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Saturday, June 19, 2021

Tikpi Atchadam; Seul au milieu du Désert de l’opposition Togolaise?

Les unes des journaux

Tikpi Atchadam; Seul au milieu du Désert de l’opposition Togolaise?
Samari Tchadjobo

Par Samari Tchadjobo
« La politique, ça ne consiste pas à suivre le courant, mais à indiquer le cap ». (Jacques Chirac)

À la veille de la commémoration officielle du jour de l’accession théorique du Togo à l’indépendance fixée chaque année au 27 avril, le chef de la formation à l’emblème du cheval Salifou Tikpi Atchadam, dans son discours, a estimé que la vraie indépendance du Togo n’a duré que du 27 avril 1960 jusqu’à l’assassinat du premier et seul président démocratiquement élu, Sylvanius Olympio. Atchadam n’avait pas passé par quatre chemins pour décrire le Togo politique, aujourd’hui caractérisé par une constitution personnelle, des présidents non élus, des députés non élus, des lois personnelles et iniques, une justice inféodée au régime dictatorial, une monnaie étrangère, une armée non républicaine retournée contre le peuple, et un droit aux paradigmes étrangers.

« Rien n’a changé depuis le 13 janvier 1963. C’est la descente vertigineuse aux abîmes. Si ce n’est pas de l’enfer, cela y ressemble », avait-t-il lancé avant d’en appeler à une prise de conscience pour tous les Togolais aimant leur pays pour que les choses puissent changer positivement. Comme d’habitude l’homme est resté fidèle aux principes qui l’avaient incité à créer sa formation politique en 2014. D’autres diraient que le natif de Kparatao n’a pas bougé d’un iota quant à sa volonté d’en finir avec ce régime de prédateurs incarné par la famille Gnassingbé et l’armée tribale. Malgré le fait qu’il ait dû se faire discret pour sa sécurité, Tikpi Atchadam est pratiquement le seul au sein de l’opposition togolaise, au vu de ses messages audio, à vouloir, depuis le soulèvement du 19 août 2017, une nouvelle organisation et une nouvelle sensibilisation des populations togolaises sur toute l’étendue du territoire pour faire plier ce régime.

Depuis l’éclatement de la C14 dans les conditions que tout le monde connaît, beaucoup de formations politiques dites de l’opposition se regardent en chiens de faïence, et pour beaucoup d’observateurs de la scène politique togolaise, il faudrait un miracle pour qu’une nouvelle coalition homogène de l’opposition puisse voir le jour, se battre ensemble et réaliser l’alternance tant souhaitée. Et le comportement de beaucoup de leaders sur le terrain ne laisse pas présager d’un avenir rassurant. L’opposition togolaise est divisée; et ce sont ces divisions, difficilement camouflables et difficilement camouflées, qui avaient fait ressurgir des comportements déshonorants qui eurent finalement raison de la coalition à 14. Et comme pour confirmer que l’opposition togolaise est malheureusement handicapée par ses propres contradictions, les lendemains de l’élction présidentielle de février 2020 furent l’occasion surtout pour les prétendus grands d’hier d’étaler leur petitesse en refusant de soutenir le candidat le mieux placé, celui de la DMK. L’éternel slogan le plus populaire au sein de l’opposition togolaise, mais jamais prononcé, « le moi ou rien » reprit ses lettres de noblesse.

Aujourd’hui la situation politique togolaise se présente comme suit: d’un côté un régime de terreur, de négation du citoyen et de l’humain, incarné par la marionnette Faure Gnassingbé qui, en dehors des délices immédiats du pouvoir, ne semble pas trop comprendre pourquoi il est là; entouré de pères et mères de familles sans foi ni loi, jusqu’au-boutistes et surtout tribalistes jusqu’aux os. Leur logique: le pouvoir à eux seuls ou le néant. De l’autre côté un peuple conscient du dénuement qui est le sien, mais résigné. À force de toujours se battre sans résultat, les populations togolaises avaient fini par s’en remettre à Dieu. En face, des leaders d’une opposition dont beaucoup ne sont pas étrangers, par leurs comportements, à la situation actuelle et au renforcement de ce régime pourtant rejeté par tous. Au milieu de tout ce mélodrame, l’opposition au sens traditionnel, parlant d’une voix et luttant contre la dictature, n’existe plus. Nous n’avons plus que des leaders ou plutôt des chefs de partis politiques dont beaucoup n’ont plus que leur sigle comme programme.

«Ceux qui tirent à boulets rouges sur l’ANC et ses responsables sans autre raison que de promouvoir un nouveau ‘’messie’’, se trompent lourdement…» Voilà un extrait du message du leader de l’ANC (Alliance Nationale pour le Changement), Monsieur Jean-Pierre Fabre à l’occasion du 27 avril 2021. C’est dommage que beaucoup n’ont pas encore compris que nos écrits ne sont dirigés contre personne et n’ont pas pour rôle de promouvoir qui que ce soit. Ce que nous écrivons n’est que le résultat de ce que nous observons sur le terrain politique togolais. Est-il vrai que les responsables de l’ANC ont pris la décision de discuter avec le gouvernement d’un régime décrié il n’y a pas longtemps par ce même parti pour participer aux élections régionales? Est-ce qu’une telle décision unilatérale d’une formation politique qui se disait naguère chef de file de l’opposition, est de nature à souder le peuple autour de son opposition ou à le désorienter? Est-ce que le comportement des responsables de l’ANC et d’aures responsables au lendemain des élections présidentielles de février 2020, demandant à Agbéyomé Kodjo d’apporter la preuve de sa victoire, avait-il favorisé le pouvoir en place ou l’opposition, donc le peuple? Voilà des questions simples mais pertinentes que nous posons et qui méritent également des réponses simples. Et si nous disons aujourd’hui que Tikpi Atchadam prêche seul dans le désert d’une opposition togolaise qui n’en est plus une; dites-nous, où se trouvent l’exagération ou la promotion d’un leader au détriment d’un autre!

Quant au PNP (Parti National Panafricain) lui-même, il ne suffit pas seulement de diffuser le message audio de Salifou Tikpi Atchadam. Le service après-vente doit être mis sur pied et exécuté. Dans notre dernière sortie nous évoquions les nombreuses potentialités dont pourrait regorger cette formation à l’emblème du cheval même en l’absence de son leader. Dans le désert d’une opposition togolaise aujourd’hui éparpillée, il y a ceux qui soulèvent encore la tête et ils sont nombreux à avoir les mêmes objectifs, les mêmes idées, la même volonté ferme de faire partir ce régime. Nous espérons que le travail se fasse déjà dans cette direction pour approcher et discuter avec ceux qui veulent encore se mettre ensemble pour mobiliser les populations qui n’attendent que ça. Et comme en politique le « non » n’est jamais définitif ce travail pour une nouvelle dynamique unitaire de l’opposition ne devrait exclure personne. Ceux qui aujourd’hui semblent les plus réticents à cause des mauvaises experiences personnelles, pourraient demain devenir les incontournables dans une nouvelle union de l’opposition togolaise.

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