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Monday, June 14, 2021

Togoata APEDO-AMAH rend un vibrant hommage à Bob Marley

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Togoata APEDO-AMAH rend un vibrant hommage à Bob Marley

Le 11 mai est une date qui permet à la communauté rastafari du monde entier de célébrer la légende qui fut. Robert Nesta Marley dit Bob Marley, puis que c’est de lui qu’il s’agit a été fauché par la mort le 11 mai 1981 à Miami (États-Unis), dit-on d’un cancer généralisé. Avant de partir, l’homme a su laisser un riche patrimoine musical inoxydable. C’est bien en cela que Professeur Ayayi Togoata APEDO-AMAH lui rend un vibrant hommage en ce jour du 11 mai 2021.
Pour Professeur Ayayi Togoata APEDO-AMAH, c’est une occasion pour lui de remercier l’artiste pour tout le plaisir qu’il lui a procuré depuis ses années estudiantines à Lomé et à la Sorbonne et au cours de sa vie professionnelle jusqu’à la retraite. « Matin, midi et soir, à une certaine époque, sa musique m’accompagnait comme un viatique. Que ce soit pendant la lecture, la rédaction de travaux scientifiques ou intellectuels, les corrections de copies d’étudiants, la sieste, il répondait à la moindre sollicitation en distillant sa musique avec sa voix, un tantinet nasillarde, qu’il portait jusqu’à des tonalités aiguës sans jamais dégammer. Il était le reggae. Il respirait le reggae », souligne-t-il dans son texte qui est proposé ici in extenso.

BOB MARLEY FOREVER
Quarante ans après la mort de Bob Marley, ce 11 mai 2021, l’engouement pour le musicien de reggae demeure aussi vif auprès de ceux qui l’ont apprécié de son vivant que de ceux qui l’ont découvert après sa mort voici deux générations.

Sa musique n’a pas pris une seule ride depuis tout ce temps. La longévité post-mortem du roi du reggae ne s’explique pas seulement par ses qualités de mélodiste. Marley était un artiste engagé qui ne s’est pas dégagé des problèmes sociopolitiques de son pays et de son époque. Les paroles de ses chansons l’attestent. La domination coloniale de la Jamaïque après la pseudo-indépendance de 1962 où les anciens colons esclavagistes britanniques sont devenus des citoyens jamaïcains propriétaires de tout le pays; l’esclavage, l’impérialisme américain et mondial, l’oppression des peuples noirs dominés, l’aliénation culturelle et la quête des racines africaines de son peuple esclavagisé sont les thèmes récurrents de son œuvre. Marley n’oubliait pas l’amour comme tout grand combattant. En plus de cela, il était le porte-étendard international de la nouvelle spiritualité, le rastafarisme, dont le berceau est l’Éthiopie sous le règne de l’empereur Hailé Sélassié, proclamé nouveau Messie noir, à son corps défendant, à côté de l’autre messie juif et blanc autoproclamé. Ce syncrétisme religieux proche de l’Eglise Ethiopienne, est un mythe qui plonge ses racines dans l’esclavage, le retour vers l’Afrique mère et la lutte de libération.

Puisque Bob Marley était un freedom fighter, ses ennemis se résumaient à tout ce qui était désigné sous le vocable de Babylone, c’est-à-dire les esclavagistes, la colonisation, le néocolonialisme, la dictature, la CIA, représentante de l’impérialisme américain et toutes les autres formes de domination et d’oppression des peuples du Tiers-monde.

L’EXEMPLARITÉ DE LA LUTTE D’UN ARTISTE ENGAGÉ
Combattre l’oppression n’est pas sans risques. Le combattant assume cette donnée qui met sa vie en danger, car la CIA avait un oeil sur lui qui la dénonçait nommément, elle qui supportait les forces réactionnaires des grands propriétaires ex-exclavagistes et pro-impérialistes de son pays.

Bob Marley ne revêtit jamais la toge mystificatrice et puante du prophète ou de l’Elu inspiré, sorte d’illuminé fanatique aux yeux fiévreux que nous ont tant livré les religions totalitaires et intolérantes répandues par le colonialisme et l’esclavage. C’était un adepte du rastafarisme et un artiste engagé qui s’était donné la mission d’être le porte-parole des sans-voix opprimés du monde entier. C’est en cela que son message, servi par de belles mélodies et un rythme lancinant, a eu une portée mondiale, par delà les pays et les races.

Hier n’a jamais cessé de parler à aujourd’hui. La longévité de ce génie du reggae doit parler à la jeunesse musicale d’aujourd’hui qui, en guise de messages sensés, se réfugie dans le bruitisme pour ne pas être contrainte de s’exprimer par des mots sur les maux et l’oppression de sa société. Le bruit des onomatopées et la glossolalie, si prisés par les pasteurs voyous des nouvelles églises chrétiennes sectaires, leur conviennent parfaitement dans la mesure où ils ne risquent pas d’être soumis à d’épuisantes et rudes explications de texte ainsi qu’à des coups de règle sur le bout des doigts dans les salons glacés de certaines autorités proches du pouvoir fasciste qui leur distribuent des prébendes, pour un mot mal interprété. Que d’artistes lyriques dégagés et médiocres qui polluent l’environnement sonore au Togo ! Pour réussir, en musique, il faut beaucoup de travail et de talent. L’artiste n’a pas besoin de lécher la fente poilue des fesses d’un quelconque potentat pour avoir du succès. Il n’a pas besoin non plus de se prostituer pour préserver sa longévité. Il ne doit pas confondre les enveloppes que des mentors, véritables flibustiers, à la fortune douteuse, lui glissent de temps en temps pour le tenir par les couilles, avec le succès. Certaines démonstrations bling-bling ne sont que des cache-misère qui n’abusent que ceux qui jouent à ce jeu pour donner l’illusion de ce qu’ils ne sont pas. Paraître n’est pas être.

Marley était ce qu’il montrait et il a incarné une époque, les décennies 1960-1980, où les pays du Tiers-monde étaient en ébullition avec des peuples dépenaillés en quête d’indépendance et de liberté et dont les ennemis avaient noms impérialisme et dictature.

LES DÉFENSEURS DES OPPRIMÉS MÉRITENT QU’ON LEUR RENDENT HOMMAGE
A l’approche du quarantième anniversaire du décès de Bob Marley, je me suis rendu compte que je ne lui avais jamais rendu un hommage écrit en dehors de certaines interventions sur les radios et télévisions privées du Togo. Cette circonstance est pour moi l’occasion de remercier l’artiste pour tout le plaisir qu’il m’a procuré depuis mes années estudiantines à Lomé et à la Sorbonne et au cours de ma vie professionnelle jusqu’à la retraite. Matin, midi et soir, à une certaine époque, sa musique m’accompagnait comme un viatique. Que ce soit pendant la lecture, la rédaction de travaux scientifiques ou intellectuels, les corrections de copies d’étudiants, la sieste, il répondait à la moindre sollicitation en distillant sa musique avec sa voix, un tantinet nasillarde, qu’il portait jusqu’à des tonalités aiguës sans jamais dégammer. Il était le reggae. Il respirait le reggae.

Je renvoie ceux qui me lisent à certaines de ses oeuvres comme “No woman, no cry”, “Rastaman Chant”, “Babylone by Bus”, “War”, “Exodus”, “Zimbabwe”, “Jah Love”, ” Rat Race”, “Put it on”,… La liste est trop longue. Il y a une version acoustique de certaines de ses chansons où il s’accompagne d’une simple guitare sèche que beaucoup de gens ignorent, dont les émouvants “Stir it up” et “Keep on moving”.

Bob Marley était un rebelle qui a fait de sa vie et de son reggae une esthétique ; ils étaient indissociables, loin des conventions sociales hypocrites. Cette singularité, jalousée ou méprisée, a toujours été le prétexte des imbéciles coincés dans leur cabochon comme du papier cul dans le cul, qui ont toujours voulu voir en un artiste un voyou ou un délinquant.

Comment ne pas terminer cet hommage en rappelant à la réflexion de tous, cette parole si riche de “Redemption Song”, sa dernière chanson : “Emancipate yourselves from mental slavery”. (Libérez-vous de l’esclave mental).

Salut, l’Artiste !

Ayayi Togoata APEDO-AMAH

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