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Wednesday, May 27, 2020

Problématique d’une fin « symptomatique » de mission du HCDH au Togo

Les unes des journaux

HCDH TogoC’est désormais officiel, la nouvelle de la fermeture définitive des portes du Haut Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) au Togo. Une nouvelle qui laisse perplexe plus d’un surtout que la raison qui a sous-tendu la collaboration entre l’Etat Togolais et cette organisation onusienne reste encore vive dans les esprits et marque quotidiennement les pas des acteurs, principalement les gouvernants. Il était question que le HCDH vienne au Togo pour assurer le respect des Droits de l’Homme et sa promotion. Nous étions au lendemain d’une élection présidentielle enclin à de tristes événements qui ont faits plus de huit cent morts, selon les résultats d’une enquête internationale. On y a noté plusieurs cas de violation des Droits de l’Homme, notamment des enlèvements, des tueries massives, des emprisonnements abusifs… Bref, on a assisté à un premier mandat très ensanglanté, fruit d’une succession clanique, c’est-à-dire un pouvoir qui passe injustement ou maladroitement du père au fils.

Au cours de son deuxième mandat, le prince, comme si le sang des plus de huit cents togolais sacrifiés sur l’hôtel d’une succession de père en fils ne suffisait, a mis en branle, plusieurs feuilletons juridico-politiques, notamment une prétendue affaire de tentative d’atteinte à la sureté de l’Etat, avec dans le viseur, son demi-frère Kpatcha Gnassingbé et plusieurs autres artisans de sa succession; une affaire dite d’escroquerie internationale qui lui a permis de se défaire de son bras droit et homme fort à tout faire, Pascal Akoussoulèlou Bodjona et Sow Bertin Agba, artisans de sa réélection toujours frauduleuse. Un mandat placé sous le signe indélébile de flagrantes violations des Droits de l’Homme, notamment la torture, crime imprescriptible. Les nombreux rapports, y compris ceux de la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR) sans passer sous silence le fameux rapport charcuté de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) en ont largement fait mention.

Des cas de surpopulation des prisons, des décès de prisonniers, de refus de soins aux prisonniers, la malnutrition des prisonniers… des faits qui ont mis le Togo sur le banc des accusés où il a été relevé que le Togo était un Etat voyou, restent indélébiles dans les annales, malgré qu’ils soient placardés par le régime RPT/UNIR. Ce serait aussi irresponsable de ne pas mentionner les nombreux cas de répressions violentes de manifestations pacifiques de l’opposition pour dénoncer la mauvaise gouvernance, le pillage systématique des ressources du pays par une minorité reconnue par Faure Gnassingbé lui-même, la concussion, le népotisme, la gabegie, l’autoritarisme, le clientélisme, le refus obstiné d’opérer les réformes constitutionnelles et institutionnelles… le tout, fruit d’une obsession de pouvoir donc d’une tentative du prince d’y s’éterniser.

Tout ceci constitue, à notre avis, une violation des Droits de l’Homme. Aussi, le refus obstiné de libérer Kpatcha Gnassingbé et co-accusés, Pascal Akoussoulèlou Bodjona, malgré les multiples injonctions des juridictions onusiennes et régionales, notamment la Cour de Justice de la CEDEAO.

Le Togo a connu une élection présidentielle, des plus riches en stratégies de fraudes massives cette année 2015, avec des résultats multiples, incohérents et inexacts. Les acteurs politiques notamment ceux de l’opposition y ont dénoncé des cas de fraudes qui constituent également une violation du droit de vote des togolais, donc des Droits de l’Homme. Preuve que la situation des Droits de l’Homme, contrairement à ce que le HCDH avance pour endormir et divertir les acteurs est loin d’être ce que cette organisation onusiennement corrompue présente.

Nombreux sont ces acteurs de la société civile et ces défenseurs des Droits de l’Homme qui estime que cette décision du HCDH constitue la preuve que celle-ci a plutôt défendu des causes inavouées, plutôt que de défendre les Droits de l’Homme. Le HCDH aurait juste fait une toiture de façade, notamment la formation des acteurs de la société civile en matière de Droits de l’Homme, juste pour cacher son cahier de charge obscure qui a consisté à assurer la succession, l’imposition et les bases d’un pouvoir à vie au prince Gnassingbé. Avis partagé par le bas-peuple qui se dit bon débarras car selon lui, le HCDH a été fidèle au pouvoir violateur des Droits de l’Homme, plutôt que de défendre les Droits de l’Homme. Ainsi, la nouvelle de la fermeture le 30 juin prochain des portes du Haut Commissariat des Droits de l’Homme au Togo est un non évènement, surtout qu’elle n’a été qu’un outil mis en œuvre pour soigner l’image de la mauvaise gestion du pays, afin d’amener les partenaires techniques et financiers à renouer avec le Togo. Oui, cette mission, elle autre a été accomplie avec succès par le HCDH, durant les neuf années passées au Togo. Si non, si c’est la défense des Droits de l’Homme, le HCDH laisse un pays écrin de violations permanentes des Droits de l’Homme, de tortures, de violations des Droits de personnes en conflits avec la loi…
Qui trompe alors qui ?

Jean-Luc Ablodévi

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