Conflit autour de la chefferie traditionnelle, le préfet Koffi Melebou au centre de la controverse

Togbui Kodjo Koudéaménou Akpabé II
Togbui Kodjo Koudéaménou Akpabé II

Togbui Kodjo Koudéaménou Akpabé II
Togbui Kodjo Koudéaménou Akpabé II
A Totsi-Kpatefi-Cacaveli, un différend oppose depuis quelque temps les membres de la communauté sur la désignation du chef très contesté Togbui Elémawussi Koamivi Passah Aziamalé II par…le préfet du Golfe, Koffi Mélébou. La polémique qui couvait et qui était sur le point de connaître un dénouement, a refait surface suite à une note circulaire en date du 03 juin dernier et signée des mains du préfet.

La lettre risque d’amener aux affrontements les parties Akpabé et Passah Aziamalé qui se déchirent sur la légitimité de la chefferie. A en croire les premiers, la note a été travestie. Mieux, détournée de son esprit. « En attendant les cérémonies de remise officielle des arrêtés ou décisions signés par le ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales, aux chefs de villages et de quartiers des cantons d’Agoè-Nyivé, de Vakpossito, de Togblékopé et d’Aflao-Sagbado, les interessés peuvent commencer à exercer leur pouvoir d’arbitrage et de conciliation en matière coutumière et de représentation de leurs populations, dans le respect des dispositions de la loi N°2007-002 du 08 janvier 2007 relative à la chefferie traditionnelle et au statut des chefs traditionnels au Togo »,lit-on dans la note. A priori, rien de polémique. Sauf que sur la liste des chefs appelés à assumer leurs fonctions en attendant leurs arrêtés, figure le très contesté Togbui Elémawussi Koamivi Passah Aziamalé II. Pour la collectivité Akpabé, le préfet Mélébou a subrepticement glissé le nom de son homme qu’il tente par tous les voies et moyens de leur imposer sur la liste compromettant ainsi l’esprit de la lettre.

A en croire la famille Akpabé, la note originale du ministre de l’Administration territoriale de la Décentralisation et des Collectivités locales, Gilbert Bawara, a bien précisé que la décision ne concerne pas les cantons ou villages où il y a des conflits autour des désignations coutumières. Logiquement, une telle ordonnance ne devrait pas concerner Totsi-Kpatéfi-Cacaveli. Or, il s’est fait que voulant à tout prix imposer Togbui Elémawussi Koamivi Passah Aziamalé II, le préfet a cru bon d’ignorer la partie importante de la lettre. Ce que la collectivité Akpabé condamne vivement, et elle promet de marcher sur la préfecture si elle n’obtient pas satisfaction de sa revendication. « D’ici vendredi si on n’a pas de retour, on va marcher sur la préfecture », a laissé entendre un membre de la famille Akpbé. C’est donc la manoeuvre signée Koffi Mélébou qui risque d’embraser ce canton. Et pour comprendre la division intervenue dans la communauté et les agissements du sulfureux préfet, un petit tour dans le mode de succession de ce canton s’impose afin de déceler les imposteurs.

Un bout de papier au centre du déchirement

Selon un document retraçant l’histoire de la chefferie dudit canton, la succession revient à la collectivité Akpabé. Le document parvenu à notre Rédaction est signé des mains du chef du collège des notables Elo Fogan. On apprend que c’est en 1930 que le premier chef Edoh Akpabé a été intronisé selon les rites coutumiers. 5 ans après son intronisation, il effectua un voyage au Ghana et confia la régence à Koudi Allaglo avec qui ils sont du même aïeul Agbagbla. A son retour, il a repris ses fonctions de chef traditionnel jusqu’à sa mort. Après son décès, le mode de succession n’a pas changé de paternité jusqu’au trépas de Gbenyowou Kodjo Akpabé en 2009. C’est à la fin du règne de ce dernier que les descendants d’Allaglo vont revendiquer le trône. La revendication porte sur une vente de terre datée de l’époque coloniale et signée d’Allaglo lors de sa succession intérimaire.

Malgré la décision des notables qui ont désigné l’actuel vrai chef Togbui Kodjo Koudéaménou Akpabé II intronisé en août 2009 en remplacement du défunt Gbenyowou Kodjo Akpabé, le préfet Koffi Mélébou a imposé Elémawussi Koamivi Passah Aziamalé en 2014 à la surprise générale. La partie Akpabé a saisi le ministre Gilbert Bawara qui a suspendu l’arrêté de Passah Aziamalé au cours d’une réunion à laquelle a participé le préfet. Mais Koffi Mélébou a outrepassé les injonctions de son supérieur hiérarchique en ordonnant le 03 juin dernier par courrier N°002/2015/PG/SP, Passah Aziamalé à « commencer l’exercice du pouvoir de chef, en attendant la remise officielle de son arrêté ». Entre-temps, le préfet aurait menacé Togbui Sedjro Junior du canton d’Agoè-Nyivé d’avaliser son coup de force. Comme on le voit, Koffi Mélébou dont les scandales à la préfecture se ramassent à la pelle est prêt à enflammer tout un village au nom des intérêts personnels.

Anani GALLEY
L’ALTERNATIVE – N°432 du 16 Juin 2015

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