communication. Informaticien donc, inconnu il y a six mois, il « gouverne » désormais l’un des plus insignifiants partis politiques, a fortiori le dernier né de cette famille au Togo.

Et ainsi, prétend prêcher l’ordre politique alors que le bon sens sérieusement exempt de toute subjectivité voudrait qu’on ait un minimum d’assise et de reconnaissance en termes de membres de partis et donc d’électorat pour espérer faire passer un message, politique, social, économique, civique… porteur.

Mais ce confiant instinctif, ne fait que naviguer à contre-courant de toute logique depuis qu’il s’est annoncé dans l’espace politique de son pays qu’il connait très peu lui-même. Il faut avouer les choses.

Il y a quelques mois, quand il est rentré avec son projet de créer précipitamment un parti politique en vue de briguer pour l’élection présidentielle à venir, même ses propres parents s’attendaient à ce qu’il se casse la figure, qu’il perde et qu’il renonce enfin à ce projet insensé à plusieurs égards. Mais bon an, mal an, il a réussi à « rafistoler » quelques publics disparates et à monter sans aucune feuille de route méthodique son parti. C’est le Togo, comme le dirait l’autre.

Il organise à la hâte un honteux congrès au stade de Kégué qui a connu la participation d’individus, complètement ignares en politique, qu’il a fait convoyer à Lomé pour l’occasion.

Très vite, à l’issue de ce drôle de Congrès, il est porté par des badauds ignorants, candidat du Parti des Togolais à la prochaine élection présidentielle. Une auto-proclamation qui ne dit pas son nom. Difficile de croire que Alberto Olympio, puisse en moins de quelques semaines convaincre des électeurs sérieux d’un programme politique, et que ces derniers comme par enchantement puissent faire de lui candidat à une élection présidentielle à venir. C’est-à-dire, que quelqu’un qui connait à peine son pays puisse convaincre des gens réfléchis qu’il va pouvoir changer le pays selon les attentes profondes des citoyens.

Alberto défie le reste de l’opposition

Mais, Alberto a pris goût à ses errements politiques. Comme si il ignorait que l’instant n’est pas encore venu pour lui, il laisse épancher son instinct à tous les coups. Et le tout récent, c’est que l’informaticien à pousser l’outrecuidance jusqu’au summum en déclarant sur une radio de Lomé qu’il est sûr d’être le président de la République en 2015. « On m’appellera Monsieur le Président de la République en 2015 parce que je ne me suis pas levé hier pour me présenter aux élections. Je ne suis pas venu en 2015 parce que je n’étais pas prêt. Mais maintenant, j’ai mis les moyens de côté pour gagner ces élections et donner une meilleure vie aux Togolais…les fraudes, les massacres et la violence qui ont empêché l’opposition togolaise de venir au pouvoir depuis la mort de Gnassingbé Eyadema en 2005. Toutes les contre-mesures seront prises pour que cela ne se produise plus en 2015 ».

Voilà de quelle manière Alberto Olympio toise et défie toute la classe de l’opposition. Au moment même où celle-ci médite sérieusement – à travers un conclave même s’il peine à laisser voir la fumée blanche – sur les voies possibles à trouver et à emprunter pour « quémander » , s’il y a besoin, des réformes constitutionnelles et institutionnelles et réussir le tour de force de dégager un candidat unique en guise d’oiseau rare, Alberto Olympio se permet ces propos comme pour mettre les pieds dans les plats. Et faire foirer tout le projet de ses aînés, qui au moins ont le mérite de connaitre le terrain et d’être familiers d’un certain électorat. Car, en toute franchise, si Alberto Olympio doit faire peur voire siphonner des suffrages à un candidat à la présidentielle, c’est à tous les présidentiables de l’opposition (Jean-Pierre Fabre, Me Apévon, Brigitte Adjamagbo, Koffi Yamgnane, etc.), sauf au candidat d’UNIR, qui jouit d’une assise stable. Il parait alors plus le souffre-douleur de l’opposition qu’il devrait raisonnablement soutenir.

Mensonge, son arme politique

Très récemment dans un numéro du magazine polémiste « La Lettre du Continent », on pouvait lire en substance que les spectateurs du concert organisé en début août dernier au stade municipal de Lomé, ont été gratifiés d’une somme de trois mille francs chacun. Histoire de détourner le public vers ce concert plutôt qu’au congrès du Parti des Togolais. Gros mensonge, triste affabulation aux allures d’une commande. Puisque Alberto Olympio, n’a guère daigné faire démentir une telle fausse information. N’est-ce pas là un homme politique irresponsable qui prétend diriger autrement les Togolais ? Quelle dichotomie !

Par ailleurs, toutes les activités du parti se focalisent à Lomé comme si c’était la seule zone togolaise qui garantissait la victoire à une présidentielle. Cependant, Alberto n’ignore pas que son cousin Jean-Pierre Fabre n’aime jamais qu’on lui marche sur ce qu’il considère comme une plate-bande ou une chasse-gardée : Lomé.

Les engagements du prétentieux et instinctif président du Parti des Togolais, ses premiers actes politiques, ses subterfuges, ses raccourcis, ses contorsions, les contradictions entre son ambition démesurée et le bon sens, … ses manières peu recommandées pour tenter de chercher le pouvoir ne rassurent guère quant à son avenir politique. « La patience est une voie d’or ». Alberto Olympio doit faire sien cet aphorisme. Sinon, il a quasiment perdu la partie avant les échéances. Il « gagnerait » à être moins prétentieux et moins instinctif.

Après, cette sortie défiant les ténors de l’opposition togolaise, quel sera le prochain acte du président du Parti des Togolais ? Une conférence sur le civisme ou une autre provocation à l’endroit de Jean-Pierre Fabre, Me Apévon, Agbéyomé, Yamgnane et consorts ?

Les Togolais doivent prendre la mesure de tous les actes de ce genre pour choisir en 2015, le candidat portant les vrais idéaux de leurs espoirs.

Franck Didier D’Oliveira

Source: telegramme228

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