26 C
Lomé
Friday, September 25, 2020

HAPLUCIA, le bébé mort-né qui s’agite

Les unes des journaux

HAPLUCIA, le bébé mort-né qui s’agite
Essohana WIYAO, Président de HAPLUCIA

Le combat contre la corruption, le blanchiment d’argent et les crimes assimilés est encore en panne. La HAPLUCIA crée par la loi n°2015-006 du 28 juillet 2015 se révèle malheureusement une institution de plus, face à la montée vertigineuse de ce cancer qui rune dangereusement l’économie du pays. Si les perceptions des populations étaient hier balayées de revers de mains, depuis quelques jours, Essohana WIYAO qui préside l’institution confirme, à travers des déclarations regrettables, le statut d’épave de la HAPLUCIA, justifiant ainsi le pourquoi depuis 2017, aucun corrupteur n’a été interpellé malgré les dénonciations qui continuent d’ailleurs de faire, la presse.

Ce n’est un secret pour personne qu’au Togo, la corruption et l’impunité sont érigées en règle de gouvernance, empêchant tout développement de l’économie. Véritable obstacle à la bonne gouvernance et au développement harmonieux des pays, la corruption est un fléau redoutable qu’il faut prévenir et réprimer. Conscient de ses conséquences sur les économies en général et sur celles des pays en développement en particulier, le Togo a ratifié les instruments internationaux sur la lutte contre la corruption. Il s’agit de la Convention des Nations Unies contre la corruption, la convention de l’Union Africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption et le Protocole de la CEDEAO sur la lutte contre la corruption. Et pour matérialiser cette tromperie de bonne volonté, Faure Gnassingbé et son gouvernement ont trouvé utile de créer la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA). Cette institution au moment même où, en plus du constat du président de la République lui-même de l’existence d’une minorité d’ailleurs dangereuse qui accapare les ressources du pays, et de la surfacturation au sein de son gouvernement, il y avait des dossiers brulants sur le tapis notamment le détournement de 26 milliards de francs devant servir à la construction de la route Lomé-Anfoin-Vogan, l’affaire des 600 millions de francs cfa destinés à la gestion de la participation des Eperviers du Togo à la Coupe d’Afrique des Nations Afrique du Sud 2013, l’affaire des moustiquaires imprégnés dont les fonds ont été purement détournés… Pour ne citer que ces affaires qui constituent le côté visible de l’iceberg.

Alors que l’on s’attendait à ce que Essohana WIYAO et sa bande traquent ces fossoyeurs qui portent déjà des noms et des visages, la HAPLUCIA ne fait que divaguer depuis sa création en 2015. Son fonctionnement vide de toute substance, le mandat à elle donné d’investiguer et de rassembler les preuves sur des affaires de détournement, corruption et autres… L’on se rappelle les bons textes élaborés et adoptés avec beaucoup de tintamarre pour faire croire à l’opinion que Faure Gnassingbé venait de sonner la fin de la récréation. Rien qu’un folklore très séduisant. Ensuite, on comptera les sensibilisations et descentes disaient-on de la HAPLUCIA sur le terrain pour intimider les pauvres populations qui ne se connaissent pas en stratégies de corruption, laissant les gros poissons bien connus sous haute protection, des verres de champagne en mains au gouvernement et dans les plus hautes sphères de l’administration publique. On dirait plutôt que la vraie mission confiée à la HAPLUCIA est l’organisation de séminaires et autres activités sans grand intérêt.

«HAPLUCIA créée pour ces fins ne voit pas plus loin que la couleur des locaux qui l’abrite! Voilà pourquoi elle peine à s’auto saisir après une alerte ou un début de commencent de preuve. Les procédures d’attribution des marchés publics viciées ; les travaux d’infrastructures ne sont jamais achevés dans les délais consentis ; les marchés livrés ne servent plus à leurs fins après quelques années d’exploitation pour cause de défaillance technique liée à l’incompétence partielle ou totale de l’attributaire du marché ; les entreprises publiques ne sont auditées à temps ou presque jamais. C’est pourquoi il est tout à fait normal pour nous autres qu’un directeur/administrateur d’une entreprise publique crée une société ou intervient soit directement ou indirectement dans la gestion de la nouvelle entité qui offre ses conseils à la première. Et pour solutionner une gestion calamiteuse d’une entreprise publique le seul moyen c’est de créer une autre entité ou la faire absorber par une autre entité. Changer les dirigeants à la tête de ces entités sans aucune initiative de poursuite contre les anciens à une fin dissuasive des successeurs et donner par là une raison au peuple de maintenir leur confiance accordée par le biais des urnes». C’est en ces termes qu’un internaute s’est expliqué cette situation qui fait l’affaire des kleptomanes qui font la loi dans le pays dont certains surnommé affectueusement « Messieurs 10% ».

Même dans le cadre de la riposte contre la propagation de la pandémie au Coronavirus (COVID-19), des fonds disparaissent. C’est le cas peu avant la réouverture des établissements scolaires, de la disparition des 5 millions destinés à la mise à disposition de masques. De défectueux respirateurs ont été achetés dans un circuit de copinage et n’ont servi à rien, à part la campagne médiatique qui a été faite en guise de propagande. Les journaux ont beau relevé avec des débuts de preuve, ces tristes scènes d’infractions assimilées à la corruption et au blanchiment d’argent. Hélas ! La HAPLUCIA n’a pas trouvé d’intérêt à s’auto saisir pour mettre hors d’état de nuire ces voyous en costards qui malmènent l’économie du Togo.

La HAPLUCIA en est là, assistant stérile à la promotion des auteurs de malversations financières qui sont « nommés » maires et qui foutent du bordel au nom du Coronavirus. Ceux qui avaient mis leur espoir dans ce machin qui se révèle une supercherie de plus, doivent bien se mordre les doigts. Tellement les propos du président de la HAPLUCIA confirment le statut d’épave de l’institution que nulle n’a plus besoin d’en rajouter. On peut juste comprendre qu’il a été question de créer un truc pour récompenser les amis et justifier les faramineuses sommes dépensées pour entretenir les copains, copines, coquins et coquines.

Quel organe encore s’apprête-t-on à créer pour alimenter la gabegie organisée pour assassiner l’économie Togolaise ? La question demeure.

Source: Actu Express

- Advertisement -

Sur le même sujet

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

Les derniers articles

Togo: Qui a peur d’une nouvelle conférence nationale?

Ces derniers temps, certains Togolais de la diaspora, partisans de la Dynamique Mgr. KPODZRO (DMK), se sont répandus sur les réseaux sociaux...

Braquage à Hedjranawoe ce vendredi

Malgré la traque aux braqueurs, ceux-ci continuent de s’illustrer négativement à Lomé et ses environs. Un braquage a eu lieu ce vendredi...

COVID-19: 1297 patients ont recouvré leur guérison

Hier, 7 patients ont encore recouvré leur guérison. Ce qui porte à 1297 le nombre total de patients guéris de Covid-19 au...

Le « président des Indiens » retourne en prison

Raoul le Blanc, le « président des Indiens », comme il aime se faire appeler va retourner en prison. L’influenceur a fait...

Me Célestin Agbogan est libre

Le président de la Ligue Togolaise des Droits de l’homme (LTDH), Me Célestin Agbogan vient de recouvrer sa liberté, a t-on appris. Placé...

Premier conseil des ministres depuis la nouvelle prestation de serment de Faure Gnassingbé

Hier, le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé a présidé son premier conseil des ministres depuis sa nouvelle prestation de serment à l’issue...

Conférence de presse de la Dynamique Monseigneur Kpodzro du 22 Septembre 2020

Fulbert Attisso:"nous demandons l'annulation du mandat d'arrêt contre Agbeyomé Kodjo" Brigitte Adjamagbo -Johnson:"le Togo ne devrait pas être un cas spécifique en Afrique" Gérald Adja...

Me Célestin Agbogan placé en garde à vue au commissariat de Tsevié

Me Celestin Agbogan, président de la Ligue Togolaise des Droits de l’homme (LTDH), est placé en garde à vue hier au poste...
- Advertisement -
error: Content is protected !!