MESSAGE A LA NATION DU PRESIDENT JEAN-PIERRE FABRE, à l’occasion de la fête nationale du 27 avril 2019

MESSAGE A LA NATION DU PRESIDENT JEAN-PIERRE FABRE, à l’occasion de la fête nationale du 27 avril 2019
JEAN-PIERRE FABRE

Togolaises, Togolais,

Mes Chers Compatriotes,

C’est le 27 avril 1960 que naît la nation togolaise, avec la proclamation solennelle de l’indépendance de notre pays le Togo, par le Président Sylvanus Olympio. Cette réalité historique, gravée à jamais dans les mémoires, se lit de génération en génération, sur le fronton du monument de l’indépendance, inauguré par le Président Sylvanus Olympio, père incontestable de la nation togolaise, libre, indépendante et souveraine.

Aucun mensonge, aucun montage, aucune falsification, aucune manipulation ne peut gommer cette réalité qui s’impose à toutes les filles et à tous les fils de notre pays et qui scelle l’entrée du Togo dans le concert des nations.

Aujourd’hui, alors que les forces vives de notre nation poursuivent avec détermination une lutte acharnée contre l’imposture, la forfaiture et l’oppression, nous disons avec force :

Peuple togolais,

C’est encore par ta foi, ton courage et tes sacrifices,

Que le Togo sera libéré de l’asservissement, de la terreur et de la misère !

C’est dire que ce 59ème anniversaire de la commémoration de l’indépendance de notre pays nous invite, non seulement à rendre hommage aux artisans, aux compagnons et à tous les martyrs de la lutte héroïque de libération nationale, mais aussi à méditer sur leur parcours et à nous abreuver à la source de leur foi inébranlable, de leur courage exemplaire et de leurs sacrifices nobles et généreux.

En effet, il y a plus d’un demi-siècle que le Togo notre pays vit une crise politique grave et profonde, marquée par le règne de l’injustice, de l’arbitraire et du tribalisme. Une dictature implacable s’est installée aux commandes de l’Etat et se maintient par la corruption, la fraude électorale, le pillage systématique des ressources nationales, les violations des droits de l’homme, les massacres de populations et des exactions de toutes sortes.

Bref, un régime de terreur qui a fait des milliers de morts, des dizaines de milliers de blessés et de mutilés, des centaines de milliers de réfugiés et de personnes déplacées ou contraintes à l’exil et à la clandestinité.

Au moment où je vous parle, ces exactions se poursuivent avec la violence policière, la répression des manifestations publiques pacifiques par des forces militaires déployées à cet effet, les arrestations arbitraires, les passages à tabac, etc.

Il est inacceptable que le régime RPT/UNIR continue de s’illustrer dans les violations des droits et libertés des citoyens, notamment par les entraves au libre exercice des activités des partis politiques de l’opposition, au mépris des dispositions de la Constitution et des lois en vigueur.

Nous saluons une fois encore la mémoire de celles et ceux qui ont donné leur vie pour que le Togo retrouve sa dignité. Nous exprimons notre compassion et notre solidarité à tous nos compatriotes blessés dans leur chair, meurtris dans leur âme, injustement arrêtés, détenus, contraints à l’exil ou à la clandestinité. La nation togolaise, demain, leur sera reconnaissante.

Nous exigeons la libération immédiate de tous les prisonniers politiques actuellement détenues, en particulier dans le cadre de la répression des manifestations publiques. C’est le lieu de rappeler qu’au Togo les manifestations publiques pacifiques relèvent d’un régime de déclaration et non d’autorisation.

Mes Chers Compatriotes,

Nous avons tous suivi, avec une attention vigilante, les péripéties du dernier dialogue politique organisé sous l’égide de la CEDEAO, entre le pouvoir RPT/UNIR et l’opposition togolaise regroupée au sein de la C14.

Comme vous le savez, ce dialogue a abouti à des élections non inclusives, une parodie d’élections, alors que, massivement mobilisées sur l’ensemble du territoire national comme à l’étranger, dans la diaspora, les populations togolaises exigeaient la mise en œuvre des réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales, prescrites par l’APG et reprises pertinemment par la feuille de route de la CEDEAO.

Comme vous le savez également, notre parti, l’ANC, a dû se retirer de la C14, en raison de divergences grandissantes et persistantes entre notre vision de la lutte de libération que mène le peuple togolais et les options inexplicables maintes fois retenues à notre corps défendant.

En clair, les stratégies de la C14 s’embrouillaient de plus en plus tandis que les motivations glissaient inexorablement vers des questions d’élection et d’alliance électorale. Ce qui, manifestement, ne nous paraissait plus en adéquation avec la mobilisation des populations autour d’une action unitaire en vue d’obtenir la mise en œuvre des réformes politiques et électorales que le peuple togolais appelle de tous ses vœux.

Nous maintenons donc le cap de la mobilisation populaire pour poursuivre la résistance en dehors de la C14 mais aux côtés des populations togolaises et de tous les combattants de la liberté œuvrant avec détermination aussi bien au Togo qu’à l’étranger, dans la diaspora.

Voilà pourquoi, nous appelons les forces vives de la nation togolaise à la vigilance et à la résistance, afin de capitaliser les efforts de lutte de plusieurs décennies, dans une nouvelle dynamique de mobilisation populaire massive, étendue et soutenue, pour l’alternance et le changement, la liberté et la justice, la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance dans notre cher pays le Togo.

L’ANC demeure ouverte à toutes les forces démocratiques qui partagent cette vision et cette approche, et qui s’engagent à œuvrer avec cohérence et rigueur, avec persévérance et sérieux, en ayant constamment à l’esprit les aspirations profondes du peuple togolais.

C’est le lieu de rendre à nouveau un vibrant hommage aux populations togolaises du territoire comme de la diaspora, pour leur dévouement, leur courage et leur détermination à mettre fin au régime de dictature qui régente notre pays.

Togolaises, Togolais,

Des consultations électorales s’annoncent encore au rang desquelles des élections locales que le régime RPT/UNIR s’est toujours refusé d’organiser, malgré tous les engagements pris par le gouvernement, notamment celui d’organiser ces locales en 2004. Il y a de cela 15 ans !

Pour l’heure, l’ANC demeure préoccupée par la conduite unilatérale et opaque de la préparation de ces élections.

Dans l’intérêt de la paix et de la cohésion nationale, l’ANC appelle le gouvernement à réaliser prioritairement et avant toute élection, les réformes politiques et électorales, telles que prescrites par l’APG, telles que recommandées par la feuille de route et par le projet de l’Expert de la CEDEAO, de manière à garantir la transparence, la crédibilité et l’équité des scrutins.

Mes Chers compatriotes,

Quelle que soit la manière dont vous décidez de commémorer cette date symbolique et irremplaçable, le 27 avril doit toujours demeurer, pour nous tous, la plus grande des célébrations de notre liberté, de notre dignité, de notre vie commune.

Et rappelez-vous, ni la médisance, ni les dénigrements, ni la défection, ni la trahison, ni la lassitude, ni l’abandon, ni la répression aveugle, ni les tentatives de déstabilisation, d’où qu’elles viennent, ne doivent avoir raison de notre détermination à poursuivre le combat pour libérer le peuple togolais de l’imposture et de la dictature.

Bonne fête à toutes et à tous !

Que Dieu Tout-Puissant vous bénisse !

et qu’Il bénisse notre cher pays le Togo !

Ablodé, Ablodé, Ablodé Gbadja !

Fait à Lomé, le 25 avril 2019

Le Président National de l’ANC

Jean-Pierre FABRE

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