Battu et torturé à mort par des militaires à Danyigan dans l’Akébou, Dzikigne Kodzogan raconte sa glaçante mésaventure

Battu et torturé à mort par des militaires à Danyigan dans l’Akébou, Dzikigne Kodzogan raconte sa glaçante mésaventure

Le Togo continue de s’illustrer négativement en matière de droits de l’homme. Malgré le show maldorant du ministre des Droits de l’Homme Christian Trimua devant le Comité contre la Torture de l’ONU à Genève le vendredi 26 juillet pour démontrer le contraire, la problématique de la torture est plus que d’actualité au Togo.

La situation des concitoyens torturés et proprement rossés le dimanche 21 juillet tôt le matin à 6h à Hédzranawoé à Lomé sous prétexte de patrouille a défrayé la chronique. Malheureusement, le même jour, un autre concitoyen du nom de Dzikigne Kodzogan a échappé de peu à la mort à Danyigan dans la Préfecture d’Akébou.

« Je suis allé au village vendredi 19 juillet en début de soirée. Le samedi, j’ai fait mes activités champêtres avec mes parents. Le dimanche 21 juillet autour de 18h45 minutes, le CVD de Danyigan accompagné d’un militaire circulait de maison en maison pour demander de sarcler le village. Cela se passe comme ça souvent. Quelque temps après, un groupe de trois militaires est venu m’enlever pour aller à leur base de Danyigan. De 19 heures à 22 heures, les trois militaires m’ont torturé, battu partout.
Ils m’ont couché par terre. Par moments, ils versaient de l’eau sur moi. Quand je leur demande ce que j’ai fait, ils répondent que moi j’ai dit « qu’est-ce qu’on appelle soldat ». Ce que je n’ai jamais dit quand le militaire et le CVD sillonnaient le village.

Vers 22 heures, ils m’ont relâché. C’est à peine si j’arrive à me tenir debout. J’ai du mal à réaliser ce qui m’arrivait », a déclaré la victime. Pour mieux comprendre sa mésaventure, Kodzogan Dzikigne s’est remis aux autorités civiles et militaires du Grand Ogou.

« Le lundi 22 juillet, je suis allé voir le régent du canton de Seregbene dont dépend mon village Danyigan. Mardi, je suis allé rencontrer le Préfet de l’Akébou pour me plaindre. Mercredi, je suis allé voir le représentant de la CNDH à Atakpamé, ensuite à la Gendarmerie d’Atakpamé. J’ai rencontré un capitaine qui a appelé le CB de Kognohou qui s’est renseigné chez le CB de Yalla. Je suis allé après au Camp Témédja. Là, j’ai rencontré un Colonel qui après renseignements, me fait savoir que mes bourreaux disent que j’ai frappé le chef du village de Danyigan et le CVD et que j’ai dit aux gens de ne pas sarcler. De Témédja, on m’a envoyé à Hihéatro. Le CB de Yalla après enquête a fait savoir au CB de Hihéatro que tout ce qu’on me reproche n’est pas vérifié. Le Colonel de Témédja m’a présenté des excuses à travers le CB de Hihéatro au nom de ceux qui m’ont torturé et il a décidé de prendre en charge tous les frais médicaux. Je quittais Hihéatro vers 20 heures », a-t-il conclu. Toutes nos tentatives pour joindre Abaféi, le militaire qui a accompagné le CVD de Danyigan ont été vaines.

Comment peut-on expliquer ces actes aussi sauvages des gens qui sont sensés protéger les populations ? Quel sort sera réservé aux trois militaires de Danyigan qui posent des actes d’une rare bestialité? Vivement la fin de l’impunité pour mettre fin aux traitements inhumains et dégradants au Togo.

La Rédaction

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