25.6 C
Lomé
Friday, July 30, 2021

Qui est réellement aux commandes dans la Commune de Kloto 3 au Togo ?

Les unes des journaux

Qui est réellement aux commandes dans la Commune de Kloto 3 au Togo ?
Conseil municipal Kloto 3 avec le préfet en bleu au milieu

Par Sena AFETO
Alors que la grande majorité des 117 communes nouvellement installées au Togo depuis les élections locales de juin 2019 s’affairent à trouver les moyens pour le développement de leurs localités, en terre de Kloto 3 la priorité semble être ailleurs …

Un an après les élections, la majorité autour d’UNIR dans cette commune est toujours préoccupée par des guéguerres puériles et de pratiques sulfureuses autour du lieu d’implantation des locaux de la mairie.

En septembre dernier, la publication d’un reportage intitulé « Kloto 3 : Togbuiga Dom Gameti Wedzi VII de Kouma Tokpli condamne et dénonce la délocalisation du siège de la commune de Tokpli à Konda » sur togo24.net, avait déjà fait grand bruit sur le sujet et exposé aux yeux du monde les pratiques surannées de ladite majorité. Dans la foulée, le Préfet de Kloto s’était dépêché dans la localité pour régler le problème.

Dans les documents officiels de l’administration togolaise – entre autres le décret N° 2017-141/PR du 20/12/2017 – le chef-lieu de la commune de Kloto 3 est Kouma Tokpli qui n’est autre que le chef-lieu du canton de Kouma. Mais depuis les élections, les responsables d’UNIR locale, sous la direction du sieur Toussa Gabriel, ancien député du parti de la zone, au lieu de se concentrer sur la mission principale à eux assignée, c’est-à-dire œuvrer avec engagement pour le développement de la localité, jettent plutôt tout leur dévolu sur la délocalisation du siège de la mairie à Kouma Konda, village natal de l’ex-député. Pour que ce dessein advienne, tous les moyens sont bons. Le conseil municipal, en principe, lieu formel de délibération pour tout sujet touchant à la gouvernance de la commune, ne l’est que de nom car, dans la pratique, il semble que le vrai conseil communal est logé dans le domicile du sieur Toussa et, sous le haut patronage de ce dernier, alors même qu’en dehors du fait qu’il soit membre d’UNIR, il n’a aucun titre ni la moindre prérogative municipaux. Nous voilà au pays du mélange des genres, de la conduite cavalière des affaires publiques, du fait accompli.

Pour preuve, avant même que le conseil municipal élu ne délibère – si tant est que c’était encore un sujet de préoccupation – la majorité locale UNIR et associés a décidé de délocaliser les bureaux provisoires de la Commune de Tokpli à Konda. « Togbui Dom Gameti Wedzi VII a exprimé son désaccord face à cette forfaiture orchestrée par le Maire de la commune de Kloto 3, en collaboration avec certains chefs de villages avec à leur tête Togbui Satro de Kouma Konda, et quelques cadres de Kouma, dont l’ancien député Toussa Gabriel » pouvait-on lire dans l’article publié sur togo24.net.

Face à l’écœurement vivement exprimé du chef canton de Kouma, les ressortissants du canton à Lomé s’en étaient mêlés et avaient tenté de régler le conflit. Le préfet de Kloto s’était déplacé sur les lieux pour éteindre le feu. A la fin des courses, le chou et la chèvre furent ménagés. Les élus et autorités locales ont été amenés à accepter de fait la délocalisation du siège provisoire à Konda contre la réaffirmation de l’installation du siège définitif à Tokpli. Séance tenante, il fut demandé au Maire de dresser le procès verbal afférent et de le déposer dans le bureau du Préfet dans les meilleurs délais. Bon gré mal gré, pour les parties prenantes – visiblement pas pour les inconditionnels d’UNIR locale – la messe était définitivement dite.

Contre toute attente, le même sujet qui, qui semblait définitivement clos, après avoir fuité dans les rues de Kouma Konda, est revenu à l’ordre du jour aux dernières séances de conseil municipal. Le Maire et ses acolytes ne seraient pas satisfaits de l’arbitrage ni des ressortissants du canton ni de Monsieur le Préfet de Kloto. Juste le siège provisoire à Konda – dans la maison familiale de Monsieur l’ancien député – pas assez honorable comme butin pour le Maire et ses soutiens. Le procès verbal devant être déposé sur la table du préfet depuis environ trois mois n’est toujours pas dressé. Selon nos enquêtes, M. Toussa tiendrait absolument à ce que le siège définitif de la mairie revienne à Konda, quitte à manœuvrer en sorte qu’une parcelle de la paroisse locale de l’Eglise Evangélique Presbytérienne soit cédée à cette fin. Des presbytres locaux, sans implication du Président du conseil presbytéral, sont manipulés pour la cause.

Faut-il que les sièges de nos communes soient dans nos villages natals pour que nous contribuions à son développement ? Si telle est la logique alors nous risquons d’avoir un siège dans tous les villages. La responsabilité de tout natif ou sympathisant d’une localité est d’apporter, de façon désintéressée, son concours à l’édifice commun. Manœuvrer pour l’implantation du siège de la commune ici ou là ne saurait être la quintessence de notre œuvre ou engagement pour le bien général ; surtout si le procédé est plus chrysogène que rassembleur. Ce qui nous incombe en tant que filles et fils de notre commune n’est pas là, il est ailleurs. Ce n’est pas le siège qui fait la commune, ce sont ses citoyens, quels que soient leurs rangs.

Si je me permets de faire cette sortie, c’est en ma qualité de natif de la localité et très engagé dans son développement. Les questions d’appareil ou de chapelle ne sont guère mes préoccupations. Ceci n’est autre l’expression de ma désolation pour ces pratiques désolantes dans mon milieu alors que je me bats chaque jour que Dieu fait pour le progrès de la localité. Je me sens légitime de rompre avec mon silence, finalement trop prudent. Si mon propos arrive, un tant soit peu, à toucher les consciences des concernés et les amène à rectifier le tir, ma mission serait atteinte. Mon vœu le plus cher c’est que cette municipalité soit un modèle de gouvernance locale, attrayante et incitative à des soutiens tous azimuts.

Apprenons à respecter les prérogatives des uns et des autres. Si, après plus de trente-deux ans, l’Etat togolais a décidé d’organiser des élections locales et mettre le pays sur la voie de la décentralisation, c’est pour promouvoir une gouvernance locale, gage d’un réel développement des localités. C’est aussi pour permettre la responsabilisation locale, la prise en main de la destinée des municipalités par les élus locaux. Les vieilles habitudes ont la dent dure, dit-on, mais les uns et les autres doivent prendre sur eux et respecter la nouvelle donne. L’époque des « dieux locaux » autoproclamés, issus le plus souvent des rangs du « parti Etat », est révolu.

Laissons les responsables mandatés par les citoyens, par la voie démocratique, d’accomplir librement et en toute transparence leur mission. Certes c’est une nouvelle école, mais c’est la voie royale pour que nos localités, nos municipalités aillent de l’avant.

- Advertisement -

Sur le même sujet

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

Les derniers articles

Togo : Un réseau de cambrioleurs démantelé par la police à Djagblé

En effet, une enquête a été ouverte suite à un cambriolage survenu dans un domicile sis au quartier Adidomé à Djagblé dans...

CITE AU QUOTIDIEN : UN BOUTON MAGIQUE POUR LE CHANGEMENT ?

Par Maryse QUASHIE et Roger E. FOLIKOUENous sommes nombreux à chercher comment faire advenir le changement : parents désireux de voir intervenir...

Kokoroko prône la gratuité des cours de vacances

A peine l'année scolaire amorce son dernier virage que les établissements scolaires partent à l'assaut des élèves à travers des opérations de...

Naboudja Bouraïma : « Montrons la voie au peuple togolais pour réduire les attaques et injures »

La guerre qui s’anime sur les réseaux sociaux avec des injures, intoxications, fake news… suscite l’attention de Naboudja Bouraïma. Le militant de...

Togo Affaire Pegasus: Habia Nicodème très remonté contre Faure Gnassingbé

L'affaire Pegasus fait encore couler beaucoup d'encre et de salive. Les partis politiques de l'opposition expriment leur mécontentement. Pareil pour Nicodème Habia...

Togo COVID-19 : 116 cas positifs enregistrés mardi

Mardi, 116 nouveaux cas positifs ont été enregistrés sur 1492 personnes dépistées, c’est ce que rapporte le site du gouvernement. La source susmentionnée...

Yakoubou Moutawakilou du PNP : Une libération qui suscite plus d’interrogations qu’elle n’en résout

Un ami nous informe depuis Lomé avoir visité le SG du PNP section Kpalimé, Monsieur Yakouboubou Moutawakilou au pavillon militaire du CHU...

Que se cache-t-il derrière la suspension des agréments des ONG?

En conseil des ministres le 24 juillet 2021 à Pya, le gouvernement a décidé de la suspension de l' attribution et du...
- Advertisement -
error: Content is protected !!