mercredi, novembre 30, 2022

La vie de Momo Kankua, artiste slameur proche de Fovi Katakou toujours menacée

La vie de Momo Kankua, artiste slameur proche de Fovi Katakou toujours menacée
Momo Kankua et Fovi Katakou

L’arrestation de Fovi Katakou le 11 décembre 2021 et son dépôt à la prison civile de Lomé le 13 décembre de la même année est en réalité une mauvaise moisson pour le régime RPT/UNIR. Sachant bien que l’état de handicap sévère de Fovi Katakou et la réduction de sa mobilité lui impose le soutien de jeunes engagés comme lui, qui l’aident à se déplacer et à mener les activités de sensibilisation et de mobilisation notamment, l’objectif forcément est de le prendre avec l’ensemble de son groupe pour non seulement disloquer le groupe, mais aussi et surtout anéantir l’élan de celui-ci dans son rôle de conscientisation des populations.

Selon nos informations, plusieurs autres jeunes dans l’environnement immédiat de Fovi Katakou sont dans le viseur à l’instar de l’artiste slameur Momo Kankua qui a dû prendre la poudre d’escampette pour se sauver des griffes du système. Quoi de plus normal, quand on sait le sort qui a été réservé à Fovi Katakou, une personne frappée d’invalidité et à mobilité réduite, qu’en sera-t-il pour ces jeunes valides qui constituent le maillon essentiel dans le travail de terrain que Fovi Katakou qualifié de terroriste par un officier, fait au quotidien ?

La veille de l’arrestation de Fovi Katakou, les rumeurs couraient déjà sur un probable vague d’arrestation. Un climat de tristesse était lisible dans le pays. C’était le jour où feu Yaovi Agboyibor fut conduit en sa dernière demeure à Kouvé, son village natal. Ce même jour, le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) s’était rendu à Togblékopé pour rendre hommage à Idrissou Moufidou et Ino Nawa Tchakondo tous les deux tués par balles le 08 décembre 2018, le premier s’apprêtant à prier Allah, le second ayant été témoin de l’assassinat du premier. Il y avait aussi l’arrestation et l’emprisonnement de deux journalistes, Ferdinand Ayité et Joël Egah qui renforçaient la lourdeur de l’atmosphère. Tout le monde était inquiet, à plus forte raison, les activistes pro-démocratie que sont Fovi Katakou, Edouh Kossi, Ayenah Aimé, Momo Kankua et d’autres encore.

Il fallait faire quelque chose, se disait Fovi Katakou. Ainsi publiera-t-il le texte à l’origine de son arrestation.

A l’appel pour savoir si c’est seulement Fovi Katakou qui a été arrêté, Momo Kankua manquera. Où se trouve-t-il ? L’on s’interroge. Un tour à son domicile, rien à signaler. On apprendra plus tard que la vie de l’artiste était menacée, ne lui laissant autre choix que de prendre la poudre d’escampette pour se mettre à l’abri de l’enfer qu’est la prison civile de Lomé et d’où Joël Egah est sorti le 31 décembre 2021, jouissant d’une libération provisoire, avant de tirer sa révérence le 06 mars 2022, soit deux mois plus tard.

L’apparition de Momo Kankua dans le clip « Limitons les mandats » sorti le 1er novembre dernier, œuvre du Collectif des Artistes Panafricains (CAP) relance les débats sur la menace qui pèse sur ce dernier.

Déjà en novembre 2017, quelques mois seulement après le soulèvement populaire manœuvré par Salifou Tikpi Atchadam et sa formation politique, Parti National Panafricain (PNP), Momo Kankua brave le danger et slame la révolte des jeunes contre le pouvoir des Gnassingbé. Dans cette œuvre musicale intitulée « un Slam et des larmes » sortie en novembre 2017 et qui souffle cinq bougies en ce mois de novembre 2022, Momo Kankua dénonce les arrestations arbitraires, le mauvais état des écoles et des hôpitaux, la torture dans les prisons… Des faits récurrents dans le pays, contraignant les jeunes à fuir leurs familles et amis pour se mettre en situation difficile sous d’autres cieux.

Se rendre au Togo pour visiter la famille se révèle comme un risque énorme qui peut couter la prison ou la vie, comme c’est le cas de Jean Paul Omolou, Goma Aziz et plein d’autres citoyens qui sont constamment dans le collimateur du régime.

L’on peut se souvenir de Félix NAHM-TOUGLI, ex-journaliste de la défunte radio Légende FM fermée par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC). Suite à une interview à lui accordée par l’ex commandant de la Gendarmerie, Commandant Olivier Amah, interview dans laquelle le Commandant avait appelé les militaires à prendre leurs responsabilités, Félix NAHM-TOUGLI avait été convoqué tout comme le Directeur de la Radio, Flavien Johnson à comparaitre devant le juge d’instruction du 2ème cabinet le 18 décembre 2013 à 9 heures.

L’information de la disparition de Félix NAHM-TOUGLI avait été donnée par téléphone sur les ondes d’une radio privée de la capitale par son avocat, Me Jil Benoit Afangbedji. Information que toute affolée, la maman de Félix NAHM-TOUGLI, a confirmé.

Il faut préciser que l’interview en question a valu l’arrestation puis l’emprisonnement du Commandant Olivier Amah.

C’est donc dire que la liberté d’expression est en péril au Togo, contrairement à tout ce qu’on peut lire dans des rapports en total déphasage avec la réalité du terrain.

Marcelle Apévi

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