Adressage des voies publiques : Le Visage de la Misère Imaginative !

Adressage des voies publiques : Le Visage de la Misère Imaginative !

Toute ville dans son élan de croissance a plus que besoin d’un plan de développement. L’urbanisation qui est un processus maîtrisé ou subi caractérisé par la croissance des villes et leur périphérie au détriment des espaces ruraux, accompagne ce plan de développement.

Pour une meilleure connaissance des villes, la question de l’adressage devient primordiale. L’adressage est une méthode d’identification des voies et des immeubles, tendant à faciliter le repérage des constructions, grâce à une signalétique (panneaux de rue et numérotage des entrées), une représentation planimétrique des îlots et un fichier d’adresses. C’est une opération qui vise à mettre en place un système d’identification des voies, des constructions des parcelles et des équipements publics. Les systèmes d’adressage diffèrent selon les pays. Ils répondent généralement aux conditions d’implantation et d’organisation locale de l’espace bâti en s’adaptant aux évolutions dans le temps.

L’adressage est une opération qui entre dans le cadre plus large d’un projet d’information urbaine. C’est un outil de connaissance et de gestion de la ville, développé depuis les années 1990 dans le cadre de projets de développement urbain en Afrique. L’adressage renforce également les liens d’appartenance et la communication entre les habitants d’une ville. En attribuant à l’individu une identité localisée dans la ville, il lui permet de communiquer au sein de la communauté. L’adressage s’impose ainsi comme une condition essentielle à la reconnaissance de la citoyenneté. Il s’effectue par le biais d’enquêtes, en collectant des données démographiques, spatiales et économiques on peut disposer d’une meilleure connaissance de la ville.

Ceci étant, cette opération mérite une étude sérieuse pour une adhésion des habitants des villes.

Au Togo, des énormités dans une misère imaginative

Le Togo n’a véritablement pas connu des élus locaux pour une meilleure gestion des villes. Les dernières élections locales au Togo remontent à 1987 et de surcroît sous le parti unique. Or, les élections au temps du parti unique n’avaient aucun sens. C’est ainsi que les communes sont laissées à la merci des individus sans scrupule. Détournement des fonds publics, vente illicite des réserves administratives, tout y passe. L’adressage des voies est aussi passé dans la banalité. Et ces derniers temps, la provocation a atteint le seul de l’intolérable surtout dans les quartiers Aflao Gakli (Djidjolé), Agbalépédogan et Totsi où on retrouve des dénominations suffocantes à l’instar de « Rue Agneau, Rue Tula-Médzi, Rue Anaconda, Rue des Mangotiers, Rue des Lézards, Rue de la Virginité, Rue des Crapeaux, Rue des Apprenants… ».

L’adressage est une opération de référencement chargé de l’histoire du pays comme on en trouve ailleurs. Quel sens peut-on donner à ces dénominations fantaisistes ? Lézards, Anaconda, Mangotiers, Virginité sont des énormités. On a constaté l’unanimité qui est faite autour de la « Rue Adebayor », c’est bien cela le bon sens. Si la Mairie de Lomé a trouvé subitement le réflexe de baptiser nos rues, il suffit simplement d’y mettre du sérieux. De là personne ne trouvera à dire sur les Rues Ahego, Doglo, Akpadjra, Paul Ahy, Adebayor.

Les bizarreries affichées sur les murs sont des insultes aux habitants de ces localités. Il existe au Togo, des milliers d’acteurs de référence dans plusieurs domaines qui méritent d’être immortalisés que ces conneries insensées.

Plus inquiétant, l’adressage prend une allure inquiétante depuis la confirmation de la date du 30 juin prochain pour l’organisation des élections locales.

Tout se passe comme si c’est une manière de créer des problèmes aux futurs élus locaux. Et si ces derniers sont bien élus, ils doivent forcément avoir comme premier chantier le gommage de ces énormités sur les rues du Togo pour un travail plus sérieux et méthodique pour l’honneur et la dignité des habitants des différents quartiers.

Pour certains observateurs, la fabrication à la hussarde de ces plateaux de dénominations serait une manière pour vider les caisses avant de partir.

Source: Le Correcteur – N°876 du Lundi 27 Mai 2019

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.