La CEET fait main basse sur les fonds destinés aux bénéficiaires du projet d’électrification transfrontalière et dédommagements des victimes

La CEET fait main basse sur les fonds destinés aux bénéficiaires du projet d'électrification transfrontalière et dédommagements des victimes
Compagnie Énergie Électrique du Togo - CEET
La CEET fait main basse sur les fonds destinés aux bénéficiaires du projet d'électrification transfrontalière et dédommagements des victimes
Compagnie Énergie Électrique du Togo – CEET

Par Apollinaire, togo-online.net

Les détournements de fonds publics, la corruption, les surfacturations, la tricherie et des spoliations de tout genre sont les principaux maux qui minent l’administration publique et parapublique togolaise. À tout cela vient s’ajouter l’impunité à outrance vis-à-vis des auteurs de crimes économiques de notre pays. Les sociétés d’État sont devenues des gâteaux que se partagent les membres de la minorité qui pillent les ressources du pays au vu et au su du premier garant de la République qui fait les constats sans jamais sévir, l’essentiel est d’être proche du parti au pouvoir pour être autorisé à piller, à voler et tricher les citoyens sans crainte.

Les premiers responsables de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET) illustrent bien ici le symbole vivant de la mal gouvernance et de la gestion scabreuse des entreprises étatiques. Hormis les sales dossiers de la CEET qui ont déjà défrayé la chronique il y a plusieurs semaines déjà, la même société que dirige le DG Kakati Mawusi est également impliquée dans une autre affaire de détournement de fonds destinés à dédommager les pauvres paysans victimes de traçage d’espace en vue de l’électrification transfrontalière de quelques communautés rurales du Togo.

Les faits

L’Union Européenne, à travers la CEDEAO a financé depuis 2012 un projet d’électrification transfrontalière des communautés rurales au Sud du Togo à partir du Ghana et au Nord à partir du Bénin.

Avant l’exécution des travaux, la loi sur l’environnement No 2008-005 du 30 mai et le décret No 2006-058 du 05 juillet et leurs textes d’application imposent et encadrent les études sur les impacts environnementaux et sociaux dont l’un des buts est de soulager les riverains qui auront subi d’une manière ou d’une autre les impacts des travaux relatifs aux projets.

Ici, il est important de préciser que le travail d’expertise dans l’étude d’impact environnemental et social se fait en deux phases. La première consiste, selon nos recoupements, à faire un travail d’évaluation prévisionnelle et la seconde vise à établir des constats plus précis après l’exécution des travaux, ce qui permet d’évaluer les impacts réels.

Mais après les enquêtes, la rédaction de notre journal a pu se rendre compte que les services de la CEET ont tout simplement failli à leur mission liée à l’étude d’impact environnemental qu’ils bâclent ou négligent tout simplement. Suite à nos recoupements sur terrain, il nous a été révélé d’après plusieurs sources proches des riverains que ces derniers n’ont été jamais informés de la destruction de leurs plantations et habitats à cause d’un projet d’électrification. La localité d’Avexo-Tugbli du canton de Nyivé dans le Kloto est un exemple palpable des localités victimes des dérives de la CEET. Dans cette localité, plus d’une douzaine de cultivateurs ont vu leurs plantations de cacaoyers, de caféiers, d’orangers, de bananiers, de palmiers, de plans de gingembres, de tarots et autres détruits par les bulldozers un petit matin alors qu’ils n’était informés de rien au départ. Nos sources nous révèlent que la CEET dans ses archives ne dispose d’aucune référence qui prouve que les populations du canton de Nyive ont été contactées avant les début des travaux. Les mêmes sources nous renseignent que ce n’est qu’après les tractations judiciaires d’un groupe de victimes d’Avexo-Tugbli que la CEET a fait envoyer des formulaires à remplir par les propriétaires de plantations détruites, ceci dans une opacité totale. Ce que les victimes n’ont pas compris. C’est ainsi qu’elles (victimes) ont refusé de remplir ces formulaires, parce que faisant foi à la justice.

Dans les tractations judiciaires, le tribunal de première instance de Kpalimé a ordonné une expertise dévaluation des dégâts causés. L’ICAT a été l’institut commis à cet effet. Les résultats ont arrêté un montant de plus de 19 millions de nos francs pour dédommager la douzaine de victimes d’Avexo-Tugbli situé dans le canton de Nyivé. Tout ceci est resté sans suite jusqu’à ce jour.

La CEET de son côté a commis son expert, un assistant environnementaliste qui, d’après nos informations, s’est contenté de faire envoyer des formulaires aux chefs coutumiers qui vont dans les plantations détruites après les travaux pour un simulacre d’évaluation du coût cultural dans un bachotage total. Pour tout le canton, la CEET arrête une somme de cinq millions et demi contre 19 millions prévus par l’ICAT en faveur d’un seul village. C’est ici qu’il faut comprendre la tendance de la CEET à détourner les fonds destinés aux victimes à qui on fixe sans études sérieuses des montants arbitraires.

Les victimes d’Avexo-Tugbli sont abandonnées à leur triste sort au même moment où les autres localités ont été presque toutes servies selon le bon vouloir de la CEET. Le 22 octobre dernier, lors de leur passage dans la localité, les services de la CEET n’ont pas trouvé mieux à dire, selon les témoins, que les Victimes d’Avexo-Tugbli payeront pour leur entêtement à vouloir choisir la voie judiciaire. Avexo-Tugbli paye-t-il pour sa volonté d’être traité dans la transparence? Même les tentatives du préfet de Kloto dans la résolution de ce contentieux n’a abouti à rien. Le DG de la CEET, M. KAKATI a-t-il le droit absolu de priver les populations de leurs droits juste parce qu’elles réclament ce qui relève de leurs droits? Sommes-nous dans une jungle pour se plier à la loi du plus fort?

Les populations d’Avexo-Tugbli sont dans l’attente d’une solution à leurs problèmes et le ministre en charge des mines et de l’énergie, le chef du gouvernement et les autorités compétentes sont vivement interpellés en vue d’une solution rapide à cette anomalie qui multiplie le nombre de mécontents à l’intérieur du pays dans une cité où l’injustice commence par excéder les bornes.

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