TRAQUÉ DE TOUS LES CÔTÉS… KLATCHAA…

Par Sénouvo Agbota ZINSOU

TRAQUÉ DE TOUS LES CÔTÉS… KLATCHAA…
Sénouvo Agbota ZINSOU

Quelqu’un se met en quatre, se creuse le crâne, se contorsionne, s’arc-boute aux colonnes d’un palais présidentiel en proie au cataclysme, gymnastique exécutée au risque de se casser la colonne vertébrale et il se cassera non seulement la colonne vertébrale mais aussi le cou à coup sûr s’il s’obstine encore dans cette acrobatie et ces tours rocambolesques

Quelqu’un traqué de tous les côtés kli…kli…kli ! kla…kla…kla ! klatchaa !

Quelqu’un, si préoccupé par la conservation d’une couronne clanique, conquise dans un lac de sang qu’il est incapable d’envisager une autre perspective, quelqu’un pour qui aucun sacrifice n’est trop couteux, selon le discours officiel, sacrifice dont les victimes offertes à cette déesse couronne ne sont ni des cabris, ni des cochons, ni des bœufs cornus mais bien des corps d’humains quels qu’en soient l’âge et le sexe

Quelqu’un traqué de tous les côtés kli…kli…kli ! kla…kla…kla ! klatchaa !

Quelqu’un que je n’indiquerai ni n’indexerai plus car vous le reconnaitrez comme suffisamment impliqué dans les crimes de tous ordres, ou plutôt comme commanditaire de ces crimes commis dans le pays dont il est question, qui recrute les crapules cagoulés cyniques, escrocs, coriaces en kaki ou non, dans tous les cas équivalents aux Tontons Macoutes dans ce pays comparable à celui de Papa et Bébé Doc, accoutumés aux meurtres d’écoliers et d’écolières, écrasant « yarkement », c’est-à-dire à la manière des canailles, c’est-à-dire, « yakametoe », étudiants et collégiens en classe alors que les braqueurs connus courent les rues et les quartiers

Quelqu’un traqué de tous les côtés kli…kli…kli ! kla…kla…kla ! klatchaa !

Quelqu’un qui aujourd’hui ne sait à quelle quincaillerie s’adresser, ou à quelle briqueterie, fabrique de cailloux ou cuisine comme il a déjà eu recours aux boulangeries, filant un mauvais coton et croyant que même marchant clopin-clopant, cahin-caha, flanqué de ses béquilles coutumières il accosterait à bon port.

Quelqu’un qui court… court encadré de crabes, crevettes, cancrelats, cloportes, cafards… et autres kleptomanes, courtisans, tous copains et coquins qui lui feraient découvrir les cahiers secrets où sont écrites les formules cabalistiques pour crever au pouvoir comme son géniteur, créateur du clan, quitte dans leur cavalcade à laisser quantités de cadavres qu’on ne compte plus, des milliers de blessés sur ce chemin de calvaire depuis plus de cinquante ans

Quelqu’un traqué de tous les côtés kli…kli…kli ! kla…kla…kla ! klatchaa !

Quelqu’un qui a du mal à comprendre que dans le pays ne sont plus craints canons, kalachnikovs, lacrymogènes, couteaux, koundrou cloutés, carquois et flèches… Que ne comptent plus les criailleries et les mimiques de pseudo-purifications au cours desquelles incantations fétiches, christianisme et boule de cristal, mille croix, mille corans, mille calebasses de gri-gri zokpaku hétéroclites, se succèdent concurrents ou de concert comme appartenant au même culte, même canon…

Quelqu’un traqué de tous les côtés kli…kli…kli ! kla…kla…kla ! klatchaa !

Quelqu’un, acculé au fait accompli que ses calculs sont caducs, châteaux de cartes qui s’écroulent, que l’on se moque autant des cliquetis des armes que des billets de banque, des paquets de sucre ou des sacs de riz distribués pendant les campagnes électorales

Quelqu’un traqué de tous les côtés kli…kli…kli ! kla…kla…kla ! klatchaa !

Quelqu’un qui se rend compte qu’en un clin d’œil, lui qui d’un claquement de doigts faisait apparaître par jet privé de Kolokopé à Cracovie en passant par Cotonou ou Parakou, Koumassi ou Accra, Conakry, Dakar… une Rebecca ou Catherine, Karima ou Rékia rencontrée lors d’une conférence publique, dans un carnaval, dans un night-club, au passage dans un couloir ou coincée dans une cage d’escalier, il ne pourrait plus cavaler comme cela lui convient, coulant librement cours d’eau dans tous les lits

Quelqu’un traqué de tous les côtés kli…kli…kli ! kla…kla…kla ! klatchaa !

Quelqu’un qui, hanté par un cavalier, se serait campé, s’il en avait la carrure, en travers de toute course hippique surtout de coureurs en tuniques rouges, comme des braises incandescentes, éclatantes quelqu’un qui, depuis un dix-neuf août, ne pouvant plus être tranquille, crie comme Caïn après son crime : couvrez-moi, cachez-moi, conseillez-moi n’importe quoi… camarades dictateurs syndiqués, monarques déguisés et candidats autocrates, cohorte francophone, cercle colonialiste camouflé, cinq occidentaux aux couleurs masquées, communauté internationale pour nos intérêts communs cachés… Me recevez-vous cinq sur cinq ! Mais de tous les côtés, les démocrates se font écho : cons…cons… cons…ces conseillers

Quelqu’un traqué de tous les côtés kli…kli…kli ! kla…kla…kla ! klatchaa !

Quelqu’un qui, avec sa clique à la logique proche de celle des délinquants, plus friqué que Crésus mais dominé par le cauchemar du cercueil politique ou cercueil tout court, se crispe, secoué de spasmes et tombe en syncope foudroyé par le choc des mots comme crise, constitution de quatre-vingt-douze, démocratie, comité de suivi, consensus…et surtout « En aucun cas… ». Pour parer le coup son camp croit avoir trouvé le bouclier magique et clame, coq, canard ou perroquet : « Il faut remettre les compteurs à zéro !» Pour son héros, se comprend. Ho ! Ho ! Compteurs à zéro pour un héros, champion de calamité !

Quelqu’un traqué de tous les côtés kli…kli…kli ! kla…kla…kla ! klatchaa !

Quelqu’un qui a essayé toutes les casquettes dont il pouvait se couvrir, président en exercice de qui et de quoi…sécurité maritime, khalife, gendarme de l’Afrique grâce au fric, mais qui en fin de compte va croupir dans un coin comme il le redoute, découvert, sans aucun des costumes dont il s’affublait, nu

Quelqu’un traqué de tous les côtés kli…kli…kli ! kla…kla…kla ! klatchaa !

Vous le connaissez maintenant, ce Quelqu’un, ce Caligula tropicalisé et anachronique qui défraie la chronique, en costume et cravate modernes mais dont les actes et le comportement sont calqués sur ceux, non d’un macaque, mais d’un cadavre moral catapulté d’une caverne préhistorique : Klatchaa !

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