Mgr Philippe Fanoko KPODZRO, le bouc émissaire à soutenir à tout prix

Mgr Philippe Fanoko KPODZRO, le bouc émissaire à soutenir à tout prix

Tout être humain, fut-il Pape, Evêque ou prêtre est faillible, nous enseigne la maxime. C’est à travers les termes de ladite maxime que j’ai bien voulu, en tant que jeune chrétien catholique, réagir à la suite de la lecture du communiqué sanctionnant les travaux de la session extraordinaire de la Conférence des Evêques du Togo (CET), tenue le 4 juillet dernier à Sokodé.

Ledit communiqué explose clairement la désolidarisation de la CET des propos tenus par l’Archevêque émérite Mgr Philippe Fanoko KPODZRO à la paroisse Marie Mère du Rédempteur d’Adidogomé, le 26 juin dernier. A la lecture dudit communiqué, on sent la mise à l’écart de l’Archevêque émérite qui doit être seul face à ses propos et en subir seul les conséquences. Il est donc clair pour tout le monde aujourd’hui que Mgr Philippe Fanoko KPODZRO est devenu un persona non grata au sein de la Conférence des Evêques du Togo, même s’il est considéré comme le doyen de tous.

Puisqu’analyse du communiqué de la CET, on a l’impression que les propos de Mgr Philippe Fanoko KPODZRO dérange même ses pairs Evêques. Ce passage en dit long : « A ce propos, la Conférence des Evêques du Togo rappelle que dans le cadre de l’accomplissement de sa mission, elle a l’habitude de publier ses interventions à travers des lettres pastorales, les messages, les déclarations et les communiqués signés par tous les Evêques ou le Secrétaire général en leur nom. » Voilà pourquoi la CET a bien voulu jeter aux gémonies son aîné dans l’Episcopat, Mgr Philippe Fanoko KPODZRO.

Au-delà de tout, une question reste poser lorsqu’on se rend compte que ce sont les « Hommes de Dieu » qui réagissent de la sorte : le Maître, Jésus-Christ malgré les injonctions de ses apôtres, les a-t-il livrés comme c’est le cas avec les Evêques du Togo ? En parcourant les Saintes Ecritures, l’on se souvint de l’acte de trahison posé par Judas.

Au soir de la dernière Cène, Jésus sachant que Judas allait le livrer et senta sa mort venir, disait aux douze : quelqu’un parmi vous me livrera. Tous lui demandèrent l’un après l’autre : « Seigneur est-ce moi ? » Mais Jésus, Homme-Dieu, n’a pas livré Judas aux autres comme l’ont fait les Evêques du Togo à travers ce communiqué livrant ainsi Mgr Philippe Fanoko KPODZRO à la vindicte populaire ? Pourquoi cette attitude de ceux-là qui se disent « Hommes de Dieu » du Togo à la suite de Jésus-Christ? Que nous enseigne cette maxime ? Ne dit-elle pas que le linge sale se lave en famille ? Aucune leçon de solidarité n’est d’ailleurs à retenir de l’acte posé par les Evêques du Togo. Doit-on comprendre dès lors que la session extraordinaire du 4 juillet dernier n’a été convoquée rien que pour ce seul motif ?

Cet état de fait pose aussi la question de responsabilité de l’Eglise à travers la situation sociopolitique chaotique que traverse le Togo depuis des lustres. Qui sont ces fidèles qui ont saisi la CET dont elle parle dans le communiqué ? Ce ne sont-ils pas ces chrétiens catholiques qui ont le pouvoir de vie et de mort sur les autres dans le pays ? Les mêmes qu’on voit dans les premières loges lors des célébrations grandioses ? Ou ceux-là qui sont des bienfaiteurs qui leur font des cadeaux partant de grosses enveloppes aux achats de litres et de crosses ? Ou enfin les haut-perchés du pouvoir, pour qui certains de ces Evêques sont directeurs spirituels ? Puisqu’au Togo aucun fidèle « simple » connu ni d’Adam ni d’Eve ne pourra jamais saisir la CET pour qu’elle réagisse si promptement et efficacement dans la logique d’exclusion ou de la mise à l’écart d’un de ses pairs de la sorte. Aucun ! Tout le monde sait bien qu’au Togo, la tête de Mgr Philippe Fanoko KPODZRO ne plait pas du tout aux premiers dirigeants du pays qui sont d’ailleurs pour la plupart chrétiens catholiques qui commettent des gaffes à ne pas dire. Ils ont le pouvoir de vie et de mort sur les autres et opèrent impunément. Les Evêques du Togo ont-ils préféré ces dirigeants togolais au détriment de leur aîné dans l’Episcopat qui lutte pour aux côtés des déshérités, des sans-emplois, des chômeurs, qui dénonce les injustices de toutes formes que créent au sein de la cité Togo ces mêmes dirigeants ?

Dans un passé récent, les mêmes Evêques à travers leurs lettres pastorales et communiqués dénonçaient les abus du pouvoir togolais, les injustices de toutes sortes du même pouvoir. Aujourd’hui, ces maux ont-ils trouvé des solutions pour que celui qui les dénonce publiquement soit considéré comme un persona non grata et voué aux gémonies par ses pairs qui en parlaient?

Quelques jours après la publication du communiqué de la CET, beaucoup de voix s’élèvent au sein de la chrétienté catholique pour exprimer leur indignation face à la démarche de la CET même si on considère que l’Archevêque émérite est allé un peu loin dans ses propos le 26 juin 2019. Imitez-vous vraiment le Christ, chers Pères Evêques ? Que diront les Evêques de la RDC quand ils liront le communiqué de la CET désavouant Mgr KPODZRO ? Ces Evêques se sentiraient toucher parce que chez eux, ils n’ont pas choisi de livrer leurs pairs ou tout au moins ces Evêques qui prennent position sur une question donnée, quelle qu’elle soit dans la vie de la nation. Ils ont compris que le linge sale se lave en famille. Et pourquoi pas chez nous, « Hommes de Dieu » ?

L’histoire de la femme adultère aussi est révélatrice et urge qu’on en cite pour dénoncer cette attitude de la CET envers Mgr Philippe Fanoko KPODZRO. Le Maître, Jésus-Christ lorsqu’on lui emmena la femme adultère, sachant bien qu’elle a avait commis le péché d’adultère en violé la loi qui est prescrite, au vu et au su de tout le monde, n’a pas condamné cette dernière. Plutôt, le Maitre a dit sans crainte devant cette foule déchainée : « Que celui qui n’a jamais péché, jette la première pierre ». Ressemblez-vous au Maître à travers ce passage biblique à travers lequel vous nous donnez des enseignements et conseils ? Ou bien avez-vous opté pour l’assertion qui dit : « Faites ce que je vous dis, mais ne faites pas ce que je fais ? »

A quelques jours de la mascarade électorale du 30 juin dernier, un communiqué daté du 28 juin 2019 et signé d’un ministre, chrétien catholique de son état, posait la problématique des sources de revenus de l’Eglise catholique. Cette autorité qui appartient à cette même église catholique, appose sa signature en bas d’une correspondance qu’on a envoyée au Secrétaire général et Coordonnateur national de la C.E.N.J.P, une structure de l’Eglise catholique. Le hic dans la note portait sur le doute des sources de revenus d’une Eglise universelle. Ceci n’a pas émeut les Evêques parce que l’autorité met en doute les sources de revenus d’une institution légale reconnue comme telle. Or tout le monde savait bien que ce n’était qu’un subterfuge pour que l’Eglise, en qui beaucoup croit ne participe pas la supervision des élections locales du 30 juin dernier.

Que cet acte qui, en fait n’est qu’un camouflet pour l’Eglise catholique et pour ces premiers dirigeants n’en face pas l’objet de discussion pour débouter un pouvoir qui est expert en des hold-up électoraux. En lieu et place, on a préféré jeter l’opprobre sur un membre de leur camp parce qu’il parle trop. En RDC, une crédibilité accrue a été accordée à la supervision faite par l’Eglise catholique mais au Togo, après cet argument saugrenu, on s’est tu et on a préféré mettre à nu un Evêque émérite.

Chers Pères Evêques, les dirigeants togolais qui sont vos fils et filles parce que la plupart étant fidèles catholiques doutent de l’origine de vos sources de financement ? Qu’est-ce que vous leur avez répondu ? Malgré leurs arguments saugrenus et dénudés de tout bon sens, vos écoles catholiques, construites avec les mêmes sources de revenus douteux, selon eux, ont servi de centres de vote pour ces mêmes dirigeants lors de la mascarade du 30 juin dernier? Evitez de vivre ces genres de situation qui découragent et qui vous ridicules devant certaines réalités malheureuses togolaises.

Je suis indigné en tant que jeune chrétien catholique que vous n’ayez pas pu agir comme votre Maître, Jésus-Christ l’a fait dans les deux cas précités : la trahison de Judas et la condamnation de la femme adultère.

Mgr Philippe Fanoko KPODZRO, au moins lui, dit ce qu’il pense et ce qu’il a sur la conscience. Ne soyez donc pas, quant à vous, complices des situations d’injustice, de corruption et d’assassinat que vivent nos populations, situations dues à une mauvaise gouvernance que dénonce votre aîné dans l’épiscopat.

Evitez donc la politique de « tous contre un » s’il vous plait.

Idelphonse AKPAKI

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