Problématique de la réconciliation nationale au Togo, Dame Awa Nana peut-elle redonner au peuple togolais ce qu’elle lui a confisqué en 1998 ?

Awa Nana
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Par togo-online
Le 03 avril 2012, le peuple togolais a été témoin de la remise officielle du rapport de la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR), au Président de la République, Faure Gnassingbé. Ce fut à travers une cérémonie au cours de laquelle le président de ladite commission, Monseigneur Nicodème Barrigah-Bénissan a souligné, je cite que « il apparait donc que notre mission est essentiellement orientée vers l’avenir (…) Un tel avenir ne peut se construire que sur le socle du pardon et de la confiance, de l’humilité et de la tolérance, de la vérité et de la justice », fin d’une citation dont l’importance s’illustre à travers le choix des mots clés et profonds en compréhension à savoir pardon, confiance, humilité, tolérance, vérité, justice. Dans son rapport, la CVJR a formulé 68 recommandations à l’endroit du gouvernement togolais. La recommandation 58 prévoit la création d’un organe de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre des recommandations de la CVJR. C’est ainsi que le 24 décembre 2014, un décret portant nomination de la présidente dudit organe dénommé Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRUNN), a été pris par le gouvernement, en conseil des ministres. Il est placé sous la responsabilité de Madame Awa Nana Dabouya, fraichement retraitée de la Présidence de la Cour de Justice de la CEDEAO. Le HCRUNN devra assurer la mise en œuvre des recommandations de la CVJR. Même si le choix de la personne de Dame Awa Nana pose un réel problème de personne, l’on croyait qu’à même en l’organe dont elle arbore désormais les couleurs pour l’effectivité de la réconciliation au Togo.

Nombreux ont été les acteurs, défenseurs des droits de l’Homme et leaders d’opinion à saluer cette prise de corps du HCRUNN, une avancée majeure disait-on, qui devrait amener les togolais à se refaire confiance, sur la base de la tolérance, la confiance, le pardon, la liberté et surtout la justice.

Un an après la création de cet organe en lequel les recommandations de la CVJR devraient trouver une approche qui favorise la traduction de la réconciliation dans les faits, l’on constate avec désolation et amertume que, rien que du folklore s’organise à tue-tête autour de cet idéal. La forte médiatisation des simples réunions de formalités du HCRUNN en est une preuve palpable. D’atelier en atelier, de réunion en réunion, d’émission radio en émission télé, la mission du HCRUNN prend tristement place dans les studios et dans les salles de conférence des hôtels du pays.

D’un autre côté, le socle de la mise en œuvre réelle du processus de réconciliation nationale repose sur le sifflement de la fin de l’impunité. Malheureusement, la psychose des tristes évènements qui ont émaillé les périodes d’avant et d’après Eyadéma, c’est-à-dire 2005, se renforcent toujours, dus à la violation flagrante, chaque jour que Dieu fait, des Droits de l’Homme, de la multiplication des exactions militaires et policières sur les pauvres populations surtout au cours des manifestations pacifiques, du dysfonctionnement de l’appareil judiciaire qui reste inféodé au pouvoir, conjuguant au présent et en temps réel, les détentions arbitraires, la corruption… Bref, l’on semble constater que le HCRUNN n’est rien d’autre qu’un mort-né issu d’un parent qui se refuse toute repentance.

Dame Awa nana Dabouya a beau sillonné les studios et les salles de conférences, les faits restent têtus et vivaces dans les esprits. Les tristes évènements de Mango et le traitement juridico-politiques qui se fait des violences faites par les militaires sur les populations couplés du silence de Dame Awa Nana Dabouya a qui, le pouvoir a confié aussi le rôle de « Médiateur de la République » sont une preuve de l’échec du processus de réconciliation au nom duquel plusieurs centaines de milliards de francs cfa ont été sacrifiés et continuent d’être sacrifiés.

Tout comme en 1998 où Dame Awa Nana avait raté la formidable occasion de rentrer dans l’histoire, en réparant les tords et les injustices et proclamer les justes résultats de l’élection présidentielle qui donnaient Gilchrist Olympio vainqueur, 17 ans après ce raté historique, Dame Awa Nana refait face à l’histoire et semble s’émousser et prendre lamentablement de l’eau de telle sorte qu’elle reste flottante, face aux réalités que constituent les rudes épreuves à la mission à lui confiée par Faure Gnassingbé. Où, doit-on croire que celle-ci reste fidèle à son allégeance au pouvoir ?
Auquel cas, il faille conclure que le processus de réconciliation nationale tel qu’amorcer en 2005 reste un fiasco. Dame Awa Nana ne pourra malheureusement pas redonner au peuple togolais, ce droit à lui confisqué en 1998.

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