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Thursday, October 28, 2021

Pour avoir réclamé leurs salaires, des enseignants virés de plusieurs écoles privées

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Pour avoir réclamé leurs salaires, des enseignants virés de plusieurs écoles privées
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Par Marcelle Apévi
La rentrée scolaire a démarré sans surprises, avec ses lots de problèmes. En dehors de la grève annoncée par les syndicats des enseignants sur plusieurs points de revendication, le manque de d’infrastructures et de dispositifs adéquats pour mettre les élèves à l’abri du coronavirus, la tromperie du ministre Dodji Kokoroko qui a annoncé la disponibilité de masque lavable à acheter à moindre coût par les élèves…, nombreux sont ces enseignants à se retrouver au chômage en ce début d’année scolaire. Pour motif, les administrations des écoles privées surtout ne digèrent pas la réclamation de salaire formulée par ceux-ci.

En effet, aux premières heures de l’annonce du premier cas de contamination qui a d’ailleurs conduit à la mise en place de l’Etat d’urgence sanitaire, qui par la suite a amené à la fermeture notamment des établissements scolaires, plusieurs écoles privées ont mis fin au payement de salaire à leurs enseignants. Cette situation a dangereusement répercuté sur les élèves lors de la reprise des cours pour préparer les examens. Les enseignants concernés ont tout simplement boudé les cours et les élèves ont passé de pires moments dans les salles de classe où ils se sont retrouvés seuls face au tableau.

Les résultats insuffisants produits à la fin de l’année scolaire résultent également de cette situation sur laquelle les parents ont observé un mutisme total. En décidant de l’ouverture de la nouvelle année scolaire, les autorités gouvernementales n’ont pas daigné prendre en compte ses aspects qui nécessitent des actions concrètes pour éviter le renvoie des enseignants sur la base de cette réclamation qui constitue l’une des conséquences de coronavirus, mal pour lequel le décaissement de plusieurs centaines de milliards de francs cfa a été annoncé par Faure Gnassingbé le 1er avril 2020, lors de son discours « poisson d’avril ».

Dans la plupart des établissements privés, pour l’année scolaire dernière, les enseignants n’ont pas été payés depuis le mois de février. Il faut aussi souligner que suite au coronavirus qui est devenu l’argument de toutes les fuites de responsabilité, plusieurs parents n’ont pas pu ou ont refusé de solder les comptes des frais scolaires, mettant les administrateurs des établissements privés, dans de beaux draps. Les caisses étant vides, il n’y avait autre choix que de négocier avec les enseignants qui ont passé de Février à septembre à la maison, les poches vides. Hélas, les directeurs des écoles de connivences avec les fondateurs n’ont trouvé mieux à faire, dans la plupart des cas, que d’utiliser la force comme le gouvernement lui-même en a l’habitude face à de pareilles situations. Ainsi, des enseignants sont tout simplement virés et sans préavis, pour avoir réclamé leur droit.

« Suite à la pandémie, les enseignants n’ont pas reçu leur salaire depuis février. Ce qui a créé un mouvement d’ensemble entre les collègues. Cette action unanime nous conduit à une grève. Suite à notre grève à la reprise, la fondation décide alors de nous sanctionner en prélevant une somme de 1000f sur les retards et 2000f pour les absences. Après 8 mois de galère, ils décident de payer quatre (04) mois de salaire aux enseignants sur 5 mois. Ce qui fut accepté. Après ce payement maintenant, à la veille de la rentrée, il limoge quatre (04) enseignants », propos d’un enseignant du Complexe Scolaire Newton sis à Adidogomé, rapporté par Benjamin Renaud SEYRAM dans un article qui fait le tour de la toile.

C’est donc dire que c’est mal parti pour les élèves, dans la majorité des établissements scolaires privés. A cette allure, des cours risquent d’être bâclés, surtout avec l’option de recours aux enseignants non qualifiés comme d’habitude au Togo, pour dispenser des cours qu’eux-mêmes ne maitrisent pas. Sans langue de bois, on peut d’ores et déjà craindre pour le sort réservé aux centaines de milliers d’enfants inscrits dans ces écoles privées auxquelles les parents ont recours de peur d’engouffrer leurs enfants dans des salles des établissements publics où l’effectif est pléthorique.

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