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Monday, January 17, 2022

Meeting de soutien à Abdoulaye Yaya: Le front citoyen « Togo Debout » ne baisse pas les bras

Les unes des journaux

Meeting de soutien à Abdoulaye Yaya: Le front citoyen « Togo Debout » ne baisse pas les bras
Front citoyen Togo Debout

Les interdictions répétées du préfet du Golfe, Kossi Dzinyefa Atabuh ne découragent pas le front citoyen « Togo Debout ». Les responsables dudit mouvement viennent encore de fixer une nouvelle date (11 décembre 2021) pour la tenue de leur meeting visant à soutenir le président de la Cour Suprême, Abdoulaye Yaya, pour un système justice revalorisé. A cet effet, un nouveau courrier a été envoyé au préfet.
Lire le courrier:

Lomé le 24 novembre 2021

A Monsieur Le Préfet du Golfe

Lomé – TOGO

Objet : Meeting de sensibilisation et de soutien au Président de la Cour Suprême pour un système de justice revalorisé et réponse à vos courriers des 10 et 17 novembre 2021.

Monsieur le Préfet,

J’accuse réception de vos deux correspondances en date des 10 et 17 novembre 2021. La première disait en substance : « nous vous aviserons de notre réponse 72 heures avant la date prévue pour le meeting conformément à la Loi. La réponse tiendra compte de l’évolution de la pandémie sur l’ensemble du territoire ».

Monsieur le Préfet, le FCTD tient à vous remercier pour cette volonté d’ouverture et cette attitude cohérente et logique qui tient compte du niveau de propagation du virus. Compte tenu de cette volonté d’ouverture affichée, le FCTD a suivi avec beaucoup d’attention l’évolution de la pandémie et a recueilli les informations suivantes dans les jours précédents le meeting :

– le nombre de guérisons était en augmentation constante et seuls deux malades étaient encore soignés au CHR Lomé Commune. Le jour prévu pour le meeting, un des deux malades devait être libéré ramenant le nombre d’hospitalisé à un ;

– le niveau de contamination était au plus bas et les chiffres officiels l’attestent. Je suis convaincu que vous avez ces chiffres mais permettez que je puisse les rappeler : 7 personnes testées positives sur l’ensemble du territoire national le 16 novembre, 4 personnes le 17 novembre, 7 personnes le 18 novembre, 14 personnes le 19 novembre et 6 personnes le 20 novembre, avec une moyenne de 7 cas sur la semaine ;

– depuis le 2 novembre 2021, le nombre de décès par COVID 19 n’a pas connu d’évolution.

Compte tenu de tous ces paramètres qui illustrent une nette amélioration « de la pandémie sur l’ensemble du territoire », nous nous attendions logiquement à ce que vous instruisiez vos services concernés afin de faciliter le bon déroulement du meeting. Votre courrier du 17 novembre nous a d’autant plus surpris qu’il ne fait plus mention de « l’évolution de la pandémie sur l’ensemble du territoire » (au passage je rappelle de nouveau que la situation sanitaire s’était nettement améliorée) mais le courrier se focalise plutôt sur la situation d’état d’urgence sanitaire et les mesures décrétées par le gouvernement ; il évoque la question du pass vaccinal, celle du test PCR datant de moins de 72 heures et l’apparition de nouvelles flambées dans certains pays ainsi que la nécessité de préservation de la santé de nos vaillantes populations.

Monsieur le Préfet, permettez-moi de rappeler que le pass vaccinal et le test PCR datant de moins de 72 heures ne sont pas la panacée. Ils font partie d’un ensemble de mesures édictées et mises en œuvre pour lutter contre la pandémie. Et le bon sens a voulu que ces deux dispositions ne soient pas appliquées dans certains lieux de grands rassemblements comme les marchés ou même les hôpitaux pourtant lieux de transmission de maladies par excellence. Les marchés et les hôpitaux sont restés ouverts d’accès sans pass vaccinal et sans présentation de test datant de moins de 72 heures mais pourtant cela n’a guère engendré une augmentation des cas de COVID 19 sur l’ensemble du territoire.

Monsieur le Préfet, l’apparition de nouvelles flambées dans certains pays est une donnée réelle. Mais heureusement cela n’a pas constitué un motif pour ces gouvernements d’empêcher leurs populations de se rassembler pacifiquement ou de manifester pacifiquement. Cela explique qu’à travers l’Afrique et le monde les populations continuent de vaquer à leurs occupations et de manifester en toute sérénité dans le respect des mesures barrières : Ghana, Côte d’Ivoire, Sénégal, Burkina Faso, France, USA, Allemagne et j’en passe, autant de pays où en dépit de la situation sanitaire parfois sans commune mesure avec ce qui se passe dans notre pays, les populations ont la possibilité d’exercer leur droit à la liberté de manifestation pacifique. Dans notre pays où la pandémie a eu beaucoup moins d’impact on a le sentiment que l’autorité publique s’oppose pourtant à l’exercice du droit à la liberté de réunion pacifique garanti par l’article 30 de la Loi Fondamentale.

Monsieur le Préfet, pour compléter la liste des pays qui ont autorisé des événements publics sans restriction, citons l’Afrique du Sud qui a organisé à Durban du 15 au 21 novembre 2021 une Foire commerciale internationale qui a réuni plus de 1000 participants dont une délégation officielle venue du Togo. Comment comprendre cette situation ? Le Togo qui se félicite de participer à une manifestation d’une telle envergure en Afrique du Sud, un des pays les plus touchés du continent, alors qu’il interdit à ses populations un événement de moindre envergure qui pourtant touche à un sujet d’importance nationale : car vous conviendrez avec moi que lorsque le Président de la Cour Suprême en personne dénonce des faits de justice cela n’est pas anodin car mettant en péril la cohésion nationale.

Monsieur le Préfet, sur le fond, votre opposition semble s’appuyer principalement sur l’état d’urgence sanitaire qui court jusqu’en septembre 2022. Je rappelle que l’état d’urgence sanitaire est une disposition juridique exceptionnelle. Il se justifie pleinement lorsque les conditions sanitaires sont particulièrement tendues comme ce que nous avons connu dans notre pays entre les mois de juillet, août et septembre 2021 où nous avions quotidiennement plus de 200 cas confirmés de COVID-19. Mais du moment où nous sommes retombés à des niveaux très bas en termes de contaminations, vouloir systématiquement opposer l’état d’urgence sanitaire à une activité garantie par la Constitution interroge sur les réelles finalités. Devons-nous penser qu’au Togo la pandémie de la COVID 19 est devenue le prétexte pour empêcher toute manifestation pacifique et ce jusqu’au mois de septembre 2022 au moins ?

La Loi Fondamentale garantit en son article 30 « l’exercice des libertés d’association, de réunion, de manifestation publique pacifique ». Et en tant que tel, notre meeting s’inscrit parfaitement dans l’esprit de la Loi Fondamentale car il vise à demander l’avènement d’une justice suffisamment équitable pour être le vecteur d’une cohésion nationale et d’un vivre ensemble harmonieux. J’espère que vous convenez avec moi, Monsieur le Préfet, que la Loi Fondamentale demeure fondamentalement au-dessus de toutes les autres dispositions administratives.

Monsieur le Préfet, vous rappelez à juste titre que nous avons dit être conscients de la menace que constitue la pandémie de la COVID 19 et pour cette raison et en toute responsabilité, nous réitérons ici notre engagement lors du meeting qui se tient en extérieur à :

– Communiquer pour le port systématique de masques

– Mettre à disposition des dispositifs de lavage de mains

– Installer 200 chaises avec respect d’une distance d’au moins 1,5 m entre les chaises.

Monsieur le Préfet, j’ose croire que votre prochaine réponse « tiendra compte effectivement de l’évolution de la pandémie sur l’ensemble du territoire ». Comptant sur votre bonne foi, nous vous saurions gré de bien vouloir instruire vos services concernés afin de faciliter le bon déroulement du meeting que nous reportons sur le samedi 11 décembre 2021 à partir de 14H à Bè Kodjindji.

Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de notre considération distinguée.

Pour Le Front Citoyen Togo Debout

Professeur David Ekoué DOSSEH

Ampliations

Cour constitutionnelle

Assemblée Nationale

Chancelleries

Amnesty International

Médiateur de la République

CNDH

LTDH

CEDEAO

UE

PNUD

Système NU

 

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