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Friday, October 23, 2020

Foly Satchivi: « Nous devons plus accepter être la risée de tous les autres peuples»

Les unes des journaux

Foly Satchivi: « Nous devons plus accepter être la risée de tous les autres peuples»
Foly Satchivi

Le jeune activiste Foly Satchivi lance un appel pressant à la jeunesse togolaise dans la lutte pour l’alternance. C’est à travers ces lignes: Lisez!

Chers compatriotes,
L’honneur m’échoit aujourd’hui de m’adresser à vous, non pas en tant qu’acteur politique, activiste, ancien syndicaliste ou défenseur des droits de l’homme mais simplement comme un frère, un congénère qui partage les mêmes réalités et désirs que vous.

Cet exercice, vous le savez, je n’ai pas l’habitude de le faire. Mais on dit souvent qu’à situation extraordinaire, mesures extraordinaires.

Ceci dit, Permettez-moi d’entrer dans le vif de mon message. Je commencerai par une question toute simple.
Êtes-vous satisfaits de votre condition actuelle ?

Je pense que NON. Aucun d’entre vous ne peut aujourd’hui affirmer sans se tromper et tromper les autres qu’il est satisfait de sa condition.

C’est d’ailleurs ce que nos parents, hier, et nous, aujourd’hui, tentons de faire comprendre, depuis trente (30) ans, à cette secte et à ses gourous à travers les manifestations populaires et votes sanctions en faveur des candidats de l’opposition.

Notre soif de Changement est incontestable, notre volonté de l’arracher encore plus grande.
Malheureusement, des situations regrettables ont poussé certains d’entre vous au découragement et à la résignation.
Cependant, j’aimerais vous dire une chose: C’EST ENCORE POSSIBLE.

Vous savez, j’ai moi aussi été déçu, ces dernières années, par l’attitude des leaders politiques à qui nous avons confié la gestion de la lutte. Quand j’étais encore prisonnier personnel de Faure Gnassingbé, il ne se passait un seul jour sans que je ne fulmine contre la défunte C14 sur la manière dont elle gérait les choses.

Mais au nom de la soif de changement qui m’anime, depuis mon plus jeune âge et qui guide chacune de mes actions, j’ai refusé d’abdiquer.

L’attitude des leaders politiques d’opposition ne saurait conditionner notre rêve de vivre dans un Togo libre, démocratique et soucieux du bien-être de ses enfants.

Comme moi, je vous demande de vous relever afin qu’ensemble, dans une ultime campagne, nous rendons concret le changement que nous désirons tant.

Chers congénères,
Le danger qui plane sur nous est grand. La secte qui nous régente s’emploie, depuis les élections législatives de 2018 qui a vu arriver à l’Assemblée nationale des opportunistes et margouillats, à nous retirer le peu de libertés et de droits qui nous restent.

Manifester est donc devenu un crime de lèse-majesté. Critiquer cette secte et son gourou l’est encore plus.

Dans ce pays, les gens ont faim. Ils sont martyrisés, opprimés et exploités mais n’ont pas le droit de s’exprimer. Indiens, libanais et étrangers sont préférés aux nationaux.

Après soixante (60) ans d’indépendance, la plupart des villages et quartiers du Togo sont toujours dans le noir, sans eau, sans route, sans écoles, hôpitaux et marchés appropriés. Les jeunes sont sans emplois.

La misère, les injustices et les privations sont devenus nos plus fidèles amies. Le souci du lendemain, notre préoccupation commune.

Les travailleurs sont exploités et mal payés. Les cas les plus frais sont ceux des travailleurs de SOFANAT et de DODO Cosmétics.
Beaucoup d’entre nous ont vu leur rêve tomber à l’eau simplement à cause du manque d’accompagnement du gouvernement ou de la politique de mendèfrèrisme instaurée dans l’administration et au plus haut sommet de l’État.

Au Togo, en effet, pour être quelqu’un, il faut avoir quelqu’un. Quand tes bras ne sont pas assez long, tu ne peux réaliser tes ambitions.
Quand un litige t’oppose à un soldat ou à quelqu’un qui connait quelqu’un ou est lui-même quelqu’un, tu es foutu. Ce qui se passe dans les commissariats, gendarmeries et tribunaux est terrible.

Nous rêvons tous d’acheter notre terrain, de construire notre propre maison, de rouler dans notre caisse, d’essuyer les larmes de nos parents, de faire en sorte que nos enfants ne vivent pas la même chose que nous, de voyager aussi un jour en classe affaire mais à force d’y penser on s’aperçoit que les conditions actuelles ne nous permettent pas de réaliser ses désirs.

La situation au pays pousse aujourd’hui la plupart d’entre vous à vouloir partir. Je me rappelle encore, comme si c’était hier, des attroupements monstrueux et des fils interminables aux abords du service des passeports ; juste pour pouvoir jouer à la loterie visa que vous n’êtes même pas sûr de gagner.

Certains ont pu, après moult sacrifices, franchir les portes de l’Europe, de l’Amérique, de l’Océanie et de l’Asie, dans l’optique d’échapper aux persecutions et aux réalités de la vie ou pour poursuivre des études de médecine, de droit, etc… qu’ils auraient pu faire ici si tout allait bien.

Vous vous sentez peut-être mieux là qu’ici. Mais rappelez-vous que si les dirigeants de ces pays avaient été aussi nuls, incapables et machiavéliques que cette secte qui gouverne le Togo, vous n’accepterez jamais d’atterrir dans les aéroports de ces pays.
Pour preuve, aucun Américain ou Allemand n’acceptera d’envoyer son enfant étudier au Togo encore moins venir y chercher une meilleure vie.

Notre pays regorge pourtant de potentialités et d’atouts dont ne disposent pas nombre de ces pays. Et pourtant, il fait mieux vivre là qu’ici.
Pourquoi en est-il ainsi ? La raison est simple :

ceux qui nous gouvernent, malgré leurs défaites aux différentes élections présidentielles organisées dans ce pays, sont non seulement nuls mais ne poursuivent que leurs propres intérêts.
Mais jusqu’à quand allons-nous continuer dans ce sens ?
Jusqu’à quand allons-nous continuer par subir sans réagir ? Jusqu’à quand allons-nous encore laisser cette secte et son gourou nous traiter comme des esclaves ?

Si nous ne sortons pas de cette léthargie, c’est encore 5 ans de souffrances garanties, c’est encore 5 ans d’injustice, de privations, d’oppression, d’inpunité, de repressions, de bavures policières, de pleurs, de douleurs, de lamentations et de misère. Nous ne devons plus accepter d’être la risée de tous les autres peuples.

Il est temps ! Oui il est temps que nous prenons notre destin en main. Il est temps que nous changeons le cours des choses. Il est temps que nous sifflons la fin de la pagaille. Et c’est à nous, jeunes de moins de 45 ans et à vous chers frères et sœurs de la diaspora que revient la charge de conduire notre pays au carrefour de la liberté et du Changement.
Nous pouvons le faire. Nous en avons les moyens.

Chers congénères,
Chers frères et soeurs de la diaspora,
Vous et moi avons l’impérieux devoir d’être solidaires, en mutualisant nos forces dans une alliance sacrée pour contrer et éradiquer l’action destructrice et mortifère de cette SECTE afin de reconstruire et redresser notre maison commune qu’est le Togo.

Taisons nos différends, transcendons l’esprit de division créé par cette SECTE et serrons nos rangs pour sauver notre pays et le faire renaître.
L’intérêt supérieur de la nation doit prévaloir sur nos intérêts personnels et les intérêts de toute autre nature.

J’aimerais, par ailleurs, vous informer que le grand frère Agbéyomé KODJO m’a sollicité, depuis le lieu où il se trouve en ce moment, pour apporter ma petite pierre à la manifestation de la vérité des urnes. J’ai accepté lui prêter main forte.

C’est donc autour des revendications de la vérité des urnes et de ce que vous savez déjà que je vous demanderai de vous battre dans les prochains jours.

Qu’en priorité, nos frères et sœurs de la diaspora se préparent. Parce que c’est d’eux que viendront les premiers signes d’espoirs.

Je vous souhaite, pour finir, force, courage et santé pour accomplir d’ici le 13 janvier l’œuvre patriotique à laquelle le devoir nous convie !
Vive le Togo libre !
Je vous remercie

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