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Saturday, August 8, 2020

En attendant la démission de Klassou, la guerre médiatique autour du poste de premier ministre s’intensifie

Les unes des journaux

En attendant la démission de Klassou, la guerre médiatique autour du poste de premier ministre s’intensifie
Sélom Komi Klassou

Par Marcelle Apévi
Tous les regards sont rivés sur la primature qui attend depuis l’investiture de Faure Gnassingbé pour son quatrième mandat, un locataire. Occupé depuis le 10 juin 2015 par le militant du RPT/UNIR, Sélom Komi Klassou, la primature fait objet de convoitise et suscite une guerre médiatique. Comme à l’accoutumée, chaque réseau se donne à fond dans la campagne pour hisser au poste, son favori, son protégé, son serviteur, son pion, sa marionnette. Ainsi depuis quelques semaines, le sujet emballe la presse Togolaise, surtout celle proche du système qui en profite pour rafraîchir la liste des militants du RPT/UNIR qui affichent des attributs ayant très aux qualifications requises pour être un premier ministre digne qui va combler les attentes du président de la République et son système.

Qui pour jouer le rôle de premier ministre en remplacement de Sélom Komi Klassou, dans ce quatrième problématique mandat aux défis majeurs ? Le sujet est au cœur de la guerre médiatique que se livrent les différents réseaux qui se sont engagés dans ce jeu qui semble plaisant. Avec une très grande attention, les spéculateurs vident leurs encres pour inonder et enflammer la toile. Tous les coups sont donc permis pour parvenir à positionner le pion qui va sans nulle doute, défendre les couleurs et les intérêts du RPT/UNIR. Dis ainsi, cela peut sembler tout à fait névralgique surtout que d’aucuns pensent encore que le premier ministre est nommé pour servir l’Etat ou encore le peuple, s’il en existe dans l’agenda du régime en place. Mais il convient de brûler la politesse au mensonge pour dire ce qui est vrai et réel. Nul ne peut aujourd’hui dire avec exactitude, sans se tromper que les premiers ministres qui se sont jusque-là succédés au poste ont servi la cause du peuple. Ils ne se chargent prioritairement que de l’agenda établi par le RPT/UNIR pour conserver le pouvoir, s’en foutant des aspirations profondes des populations Togolaises qui aspirent à un profond changement, histoire de s’offrir un plein épanouissement. Ce n’est pas le sujet de cet article. Ainsi donc il nécessite une concentration sur cette guerre assaisonnée de tout sacrifice et maraboutage.

En effet, des noms, on en dépoussière, on en ressuscite, on en révèle. Tout tourne autour de personnalités bien ou peu connues mais disposant d’un curriculum vitae ronflant à l’accoutumée et épluchée au grand soin. Il n’est pas ici question d’en énumérer. Ce serait se prêter au jeu. Loin de cette idée qui rime aux campagnes de publicité, de liquidation, de vente aux enchères, bref d’un challenge sur une piste glissante où des budgets colossaux se chauffent et des peaux de bananes se glissent.

Si depuis le dimanche 03 mai 2020 que Faure Gnassingbé a prêté serment, la démission de Sélom Komi Klassou, l’actuel premier ministre est très attendue et désirée, à ce jour, elle n’est pas effective. L’on ignore les raisons qui expliquent ce maintien d’un serviteur dont le bilan milite en faveur d’un remplacement. Comme indiqué plus haut, on peut nuancer en disant que le bilan paraît médiocre pour le bas peuple mais pas forcément la même note pour celui qui le garde depuis le 10 juin 2015 donc 05 ans 23 jours. La preuve, les réformes taillées sur mesures longtemps désirées ont été opérées par césarienne courant le mandat de l’homme. En réalité, seul Faure Gnassingbé peut décider mais le silence de l’homme contribue à l’animation de ce marché qui suscite beaucoup d’attraction. Chacun apporte alors son produit, le lave, le poli et l’expose pour la vente. Le sortant ne restera pas les bras croisés. Il joue forcément ses cartes mais il semble ne pas faire l’unanimité. Nombreux sont ceux qui se battent pour le poste. Des ministres aux diplomates passant par des militants vivants à l’extérieur et aussi de supposés opposants et des opposants, le marché s’anime. Si des cartes se jouent en toute discrétion, d’autres combattent à visage découvert. Il suffit de lire des journaux pour en savoir quelque chose.

Ce qui saute aux yeux, c’est tout le travail esthétique qui se fait pour rendre son produit vendable. D’autres font dans la surenchère. C’est de bonne guerre. Des laboratoires sont mis en place pour tailler les CV, les étoffer non seulement de titres et diplômes, mais aussi y insérer des qualifications qui n’ont souvent jamais existé, du genre, diplômé de Konrad Adenauer par exemple.

La guerre ne s’anime pas que sur les médias et dans les colonnes des journaux. Les couvents et officines spirituelles sont aussi mis à contribution. Des sacrifices, on en multiplie, donnant au moins l’occasion aux commerçants de volailles, moutons et autres animaux de faire quelques chiffres. Les marabouts, pasteurs, prêtres et prêtresses ne sont pas du reste. Tous les ingrédients sont versés dans la sauce. L’essentiel est de gagner le pari en remportant la partie.

Qui alors pour remplacer Sélom Komi Klassou dont le refus de démissionner résonne comme une volonté manifeste de continuer le séjour à la primature ? Il ne s’agira pas de dire que l’homme fait feu de tout bois pour y rester mais étant donné que c’est une guerre de positionnement dans un jeu de chaises, qui va se négliger.

Ce ne sera pas illusoire de dire que le prochain premier ministre ne sera que le plus offrant dans cette bataille médiatico-spirituelle qui se livre. Il ne sera pas forcément un choix libre mais un choix forcé, le destin se dessinant depuis le couvent qui a encore la faveur des dieux. Et ce sera reparti pour un gouvernement où des crustacés se battront dans le panier pour des intérêts personnels et des intérêts de ceux qui ont œuvré pour le choix forcé. Et c’est ainsi que les bilans ne tiennent pas compte des missions remplies au profit des populations mais malheureusement des yeux doux faits aux réseaux.

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