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Friday, December 3, 2021

Quitter l’illusion des réformes et des élections avec Faure Gnassingbé, la vraie opposition doit s’organiser pour le faire partir

Les unes des journaux

Quitter l'illusion des réformes et des élections avec Faure Gnassingbé, la vraie opposition doit s'organiser pour le faire partir
Samari Tchadjobo

Par Samari Tchadjobo
“La plus grande victoire de l’existence ne consiste pas à ne jamais tomber, mais à se relever après chaque chute.” Nelson Mandela

Le Togolais et la Togolaise, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest en ont marre de la longue crise politique voulue par les prédateurs de dirigeants. Les Togolais en ont surtout marre des errements d’une certaine opposition dans sa soi-disant lutte pour l’alternance. D’élections truquées en élections truquées, de résultats confisqués manu-militari en résultats confisqués, le monde politique togolais poursuit clopin -clopant son petit bonhomme de chemin. Le plus grave c’est que depuis 1990, année du réveil révolutionnaire de la jeunesse qui n’en pouvait plus, la révolution avait été à chaque étape récupérée par des politiciens “professionnels” qui n’avaient pas su ou pu, pour des raisons diverses, mener la lutte avec succès. Certes, l’énergie criminelle et barbare du régime en face à combattre n’était pas et n’est toujours pas à négliger. Mais le sérieux, le patriotisme ou le sacrifice des soi-disant leaders qui avaient pris les devants n’étaient pas toujours à la hauteur du drame togolais dont le caractère brutal et inhumain était pourtant connu de tous.

Aujourd’hui, 30 ans après le premier soulèvement populaire contre la dictature Gnassingbé, tout semble être revenu à la case départ. Les Togolais fauchés à partir de cet inoubliable 05 octobre 1990 jusqu’à ce jour, s’ils revenaient à la vie, non seulement n’en reviendraient pas que le régime qu’ils combattaient s’est endurci en devenant plus inhumain, mais ne comprendraient surtout pas qu’il se trouve encore des “opposants” qui adoptent des positions bizarres qui arrangent plutôt le régime de dictature en place. La façon dont les acquis du soulèvement populaire du 19 août 2017 furent bradés et trahis, la manière dont la C14 fut un marché de dupes, nous avaient donné un avant-goût du degré de dangerosité dont peuvent être capables certains leaders de l’opposition togolaise. Aujourd’hui, les élections de février 2020 et leurs résultats largement en défaveur d’une certaine frange de l’opposition, nous ont révélé un comportement typiquement togolais qui a consisté à préférer le maintien du régime illégitime du RPT-UNIR au pouvoir, à un soutien au candidat le mieux placé, synonyme d’alternance. Il paraît qu’ils demandent la reprise du scrutin. Peut-il y avoir plus de méchanceté que celle-ci contre le peuple pour lequel on prétend pourtant se battre?

Depuis 1990 l’opposition togolaise s’était à plusieurs reprises retrouvée à la croisée des chemins, mais n’avait jamais su faire le bon choix, plus par manque de patriotisme, par intérêt personnel des uns et des autres, que par manque d’engagement. Nous y voilà pour la énième fois. Alors que faire? Continuer à critiquer sans rien proposer ne serait pas bien vu. Continuer à caresser tout le monde, surtout les plus défaillants, dans le sens du poil, pour plaire aux tenants de la sacro-sainte théorie du non à la division de l’opposition, alors qu’elle s’est déjà divisée elle-même, serait manquer de courage et d’honnêteté; cela équivaudrait surtout à encourager et à dédouaner les trouble-fête, les ” nous ou rien ” qui ont pris le malin plaisir d’éloigner le peuple togolais de sa libération par de crapuleux subterfuges. Aucun parti politique, aucun leader ne peut à lui seul mener la lutte jusqu’à la victoire finale; c’est connu de tous. Tout le monde sait également que seule l’union de l’opposition pourrait faire plier le régime illégitime incarné aujourd’hui par l’usurpateur Faure Gnassingbé. Il est plus qu’urgent que les oppositions togolaises, aux fortunes diverses, relativement inactives, que nous voyons aujourd’hui sur le terrain, se fondent en une opposition togolaise à même de parler d’une voix.

Malgré les trahisons, malgré l’ambiguité du comportement et l’incohérence dans les propos des uns et des autres, il y a encore beaucoup de formations politiques fréquentables qui peuvent s’organiser, organiser le peuple et le ramener dans la rue. Le leitmotiv sera désormais la création d’un rapport de force qui doit impérativement pencher du côté des populations togolaises pour exiger le départ pur et simple du dictateur. Le Parti National Panafricain (PNP) avait montré la voie en août 2017, et l’esprit de ce mouvement inoubliable est encore vivant malgré les déceptions et les répressions. Certes, la formation politique à l’emblème du cheval est aujourd’hui handicapée par l’absence de son chef Salifou Tikpi Atchadam, pour les raisons que tout le monde connaît. Mais nous sommes persuadés que ses lieutenants sur le terrain sont à même de s’organiser pour convoler en justes noces avec d’autres partis politiques de l’opposition afin de mettre sur pied une nouvelle coalition dont les conditions d’appartenance seront le sérieux, la poursuite du même but et l’engagement à ne pas trahir l’essence même du regroupement.

Ceux qui prônent encore aujourd’hui la recherche du dialogue avec le dictateur, pour d’hypothétiques réformes politiques pour des élections avec le même régime de terreur, n’ont rien retenu des douloureuses leçons affligées à l’opposition togolaise depuis des décennies; ou font semblant de n’y avoir rien retenu. Chez nous en pays tem, on dirait qu’ils sont prêts à replonger le doigt pour une deuxième ou troisième fois dans le même trou pour se faire mordre une énième fois par le même serpent. C’est curieux, non !? Les vols impunis d’élections avec en prime assassinats de Togolais depuis 2005, 2010, 2015 et 2020; les marches du FRAC (Front Républicain pour l’Alternance et le Changement) autour de Jean-Pierre Fabre pendant des années vers la plage sans résultats, et les appels incessants de Monseigneur Kpodzro et de Messan Agbéyomé Kodjo depuis février 2020, demeurés sans succès jusqu’à ce jour, nous montrent à suffisance que les régimes de dictature, comme celui du Togo, cette nébuleuse constituée d’hypocrites et de voyous en col blanc dénommée Communauté Internationale, n’entendent que le langage de la force des peuples unis et bien organisés.

À bon entendeur, salut!

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