Élections locales au Togo: Une précipitation qui suscite des interrogations

Élections locales au Togo: Une précipitation qui suscite des interrogations

Par K. Monzonla, togo-online.net
Du 16 au 18 mai 2019 pour la révision des listes électorales et le 30 juin 2019 pour la tenue effective des élections locales au Togo dont on ignore les tenants et les aboutissants, ces dates aussi indicatives qu’elles soient, suscitent des interrogations, surtout avec la précipitation qui entoure son organisation. Aussi les populations ne comprennent pas encore les enjeux liés aux territoires et leurs implications dans le découpage pour faire un choix judicieux.

Cette précipitation s’observe alors qu’il y a quelques mois, le gouvernement n’accordait aucune importance à ces élections et disait même que les moyens ne permettaient pas son organisation. On évoquait l’inexistence des infrastructures qui vont servir de bureau aux élus locaux comme si les nommés travaillaient dans les coins de rue. Bref, il n’y avait aucune volonté d’organiser ces élections locales. Suite à la mascarade électorale du 20 décembre marquée par le boycott de l’opposition, le RPT/UNIR pensait passer inaperçu et aller seul à ces élections locales pour accaparer les communes créées sur des bases de tensions. Ce qui justifie la précipitation dans laquelle les choses se font, même si la décision de l’opposition d’y prendre part a freiné un peu la machine.

Plusieurs facteurs exposent la précipitation dont fait preuve le pouvoir avec à la clé, des étapes importantes brûlées.

Il fallait comme en Côte d’Ivoire, créer un organe autre que la CENI pour assurer l’organisation de ces élections locales. Il fallait des dispositions qui empêchent les politiques de participer à ces élections locales qui relèvent exclusivement des prérogatives communautaires… Hélas! C’est la très contesté CENI qui va s’en occuper avec toutes les réserves possibles qui ont d’ailleurs démarré avec les allégations de fraudes avancées par certains hommes politiques.

Dans cette précipitation suicidaire, le RPT/UNIR ne pense pas véritablement à l’organisation irréprochable des locales. Sinon, il allait penser à organiser un nouveau recensement et non une révision des listes électorales truffées de mineurs, d’étrangers, de morts…

Il fallait penser à la sensibilisation des populations, surtout celles rurales, sur l’importance du choix du lieu de recensement et du choix de la circonscription, celle des législatives devant être autre que celle des locales.

De tout ce qui précède, juste une petite partie d’un chantier normalement assez vaste, il faut noter que le gouvernement prend l’échafaudage pour atteindre un sommet, en ignorant la réalité des escaliers qui devraient servir de rempart lorsque l’échafaudage aurait des soucis. D’ailleurs avec l’échafaudage, en cas de soucis, la chute sera libre.

Malheureusement, habitué à faire les choses de façon abracadabrante, le RPT/UNIR fonce droit dans le mur comme quoi, la machine des élections locales problématiques est lancée et ne pourra plus faire marche arrière, théorie de Gilbert BAWARA, ministre du travail.

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