Rentrée scolaire sous tension à Dapaong, une série de manifestations programmées dans la ville

Koami Tchakpélé, ministre des Enseignements primaire et secondaire
Koami Tchakpélé, ministre des Enseignements primaire et secondaire

Koami Tchakpélé, ministre des Enseignements primaire et secondaire
Koami Tchakpélé, ministre des Enseignements primaire et secondaire
Dapaong, point chaud de la lutte sociale des travailleurs du Togo. Située à quelques encablures du Burkina-Faso, pays des hommes intègres, cette ville est toujours debout pour dire non à toutes formes d’injustice.

Le gouvernement pouvait se satisfaire d’avoir trouvé avec les responsables syndicaux du secteur de l’Education, un supposé accord sur le versement sans chronogramme préalablement défini des primes de rentrée et de bibliothèque. A Dapaong, comme c’est aussi le cas d’autres localités du grand nord, les enseignants marquent leur désaccord. Pas de rentrée sans prime, c’est visiblement le leitmotiv de leurs actions de protestation.

Manifestation. Même si à Lomé il y a comme de la résignation à l’aube de la rentrée académique 2015-2016, dans les Savanes ça résiste. Hier lundi, dans la matinée, alors que les élèves ont repris le chemin des classes, à Dapaong les enseignants, visages fermés, étaient en sit-in devant la Trésorerie régionale de la ville pour « attendre » « désespérément » leurs primes.

Demain mercredi, une autre manifestation d’envergure est annoncée dans la ville. Elle ne concerne pas seulement les enseignants, mais tous les travailleurs. Rassemblement au Carrefour de la Mairie, puis cap sur la Direction régionale de l’éducation (Dre). Là, les travailleurs seront en sit-in pour exiger l’annulation pure et simple des affectations punitives et arbitraires dont sont victimes certains de leurs collègues enseignants. Des affectations qui s’appréhendent comme une « tentative de décapitation » du mouvement de contestation. Les autorités du secteur de l’éducation et de l’administration locale ont été saisies en ce sens par courrier, même si le préfet de Tône a refusé de le prendre, selon les informations. « Nous demandons l’annulation pure et simple de ces affectations injustes qui violent la réglementation en matière de lois du travail. Si aucune suite favorable n’est donnée à notre demande, nous promettons que nous allons nous faire entendre pour que cessent ces pratiques du moyen-âge ».

A Kara, on se mobilise aussi pour faire échec aux dérives du Directeur régional de l’Education, Poro Tchakpala Katanga qui se lancerait, comme son collègue de Dapaong, El Hadj Azimar Malorou, dans cette « périlleuse » aventure d’affectations punitives et arbitraires des enseignants. « Le Dre Kara est à quelques mois de sa retraite, mais il continue de détruire plutôt que de réparer les torts qu’il a causés. Son collègue des Savanes est aussi à quelques semaines de sa retraite. Il a bénéficié de plus de 50.000 F avec l’augmentation des 30 points. Ce qui va lui permettre de voir sa pension s’améliorer. Quelle ingratitude de la part de ces responsables qui n’ont jamais lutté pour eux-mêmes et qui combattent ceux qui luttent pour leur assurer une retraite acceptable ? », peste-t-on au sein du corps.

Intimidation. Depuis l’annonce de ces mouvements d’humeur, le pouvoir est pris d’insomnie. Hier dans la matinée, le Commissariat de la ville a convoqué la Coordination locale de la Synergie des Travailleurs du Togo (STT) de Dapaong pour avoir des idées précises sur les activités prévues dans la semaine avec pour prétexte de prendre des dispositions pour les encadrer.
Pour les observateurs, cette convocation jugée inopportune relève d’un plan d’intimidation. Mais cela ne suffit pas à décourager les travailleurs de cette localité qui sont déterminés à aller jusqu’au bout de leurs revendications, « advienne que pourra ».

En avril 2013, Dapaong dans le cadre des revendications sociales, avait offert en martyrs deux élèves, Douti Sinalengue et Anselme Sinandare. Il y a quelques mois, la ville a été le théâtre de violents affrontements entre policiers et les travailleurs faisant des blessés graves. Avec cette nouvelle situation, on craint le pire.

PCK
L’ALTERNATIVE – N°461 du 29 Septembre 2015

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