Faure Gnassingbé, ses voyages et ces mêmes annonces…

Faure Gnassingbé, ses voyages et ces mêmes annonces…
Faure Gnassingbé accueilli à l'aéroport de Tokyo par Yoshifumi Okamura

Ce serait un exercice fastidieux de calculer le nombre de voyages de Faure Gnassingbé. Des voyages officiels aux officieux, on en produirait un documentaire ou des séries avec plusieurs saisons. Des saisons avec les mêmes et éternels effets très ennuyeux. Le voyage au Japon lors de la 7ème conférence internationale sur le développement de l’Afrique en est un de plus.

Depuis l’annonce de la participation à la TICAD de Faure Gnassingbé, la « média sphère » togolaise, plus précisément les journaux en ligne et quelques journaux papiers se sont mis en ébullition. Il y a eu beaucoup de tintamarres autour de ce voyage. C’était comme si le Prince de la République allait alunir, comme l’ont fait il y a 50 ans Neil Armstrong et les autres astronautes de l’expédition révolutionnaire. Tous ces journaux s’étaient mis au diapason, avec presque la même titraille et les mêmes contenus. La ritournelle a continué et duré lorsque Faure a atterri chez les « Yakusa ».

A la fin du séjour, ces médias ont repris leur dazibao en relayant la même chanson des précédents et incalculables voyages de Faure Gnassingbé. Des miettes ramenées au pays sont célébrées en grande pompe comme des exploits ! A y voir de près, c’est infantilisant. D’abord sur le plan de la rencontre. Quand un pays rencontre tout un continent aux mille et unes ressources naturelles et humaines, il y a de quoi à réfléchir sur ces sommets France-Afrique, Inde-Afrique, Chine-Afrique, et qui sait à l’avenir, on aura des sommets Saigon-Afrique, Kurdistan-Afrique, Karzhastan-Afrique, Yémen-Afrique.

En toile de fonds ces rencontres internationales dont des médias font leur chou gras, l’Afrique est maintenue dans la position d’éternelle dominée. Les dirigeants africains contribuent beaucoup à ces rencontres où ils se font tout petits devant des pays qui, en réalité, cherchent à piller davantage l’Afrique. Pour ironiser, ce sont des sommets entre pilleurs dominants et pilleurs-dominés. Et quand nos chefs d’Etats arrivent à engranger quelques miettes, une grande messe est célébrée en leur honneur dans les médias qui leur sont apparentés.

Nous sommes dans ce cas de figure au Togo bientôt 15 ans sous Faure Gnassingbé. Si on devait faire un bilan de ses nombreux voyages et ce qu’ils rapportent au pays, on devrait se résoudre à cette évidence, aucun pays n’aide un pays à se développer. Mais cette vérité n’est toujours pas comprise par nos dirigeants. Ou feignent-ils de l’ignorer en se cachant derrière cette duperie qui consiste à maintenir les masses populaires dans leur obscurantisme avec bien sûr des doses de propagande sur les médias.

A la 7ème TICAD, il est annoncé pour le Togo une installation d’une unité industrielle de transformation de la noix de cajou. Alléluia ! Faure veut arrimer l’agriculture togolaise sur l’industrialisation. Vivement. Mais pendant que cet effet d’annonce fait son chemin avec son bruit rébarbatif, un regard rétrospectif sur ce que les aides à l’agriculture togolaise sous les ministres Kossi Ewovor, Ouro-Koura Agadazi et bientôt sous Noel Koutera Bataka, l’actuel ministre en charge de l’Agriculture, pourraient générer au pays, paraît important.

Si elles étaient mieux gérées, on assistera sous la révolution verte bis sous le fils de l’ex-chef d’Etat Gnassingbé Eyadéma, à des industries modernes dédiées à l’agriculture. Ce ne sera pas chez les nippons qu’on nous annoncerait une telle promesse. L’aide Nipponne serait un bonus. Mais comme il faut toujours tendre la main, les oboles jetées dans la paume seront toujours célébrées avec des vacarmes assourdissants. Energie solaire et bien évidemment le Plan national de développement (PND) s’étaient invités au menu des rencontres. Et là encore, ce sont beaucoup de choses dans la gibecière qu’on exhibe.

Les grandes prouesses ne font pas trop de bruits. Elles laissent le soin au temps de s’en charger. En attendant la réalisation de toutes ces promesses, il convient de lorgner les dettes faramineuses contractées sur le dos du citoyen au nom des prétendues relations bilatérales, multilatérales, ou coopérations Nord-Sud, entre autres.

Source : L’Alternative – N°825 du 03 Septembre 2019

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