SASSE Sylvain : le Programme citoyen diaspora 2015-2020 est une voie l’espérance

SASSE Koffi Sylvain
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Plus de deux mois après les présidentielles controversées du 25 avril dernier, nous recevons notre compatriote Mr SASSE Koffi Sylvain, journaliste d’investigation-écrivain. Notre invité est Secrétaire général adjoint de l’Association de la presse panafricaine (APPA), et responsable de la ligue pontificale. Il est également le Coordinateur du réseau d’information catholique d’Afrique et du Proche Orient et nouveau Secrétaire général de l’Agence pour le développement d’Afrique centrale et francophone (ADAC-www.adac-europe.org). La politique internationale et nationale entre autres, la tragédie grecque, l’Euro, la Zone Franc, le projet secret français de la nouvelle monnaie en Afrique francophone, les controverses du ministre Nouboukpo sur l’arrimage du Franc CFA avec l’Euro, l’avenir de Jean Pierre Fabre, et les révélations sur les accords secrets d’Accra(Ghana) de 1991 entre les leaders de l’opposition, et les confidences sur l’armée togolaise. Il nous a en outre présenté les grandes lignes du Programme citoyen diaspora 2015- 2020, entre autres les constructions de deux grands centre commerciaux ultra modernes d’Anécho et de Sokodé, et de la politique de dédiabolisation de l’armée togolaise . Ce sont là, des sujets qui ont été abordés avec notre confrère dont voici en intégralité le contenu de cette interview qu’il a accordée à notre magazine

la situation de la dette grecque fait de nouveau la une de l’actualité. , L’union européenne s’en sortira-t-elle de cette tragédie à rebondissement ?

SASSE Koffi Sylvain : Avant de répondre à ta question, interrogeons-nous d’abord : comment l’Union européenne en est -elle parvenue à cette crise grecque ? Un petit rappel me semble important. Tout remonte en 2010, quand les données macroéconomiques de la Grèce étaient devenues problématiques. Son gouvernement d’alors a annoncé un budget déficitaire de 12 % du PIB, puis de 15 %, et quelques semaines après que le gouvernement précédent eut notifié un déficit de 6 % du PIB auprès de la Commission européenne. Ce sont toutes ces manipulations des agrégats macroéconomiques par des autorités grecques avec la complicité active de la commission de l’UE, propres aux républiques bananières qui avaient déclenché la crise financière grecque au sein de l’Euroland. Car, depuis, plus de cinq plans de sauvetage ou de redressement ont déjà été adoptés par le parlement grec (plan de privatisation de 50 milliards d’euros, modernisation et renforcement d’administration fiscale, etc.) avec le concours de l’Union européenne sans que la Grèce ne s’en sorte.

pourquoi, la Grèce ne s’en sort ?

SASSE Koffi Sylvain : Tout simplement parce que la dette grecque est comme le cancer de sein qui nécessite une ablation. , Tant que l’Union européenne et plus particulièrement la BCE ne décidera pas une fois pour toute de l’annulation totale de cette dette, ces répliques reviendront toujours dans l’actualité et nous assisterons à ce rebondissement habituel. : soit l’EU annule cette dette et la Grèce reste dans la zone Euro, soit elle l’exclue, c’est-à-dire le <> pour non-respect d’engagement. L’ex directeur du FMI Dominique Strauss, dans le temps fort de la crise, a octroyé 110 milliards de prêts à la Grèce, qui était embourbée dans une dette 350 milliards d’euros contre des mesures d’austérité plus humaines. Or depuis son départ du FMI, pour les obscurs objectifs géostratégiques et monétaires des USA dirigé par Barack Obama et sa clique du conseil national de la sécurité, plus précisément sa direction des affaires économiques internationales, qui étaient de déstabiliser l’ascension de l’Euro et les monnaies qui y sont liées, comme le franc cfa, etc, la situation de la dette grecque s’est alors accentuée. Aussi, faut-il ajouter à ces manœuvres de déstabilisation, les rôles actifs joués par le FMI aujourd’hui de Christine Lagarde, la troika, et les banques françaises et allemandes qui ont converties des dettes commerciales en dettes publiques de l’Etat grec.

Donc le remplacement de Dominique Strauss Kahn par madame Christine Lagarde n’a rien apporté pour la Grèce ?

SASSE Koffi Sylvain : Non. Madame Christine Lagarde qui a succédé à Dominique Strauss Kahn, est un pur produit américain, qui a fait carrière dans les cabinets américains. Elle, ne fait qu’appliquer la politique américaine de l’anéantissement de l’ascension de l’euro, via la Grèce et l’Allemagne. Ce deux pays, apparaissent comme des pions dans le jeu d’échec dans la stratégie américaine de déstabilisation. Une preuve : les américains ont aussi effectué des investissements en Grèce. Ils sont également le grand financier du Fonds monétaire international (FMI), lequel a octroyé des prêts à la Grèce. Pourtant les USA ne sont pas très exigeants vis-à-vis de la Grèce contrairement l’Allemagne. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils avaient planifié l’anéantissement de l’Euro, par procuration à l’Allemagne qui consciemment et inconsciemment joue le rôle de marionnette via le principe dérobade de mesure d’austérité, d’ équilibre budgétaire, et de compétitivité. Nonobstant que l’Allemagne a donné plus de 65 milliards d’euros en capital et garanties pour la Grèce – soit environ la moitié des dépenses fédérales pour le travail et le social. Cette caution ne justifie pas sa position intransigeante. Elle joue le même rôle dans la crise ukrainienne.

L’Allemagne joue le rôle de pion dans le jeu d’échec de la stratégie américaine de l’anéantissement de l’ascension de l’Euro, tu imagines ce que tu avances ? Les experts économiques et nos lecteurs qui nous écoutent seront effarés par votre argument ?

SASSE Koffi Sylvain : Je suis convaincu. Laissons de côté, les propagandes médiatiques des experts de l’économie néolibérale autoproclamés qui disent le contraire. Et, j’ajoute pour l’histoire, que l’Allemagne d’aujourd’hui doit sa puissance économique aux USA.

L’Allemagne d’aujourd’hui doit sa puissance économique aux USA, tu mets encore une couche encore…

SASSE Koffi Sylvain : Je crois que tu m’as bien attendu. . L’Allemagne d’aujourd’hui doit sa puissance économique aux USA. Je te donne pour preuve un fait géopolitique qui s’est passé le 20 avril 1948, que beaucoup d’experts économiques et monétaristes ignorent de faire référence lorsqu’ils parlent de la puissance économique allemande. Il s’agit de l’opération monétaro-militaire << Bird Dog >>.

Tu commences par m’intéresser y compris ceux qui sont dubitatifs de tes propos de tout à l’heure

SASSE Koffi Sylvain : J’apprécie ta boulimie d’apprendre et de savoir y compris tes lecteurs et les fameux experts économiques dont tu parlais il y a quelques instants.

Je suis honoré. L’Allemagne doit sa puissance économique de nos jours à cette opération monétaro-militaire le<< Bird Dog >>.

SASSE Koffi Sylvain : Exact !. Charges à des experts et autres médias de me contredire. Revenant à l’opération Bird Dog, j’imagine que tu t’interroges sur ce qui s’est passé ce 20 avril 1948 ?

Tout à fait

SASSE Koffi Sylvain : Ce jour là, le général américain Lucius Clay, chargé de l’administration de l’Allemagne de l’Ouest convoque en catimini vingt-cinq experts financiers et monétaristes allemands à l’insu des autres pays alliés, Angleterre et France. Il les embarque en autobus pour une destination au début secrète. C’est à leur arrivée dans un camp militaire américain, près de Kassel, que vingt-cinq experts financiers et monétaristes allemands apprennent l’objet du voyage qui est la préparation d’une réforme monétaire radicale et la création d’une nouvelle monnaie, la Deutsche Mark. Ces fameux experts sont isolés du monde pendant quarante-neuf jours. Ils écoutent l’exposé du jeune lieutenant américain du nom d’ Edward Tennenbaum, sur le plan secret américain concocté à New York par Joseph L. Dodge, président de la Detroit Bank & Trust Company et chef de la division des Finances américaines à Berlin sous le titre de << Plan des finances de guerre et assainissement financier >>. L’opération Bird Dog est alors mise en exécution et les vingt-cinq experts financiers et monétaristes ont passé leur temps d’incarcération de 49 jours pour rédiger la charte monétaire de la nouvelle allemande telle qu’elle a été concocté par les américain. Au lendemain de la fin de leurs travaux, vingt-trois mille caisses de nouveaux billets de Deutsche Mark imprimés aux Etats-Unis arrivent par bateau à Bremerhaven et sont discrètement acheminées dans des trains spéciaux vers les caves de l’ancienne Reichsbank à Francfort. Une loi réglementant, le mécanisme d’émission des nouveaux billets libellés en Deutsche mark (D.M) a été votée dès le 18 juin 1948. Cette loi sera complétée dans la foulée par plusieurs directives et arrêtés, qui constitueront la charte monétaire de l’Allemagne, qui avait pour but de réduire au strict minimum, les éventuelles inflations, déflations, et spéculations. C’est cette opération << Bird Dog >>, qui a construit la base solide de la création de la nouvelle monnaie allemande d’après-guerre qu’est la Deutsche mark. Elle a favorisé le renchérissement du commerce allemand et sa balance de paiements. L’histoire que je te raconte ici, tu la trouveras dans les archives militaires des alliés et les russes.. Les allemands sont reconnaissants envers les USA pour cela. Ils ne veulent pas affronter géopolitiquement leur parrain américain. En langage péjoratif, l’on peut affirmer que la base de l’économie allemande est une fabrication des USA. Pour être plus explicite, je donne ce dit on africain : un maçon qui construit les fondations de ta maison, est le seul détenteur des secrets de destruction de ta bâtisse, s’il veut la détruire. Les allemands comprennent bien cet adage africain et c’est pour cela qu’ils jouent les vassaux des USA et ne veulent pas les affronter géopolitiquement. Bien sûr que la France de François Hollande joue aussi ce rôle de Vassal des USA dans les différentes crises internationales.

J’arrive à comprendre maintenant les enjeux du rebondissement de la dette grecque qui ne finit pas de faire la une de l’actualité. Et quel sort sera réservé à la zone franc pendant ce temps ?

SASSE Koffi Sylvain : Tout dépend du dernier accord, entre le gouvernement grec et les dirigeants de la zone euro. Certes, cette aide permettra à la Grèce d’avoir une bouée de sauvetage, de quelques mois pour éviter le défaut. Et, toutes les conditions de l’octroi de cette aide, comme la contrepartie, exigées de la Grèce, entre autres, des réformes, en particulier la lutte contre l’évasion fiscale, la modernisation de la fonction publique, la poursuite des privatisations, et d’autres intentions louables et généreuses ne seront pas respectées par la Grèce. Non pas par mauvaise foi, mais le pays est au bout de souffle et la mise application stricte de toutes ces réformes bloqueront la compétitivité et la croissance. C’est du déjà vu. La dette grecque fera de nouveau.la une de l’actualité.

Sûr ?

SASSE Koffi Sylvain : Certainement. Car, la décision prise par l’Euroland pour la sauver, est une décision qui répond aux impératives politiques (référendum grec, basculement des opinions publiques européennes qui ne croient plus à l’Euro, montée des extrêmes) de la sauvegarde de l’intégrité de la zone euro. Cette décision exclut les mesures adéquates en termes économiques et monétaires. Bref, le rebondissement de la dette grecque permet aux USA de gagner du temps dans leurs calculs géostratégiques.

Et pour le Franc CFA

SASSE Koffi Sylvain : Comme je te le confiais lors de notre entretien de février dernier, le sort du franc CFA est lié à ce qui se passe dans la zone Euro. Il subira les conséquences tout comme chaque pays membre de l’Euroland. Si la Grèce sort de la zone Euro, le franc CFA sera-t-il dévalué ? Toutes les options sont possibles, nous citoyens de la zone franc CFA, nous devrons en être conscients.

Il y a quelques jours, une polémique sur l’arrimage du Franc-CFA avec Euro a été lancée par notre compatriote et ex ministre de la prospective économique, Mr Kaku Nouboukpo, selon toi, a-t-il raisons dans ses analyses monétaristes ?

SASSE Koffi Sylvain : Non. Je doute fort que Mr Kaku Nouboukpo en tant qu’agrégé d’économie et ministre de la prospective économique puisse lancer cette polémique ces temps-ci, sans des obscurs calculs politiciens derrière. A-t-ii lancé la controverse pour déstabiliser le directeur de la BCEAO Togo ? Où encore pour d’autres plus sombres manœuvres politiciennes ? Quelques soient nos interrogations, sa thèse ne tient à une seule condition : il faut une unanimité au sein des pays de la zone Franc avant que cet arrimage de Franc CFA avec Euro soit réalisable. Or, on est loin de cette unanimité des pays au sein de la zone Franc. Même son patron Faure Gnassingbé est pour le maintien des accords de coopération monétaire entre le Franc CFA et l’Euro. Alors je m’ interroge : à quoi sert donc de faire de bruits avec les analyses macroéconomiques sur les chaînes de radio et de télédiffusions sur une question qui relève de la géopolitique et stratégie ?

Je suis dubitatif moi aussi de son analyse

SASSE Koffi Sylvain : Je suis heureux que tu aies pris conscience des sombres manœuvres dissimulées derrière cette polémique de l’ex ministre Nouboukpo. Il me semble que certains de nos intellectuels en manque de notoriété, qui cherchent à mystifier avec leur matière, les opinions publiques, cessent leurs manœuvres. Le cas de l’ex ministre Nouboukpo en est une preuve : voici un intellectuel qui a été proposé à Faure Gnassingbé par Edem Kodjo, et qui pendant son séjour au sein du gouvernement, n’a fourni aucun effort pour asseoir la démocratie dans son pays via des réformes institutionnels et constitutionnels . Au contraire, pour des calculs politiciens au lendemain des élections contestées du 25 avril dernier, il lance une polémique stérile qui, je crois, manque de discernement, nécessaire du à un intellectuel de son rang de surcroît un agrégé d’économie. Il a créé de facto, sans s’en rendre compte un sentiment anti-français dans la zone franc et plus particulièrement au Togo. Ce qui est déplorable dans sa polémique, c’est de voir quelques agités de nos concitoyens entre autres le Mouvement martin Luther King du pasteur Edoh, organiser des manifestations contre le Franc CFA et la France. C’est triste cette répétition de l’histoire. Le Pasteur Edoh, peut-il expliquer au peuple togolais, ce que nous africains avons fait des 55 ans d’indépendance politique ou bien ce qu’il sait des accords de coopération monétaire entre les pays de la zone Franc et la France d’une part, et d’autre part avec l’Union européenne ?

J’en doute. Mais, puis-je savoir ta position sur cette question de l’arrimage du franc CFA avec l’Euro ?

SASSE Koffi Sylvain : Au vu de mes éléments d’appréciations et eu égards à mes analyses sur les grands enjeux géopolitiques actuels, je préfère le maintien des accords de coopération monétaire entre les pays de la zone Franc et la France d’une part et d’autre part avec l’Euro via la décision numéro 98/682/CE du Conseil de l’Union européenne de Nice du 23 novembre 1998. Je te confiais lors de notre dernier entretien que les enjeux mondiaux actuels m’ont persuadé que la francophonie est une formidable machine économique. En 2050, par exemple l’Afrique comptera près de 2 milliards d’habitants dont 500 millions d’africains francophones soit la population actuelle de l’union européenne selon la DGSE. Si nous ajoutons des futures adhésions possibles, mais hypothétiques pour le moment des pays comme la RDCongo, l’Angola, du Nigéria et du Ghana, la zone Franc deviendra un marché de près d’un milliard de consommateurs, avec plus 200.000 fortunés de plus d’un million d’euros soit, près de 1 à 5 %du PIB mondial selon des projections. Une telle zone monétaire sera bénéfique pour l’avenir du continent plutôt qu’une aventure de création monétaire nationale aux multiples inconnus. Pour nous autres africains, patriotes, et républicains, nous approuvons le maintien des accords de coopération des pays de la zone Franc avec l’Euro.

C’est séduisant tes arguments. Mais

SASSE Koffi Sylvain : Mais quoi ? Il y a peu j’attirais l’attention de nos frères et sœurs démocrates, patriotes et républicains, de la zone Franc, d’analyser géo-stratégiquement et observer attentivement comment les guerres entre, le dollar et l’Euro d’une part, celle du dollar et les monnaies des pays de la BRICS(Brésil, Chine, Inde, Russie, et Afrique du Sud) et les autres pays émergents d’autre part se termineront avant de décider de la création de notre propre unité monétaire. Prenons par exemple la nouvelle banque de développement (NBD) des BRICS qui a officiellement ouvert ses portes à Shanghai en juillet dernier. Cette banque de BRICS, peut se vanter d’avoir la somme des PIB de ces pays membres atteint près de 15 000 milliards de dollars (soit environ 20% du PIB mondial).Ce qui a conforté le ministre chinois des Finances Lou Jiwei à affirmer en substance <>. Est-ce que la zone Franc qui compte une dizaine de pays peut-elle revendiquer une part de 0,1% du PIB mondial ?

Non. Veux-tu nous témoigner que la banque des BRICS, la NBD, concurrence le Fond monétaire internationale(FMI) et la banque mondiale, par sa part de 20% dans le PIB mondial ?

SASSE Koffi Sylvain : Effectivement, même si son capital autorisé s’élève à 100 milliards de dollars. Elle devient un acteur incontournable dans la galaxie financière mondiale. Prenons un autre exemple : les pays membres du BRICS, constitue un marché de près de 3 milliards de consommateurs soit 5 ou 6 fois la population de l’union européenne. L’Inde, seule avec sa population, a près d’un milliard d’habitants, et compte 300 millions de fortunés soit un ratio de 3/10. Ce ratio est plus élevé que celui des USA et de l’EU réunis. Les USA et l’UE, ont minimisé dès le début la création du BRICS et ils se sont rendu compte que récemment. Ils se mordent les doigts. Aujourd’hui, la NBD et d’autres banques des pays émergents, peuvent couvrir une grande partie des besoins en investissements des pays d’Asie-Pacifique et de leurs partenaires d’Amérique latine et d’Afrique, ce qui fragilise gravement le FMI et la banque mondiale. Bref, je t’assure que nous tournons inexorablement vers un monde multipolaire que les USA soient d’accord ou pas. Ce sont des guerres monétaires sans pitié et il n’y a pas de place pour les petits pays. Mieux vaut avoir un toit comme les russes ont l’habitude de le dire, c’est-à-dire une protection, plutôt que de se lancer sans défense. C’est pour cela, que je suis pour le maintien des accords de coopérations monétaires entre le franc CFA et l’Euro, c’est-à-dire avoir la protection du moins provisoire, de notre tante la France et notre grande tante l’Union européenne.

L’ex ministre Nouboukpo, a-t-il tort de soulever cette polémique pour le moment ?

SASSE Koffi Sylvain : Oui. Comme tu l’as constaté dans mes argumentations de tout à l’heure. Mais il l’a fait délibérément j’en suis convaincu. Car, il est conscient que là où la Libye a échoué, ce n’est pas les pays de la zone Franc, plus désordonnés et tribalisés qui réussiraient. D’ailleurs, vu la situation économique actuelle de la France, même si les pays de la zone Franc, font l’unanimité pour réclamer cette fameuse garantie déposée au trésor français, elle ne pourrait pas les rembourser. L’ex ministre Nouboukpo connait la situation économique française avant de lancer cette polémique. Ne te questionnes-tu pas pourquoi, son parrain de l’ex ministre Edem Kodjo, n’avait t-il pas émis cette idée avant lui ?

C’est peut être?

SASSE Koffi Sylvain : C’est peut être quoi ? Quel peuple d’Afrique francophone accordera encore une confiance à son régime ou son élite actuelle pour l’émission de monnaie nationale ? Prenons par exemple le fonds Africa50, que la BAD (Banque Africaine de Développement) a porté sur les fonts baptismaux en juillet dernier à Casablanca(Maroc).Selon ses initiateurs, ce fonds d’ 1 milliards de dollars est destiné à aider au développement du secteur de la construction des infrastructures sur le continent.Or il n’a pas été libéré intégralement. Alors je me demande comment peut-il réaliser sa mission ? Un autre couac : contrairement aux dires du patron de la BAD, Donald Kaberuka , ce Fonds Africa 50 n’a été possible que grâce aux efforts du Patriarche dénis Sassou Nguessou, président du Congo, qui a participé à hauteur 25 % du capital, ce que les médias n’ont pas pu révéler aux opinions publiques.Et, le plus grand scandale qui entoure, ce fonds Africa 50, est que ses initiateurs n’ont même pas pensé au poste d’administrateur de ce fonds avant de lancer sa création. Une improvisation qui montre une fois encore les tares de nos élites en matière managériale. Peut-on leur faire confiance pour créer et gérer la création d’unité monétaire nationale? Tu as des exemples devant toi. Que nos compatriotes africains de la zone Franc me prouvent le contraire, que nos élites créeront une monnaie nationale avec précaution, et éviteront à nos pays les inflations, les déflations et les spéculations monétaires. D’ailleurs, le franc cfa disparaitra d’ici 2030.

Quoi ?Tu lances encore une bombe…

SASSE Koffi Sylvain : Le franc cfa disparaitra, d’ici 2030. Il y a un projet secret français de la nouvelle monnaie en Afrique francophone qui est à l’étude, il y a quelques années. Ce sera le même système, mais repenser autrement, et plus équilibré. Ce système sera consolidé par de nouveaux accords de coopérations monétaires, entre la zone Franc, la France et l’Euro avec l’apparition d’une nouvelle appellation. Je ne te donnerai pas d’autres détails.

Grand merci pour cette information. Tu m’as séduis par tes analyses géopolitiques et stratégiques qui démolissent les polémiques de Nouboukpo. Quelle lecture fais-tu alors des présidentielles d’avril 2015 ?

SASSE Koffi Sylvain : Je ravie que tu l’as compris. Concernant les présidentielles 2015, j’ai appris beaucoup de leçons . J’ai reçu des notes établies par nos différents contacts sur place lors de ces consultations. Une de ces notes révèle que le fort taux d’abstention est du en partie, du fait que le parti au pouvoir, UNIR-RPT a proposé à des électeurs dans certaines préfectures, de remettre leur carte d’électeurs contre un parquet de spaghetti de 250g à l’effigie de Faure Gnassingbé. Que certains compatriotes après 25 ans de processus démocratique, aillent vendre leur dignité contre 250g de parquet de spaghetti, c’est vraiment un échec pour la classe politique. Ces concitoyens ne savent-ils pas qu’ils doivent voter pour leurs libertés, leur bien être, et l’avenir de leurs enfants ? Est-ce le président Français Hollande qui les a recommandés de vendre leurs cartes d’électeurs contre 250g de parquet de Spaghetti pour s’abstenir de voter ?

Incroyable ?

SASSE Koffi Sylvain : Mais vrai !Es-tu étonné. C’est le triste constat. Ces échanges de cartes électeurs contre les parquets de spaghetti de 250g, constituent un revers pour la classe politique et les intellectuels. Ils n’ont pas su sensibiliser nos populations dont plus de la moitié est analphabète sur les instructions civiques et politiques ou sur des notions de base de la démocratie. Telles que : Qu’est-ce s’est qu’un bon citoyen ? Comment votez ? Que représente pour moi ma carte d’électeur ? etc…

Ils l’ont fait ?

SASSE Koffi Sylvain : Crois-tu vraiment ? Je ne parle pas de leur meeting dans les chefs-lieux des préfectures ou certaines villes moyennes. Comme tu les défends, je donne un autre exemple : Dans certaines préfectures il y a certains de nos concitoyens hommes comme femmes qui n’ont pas de certificat de naissance, faute d’un bureau d’état civile dans leur village ou ville. D’autres c’est en raison des difficultés financières que leurs parents n’ont pas pu établir à leur jeune âge leur certificat de naissance. Dans d’autres cas, c’est la distance à parcourir, des centaines de kilomètres et payer l’agent de l’état civil pour se faire établir un certificat de naissance pour leurs enfants, qui en est la cause de cette situation. Comme ils n’ont pas de moyens ils abandonnent.

C’est révoltant ?

SASSE Koffi Sylvain : Je suis heureux que tu comprennes la situation réelle de nos concitoyens loin des tapages médiatiques des politiciens. Pourquoi ne pas rendre gratuit l’établissement du certificat de naissance ? Il me semble à un moment donné, que les démocrates, patriotes, et républicains, doivent repenser autrement la lutte démocratique et républicaine.

Je suis tout à fait d’accord avec toi pour une redéfinition de la lutte démocratique après ces échecs à répétition de l’opposition,.

SASSE Koffi Sylvain : Ne soit pas d’accord avec moi pour me faire plaisir! Ce n’est pas l’appel à l’unité de l’opposition qui résoudra la problématique de l’alternance dans notre pays. Notre opposition ne s’unira jamais comme je l’ai révélé dans mon livre d’enquête romancé sur l’assassinat de Tavio Amorin intitulé << l’Oppression de la conscience >>. Ce n’est pas une malédiction, mais une carence de dose de 10% du patriotisme de nos opposants. Tous ces leaders de l’opposition qui lancent aujourd’hui des appels à l’unité jouent la comédie et sont conscients qui ne seront pas attendus.

Tu es très pessimiste.

SASSE Koffi Sylvain : Sûrement. Car, la différence entre un optimiste et un pessimiste, selon un auteur, c’est que le pessimiste est continuellement informé. Mais comme tu es très optimiste sur cette unité possible de l’opposition, je te révélé une confidence à propos de l’accord secrète d’Accra en 1991 entre Gilchrist Olympio, Lawson Patrick, Edem kodjo, Agboyibor, et maitre Joseph Kokou Koffigoh

Accord secret d’Accra de 1991? Je n’ai jamais attendu parler, tu m’intéresses..

SASSE Koffi Sylvain : J’apprécie ta rage d’apprendre, qui force l’admiration. C’est avec plaisir que je te parle de cette rencontre secrète, et à travers toi, aux lecteurs et à tous les démocrates, patriotes et républicains togolais pour l’histoire et par devoir de mémoire de l’historiographie de notre pays.

Je suis honoré. Que s’est –il passé exactement à Accra(Ghana) ce printemps 1991 ?

SASSE Koffi Sylvain : Quelques mois après les évènements du 5 Octobre 1990, nos leaders de l’opposition d’alors entre autres, Appolinaire Agboyibor, Joseph kokou Koffigoh, Edem Kodjo, Leoplod Gnininvi, avaient pris soins de désigner Maitre Koffigoh, comme futur premier ministre de l’éventuel gouvernement de transition qui sera issue d’une conférence nationale à la béninoise. Ils ont choisi Koffigoh, parce que tous, ambitionnaient, à l’exception de ce dernier de devenir Président de la république. Comme ils se sont fixés la règle que le future premier ministre de la transition ne sera pas candidat aux présidentielle, histoire de ne pas se retrouver dans le scénario béninois avec un Nicephore Soglo, premier ministre de transition puis Président de la république, ni Agboyibor, ni Gnininvi, et Edem Kodjo ou Ekon, ne voulaient pas devenir Premier ministre du future gouvernement transitoire.

Quelle est la raison qui a contraint maitre Koffigoh à accepter alors ? N’aimait-il pas le poste prestigieux du Président de la république ?

SASSE Koffi Sylvain : Si, mais, il a accepté cette offre parce qu’il avait d’énormes soucis. Pour lui ce maroquin lui servirait de résoudre ces problèmes du présent. Comme le disait le poète français Jean de la Fontaine un tien vaut mieux que deux tu auras. En d’autres termes, maitre Joseph kokou Koffigoh, a préféré conjuguer au temps présents plutôt qu’au futur ou au conditionnel présent du mode l’indicatif en acceptant l’offre de ces amis.

Qu’est ce qui s’est passé après sa désignation officieuse par ces leaders de l’opposition ?

SASSE Koffi Sylvain : Maître Appolinaire Agboyibor a contacté Lawson Patrick, qui était le représentant officieux de Gilchrist Olympio au Togo à l’époque, pour une rencontre avec ce dernier, ayant pour objet de valider la future candidature de maitre Joseph kokou Koffigoh au poste de premier ministre. Lawson Patrick, a effectué la mise en contact et une date de rencontré a été prise pour printemps 1991 à Accra(Ghana). A cette rencontre avec Gilchrist Olympio, il y avait maitres Appolinaire Agboyibor, Joseph kokou Koffigoh, Edem Kodjo, Leoplod Gnininvi, Lawson Patrick et Gilchrist Olympio, et d’autres que je ne citerai pas ici. Au cours de cette réunion nos leaders de l’opposition avaient présenté maitre Joseph Koffigoh à Gilchrist Olympio qui ne le connaissait pas avant. Ils confiaient à Gilchrist Olympio qu’ils voulaient le choisir comme future premier ministre de la transition qui sera élu à la conférence nationale. Gilchrist Olympio leur avait répondu << moi, je ne suis pas dans le pays avec vous. Si vous-même vous jugez qu’il sera un bon premier ministre de la transition, et qui ne sera pas influencé par l’argent, je ferai campagne pourqu’il soit élu lors de la conférence nationale …>> . Et pour joindre l’acte à la parole, Gilchrist Olympio, a donné à la fin de cette rencontre une somme à Koffigoh pour qu’il ne soit pas influencé. Jusqu’à ce jour le montant de ce cadeau varie selon les sources, y compris les services de renseignements togolais de l’époque. Je ne donnerai pas ce montant ici, car les croisements et cloisonnements ne m’ont pas permis d’avoir le montant exact. Seuls Gilchrist Olympio,et Koffigoh ont connaissant de ce montant.

Les services togolais étaient-ils au courant de cette rencontre dite secrète d’Accra(Ghana) ?

SASSE Koffi Sylvain : Oui. Ce sont les Agboyibor Appolinaire, Edem Edouard Kodjo, Messan Leoplod Gnininvi et autres qui croyaient jouer au chat et à la souris avec feu Eyadema Gnassingbé. Les services secrets togolais étaient au courant et une note a été envoyée au président de la république de l’époque.

Quelle a été la réaction d’Eyadema Gnassingbé ?

SASSE Koffi Sylvain : Heureux. Il a encouragé les services togolais et d’autres sous traitance privée de renseignements, à continuer leur boulots qui se résume, à la formule : connaissance et anticipation. Et, feu Eyadema et ses stratèges, traitaient et réévaluaient leur stratégie de conservation du pouvoir au vu des notes qu’ils recevaient des services secrets togolais et leurs alliés. Maître Koffigoh après avoir reçu, l’onction du leader charismatique de l’opposition togolais dans le temps jadis Gilchrist Olympio étaient aux anges. Il était dragué par la mouvance présidentielle sans savoir que ladite mouvance était en mission commandée. Courtisé il devenait arrogant et impoli selon les dires d’un de ses compagnons de lutte, entre autres Agboyibor Appolinaire, Edem Kodjo, et Messan Gnininvi. Ces derniers sont surpris du comportement de leur ami Joseph Kokou Koffigoh, et commencèrent par douter de la fiabilité de ce dernier à diriger la transition. Ils décidèrent alors de proposer Messan Gnininvi de la CDPA à sa place comme candidat au poste de premier ministre de la transition.

L’ont-ils proposé à Gilchrist Olympio?

SASSE Koffi Sylvain : Oui. Lors du premier retour de Gilchrist Olympio au pays au lendemain de l’amnistie générale, les leaders du collectif de l’opposition démocratique entre autres Edem Kodjo, Appolinaire Agboyibor, Francis Ekon, ont rencontré Gilchrist à l’insu de Koffigoh. Ils le firent part de leur remise en cause de la décision de la rencontre d’Accra au Ghana. Ils confient à Gilchrist Olympio, qui ne soutenaient plus la candidature de Koffigoh et qu’ils préféraient l’échanger contre Messan Gnininvi. Choqué, Gilchrist Olympio répondit << ..je ne connaissais pas Koffigoh avant. C’est vous-même qui me l’aviez présenté comme futur candidat au poste de premier ministre de la transition lors de la conférence nationale. Je lui avais donné ma parole d’honneur. Comment voulez-vous que notre petit frère nous considère, si nous remettons du jour au lendemain, notre parole d’honneur ? >>. Silence radio du côté des leaders du Collectif de l’opposition démocratique à cette question de Gilchrist Olympio. Il a poursuit << je maintiendrai ma parole d’honneur et ferai campagne pour l’élection de Koffigoh au poste de Premier ministre >>. Au lendemain de cette rencontre de Lomé avec Gilchrist Olympio, la première guerre fratricide de l’opposition togolaise est déclarée. Koffigoh est-il informé de la rencontre avec Gilchrist Olympio à Lomé ? Par qui ? Par les services de renseignements togolais pro Eyadema Gnassingbé ? Par un corbeau qui a assisté à cette réunion ? Ou par Gilchrist olympio lui-même ? Quel qu’en soit la réponse, cette guerre fratricide qui venait de commencer pour un hypothétique poste de premier ministre de transition m’a donné la conviction, que l’opposition démocratique à feu Eyadema Gnassingbé ne s’unira jamais. Ce n’est pas une malédiction, mais du manque de patriotisme de nos leaders politiques de l’opposition qui n’avaient aucun idéal républicain. La suite, jusqu’à ce jour, l’histoire m a donné raison. De Koffigoh, jusqu’au Jean Pierre Fabre. J’en passe.

Je suis ému.

SASSE Koffi Sylvain : Je comprends tes émotions. Je te prie de comprendre les miennes car j’ai des compagnons de luttes qui ont perdu leur vie, à cause de l’immaturité de nos politiciens. Je suis persuadé qu’à un moment donné le peuple togolais doit siffler la fin de la récréation.

C’est dans cette perspective de fin de récréation que tu as été élu à la secrétairerie générale de l’agence pour le développement d’Afrique centrale et francophone(ADAC) en juin dernier ?

SASSE Koffi Sylvain : Non, ne confond pas les choses. L’ADAC est un fédérateur de compétences pour aussi bien africaines que françaises pour que les projets de partenariats fonctionnent. C’est une agence qui est au départ centrée sur l’Afrique centrale, puis s’est développée sur toute l’Afrique francophone. Plusieurs projets ont été réalisés à son actif entre autres les sociétés coopératives agricoles en Congo Brazzavile, le projet Tulipe actuellement en Côte d’ivoire et de celui du Bénin sur des logements sociaux et centres commerciaux.. C’est également un centre de transfert de compétences et de formation dans les secteurs de l’automobile, l’ immobilier, la finance et autres jusqu’à l’artisanat.

Ce n’est pas par hasard une nouvelle entité de la françafrique ?

SASSE Koffi Sylvain : Non. Ce n’est pas parce que c’est francophone et qu’il y a des experts en intelligentsia économique, comme le Premier Vice-président le Camerounais Lucien Ntamag, le chargé du relationnel avec les états de l’Afrique de l’ouest, le sénégalais Ibrahim Touré, ou la tchadienne Khadiatou qu’il faut parler de la françafrique. La preuve, l’Agence s’est attelée en montant des partenariats gagnant/ gagnant avec les forces vives africaines francophones et, avec celles de l’Europe, mais surtout de la France qui a un rôle important à jouer sur notre continent face aux grands enjeux mondiaux actuels. J’ai l’impression que tu n’es pas satisfait de ma réponse ?,

Je suis perplexe.

SASSE Koffi Sylvain : Comme tu soupçonnes, je te donne trois exemples provenant de notes des services spéciaux européens:

– primo, les langues officielles les plus parlées en Afrique sont européennes. Et aucune dialecte chinoise n’est parlée sur notre continent. Pourtant la Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique loin devant la France, l’Angleterre et l’Allemagne.

– secondo ,90% de contrats public de BTP-bâtiments des pays de la zone Franc sont octroyés à la Chine au détriment des entreprises africaines, européennes et autres.

– tertio, la Chine est le premier partenariat de la banque africaine du développement,(la BAD) au détriment des entreprises africaines.

Aussi incroyable que cela pourrait paraître, pendant ce temps, certains de nos dirigeants s’autoproclament panafricanistes. Où est le panafricanisme, quand une banque panafricaine comme la BAD a comme premier partenaire la Chine, pas un pays ou entreprise africain ? Peux-tu à travers ces trois exemples, me parler encore de la françafrique ?

Non. mais

SASSE Koffi Sylvain : Mais quoi ? Le Président de l’ADAC, Mr Didier Renaud est un fin connaisseur de l’Afrique où il a baraudé pendant des années pour les entreprises françaises. Aujourd’hui il se met au service des entreprises et du développement économique entre l’Europe et l’Afrique. Car il est conscient que le destin des africains et des européens sont très liés dans le nouveau monde multipolaire économique et monétaire qui s’annonce. Remarques-tu maintenant que ces trois exemples de notes des services spéciaux européens que je t’ai révélé il y a quelques instants, font froid au dos tant aux africains et européens, citoyens francophone, de Commonwealth et de lusophone?

Je conviens avec toi. Cependant l’ADAC sera-t-elle impliquée dans le Programme diaspora 2015-2020 au Togo, dont parle trop ces derniers temps nos compatriotes ?

SASSE Koffi Sylvain : J’affectionne ta curiosité et tes compétences journalistiques, loin des railleries médiatiques de certains confrères. Le Programme diaspora 2015-2020 qui suscite ta curiosité a été mis en place à partir des constats que tous nos concitoyens connaissent déjà. Un exemple. Les associations de la diaspora sont très tribalisées, politisées et divisées comme nos partis d’oppositions qui n’ont pas su apporter un bien être à nos concitoyens. Les cas, de Synergie Togo, de CRD Togo, et de CMDT en illustre bien. C’est pour cela qu’il y a eu des concertations entre certains compatriotes, pour réfléchir sur une nouvelle manière de nous mobiliser pour apporter le bien-être de nos concitoyens de l’intérieur. Il nous est apparu aussi que, la diaspora ne pourrait plus se permettre de passer cinq années à publier les déclarations, les mémorandums, des pétitions et autres que j’appelle les << verbiages politiques >> sans rien apporter de concret à nos concitoyens. Je t’ai constaté l’exemple de nos concitoyens qui ont vendu leur carte d’électeur contre un parquet de 250g de spaghetti. Cet exemple impose à la diaspora un examen de conscience personnel, d’où l’urgence d’une union de tous les mouvements de la diaspora, a travers un grand Conseil Supérieur.

Penses-tu que c’est possible ?

SASSE Koffi Sylvain : J’ai essayé. Car les premiers contacts avec certains mouvements sont très négatifs. Il est apparu que certains d’entre eux jouaient le jeu des opposants locaux, d’autres, ne veulent pas perdre leur soi-disant privilège de << président de…>>, et enfin pour certains, c’est de l’arrogance pure. Mais, j’ai continué les contacts avec les autres patriotes, démocrates et républicains, africanistes et amis d’Afrique. Nous ne pourrons plus prendre le peuple togolais en otage, pour les cinq prochaines années à venir en se cachant derrière des réformes constitutionnelles et institutionnelles, tout en laissant passer des opportunités qui pourront servir à son bien être. On n’a pas besoin de devenir président de la république, premier ministre ou ministre dans son pays, avant d’aider ses concitoyens. C’est dans ce cadre que le Programme Diaspora 2015-2020 a été initié.

Belle initiative. Mais les indiscrétions font état des crashs au sein du CRD Togo à propos de cette initiative ?

SASSE Koffi Sylvain :Exact. Concernant le CRD Togo, j’étais malaisé par leur opposition car j’étais le conseiller spécial chargé de la diplomatie auprès de son coordinateur. Je m’interroge : crée-t-on un mouvement pour devenir coûte et coûte président de la république, ministre, Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères chargé de la diaspora etc… ? Faut-il accéder au poste de président avant d’accepter l’union de tous les mouvements de la diaspora ? Doit-on jouer toujours le jeu des politiciens locaux, avant d’aider le peuple togolais ? Si le CRD Togo, est le seul moment structuré de la diaspora, incarnant l’alternance, pour quoi refuse-t-il l’union des mouvements de la diaspora ? Je n’irai pas loin dans certains débats sur le CRD, mais d’ici 2020, il faudra que certains d’entre eux qui ont refusé l’union des mouvements de la diaspora et se vantant d’être plus structuré que tous les autres mouvements de la diaspora, prouvent au peuple togolais qu’ils ont créé au moins 1000 emplois pour la jeunesse togolaise dans l’artisanat, l’agriculture, la formation etc.. Ce sont ces discussions et l’arrogance des propos, de certains membres du CRD Togo, qui ont heurté quelques compatriotes, patriotes et républicains que j’avais associés aux débats. C’est à travers eux qu’il y a eu la fuite et certains leaders politiques étaient mis au parfum de ce que tu m’appelles << des crashs >>. Ce ne sont pas des crash, mais plutôt des affrontements d’idées.

Selon les rumeurs tu es exclu du CRD Togo à cause de cette initiative concernant l’union de tous les mouvements de la diaspora.

SASSE Koffi Sylvain : Je ne suis pas membre du CRDTogo. Je fais partie du cabinet privé de son coordinateur qui est un ami d’enfance et compagnon de lutte depuis 1990 pour l’apporter certaines expertises diplomatique, géopolitique et stratégique sur sa demande. C’est tout. Et, je l’ai fait par devoir envers notre pays, envers l’Afrique et envers l’humanitaire. Je ne suis pas informé de l’exclusion puisque je suis pas membre et ne participe pas à leur réunion. Pose-leur la question.

Alors le Programme diaspora 2015-2020 a été annulé par l’égocentrisme de la coordination de CRD Togo ?

SASSE Koffi Sylvain : Aucunement. Dans notre lutte pour la démocratie personne ou aucun mouvement n’est important. Le CRDTogo a refusé l’unité des mouvements de la diaspora, kein sorgen. C’est leur droit. Nous avons continué sans eux et arriver à initier du Programme diaspora 2015-2020 autour de quelques mouvements et compatriotes.

Parlons en. Quel est le concept du Programme diaspora 2015-2020

SASSE Koffi Sylvain : Je t’explique. Pour éviter la guerre des chefs au sein de la diaspora, tout togolais de ladite diaspora peut, s’il le souhaite, doit envoyer ses propositions de réformes, ses visions de notre pays, par mail signé en son nom et adresses à la cellule de planification ( cellule.peritus@yahoo.fr). Après la réception de des propositions, il y aura une synthèse, par un groupe d’ experts de chaque secteur (santé, aménagement territoire, éducation, agriculture, commerce, défense nationale etc), qui sera rendue publique avec les noms de tous ceux qui ont envoyés ces propositions. Après, nous convoquerons une réunion en France, en Belgique, aux USA ou Canada, pour l’adoption du Programme Diaspora 2015-2020. Et, en 2020, ces même personnes ou associations seront convoquées pour une plénière pour choisir un togolais, c’est-à-dire monsieur tout le monde, il peut être un coporal chef à la retraité, un docker, un pêcheur, un forgeron, pour porter le projet du Programme diaspora 2015-2020 aux prochaines présidentielles. Ainsi, les différents membres de la diaspora et au besoin certains membres mettront à la disposition de cet heureux élu, les réalisations du Programme diaspora 2015-2020, nos carnets d’adresses et des contacts de haut niveau.

Excellent. Tu as parlé des réalisations du Programme diaspora 2015-2020, crois-tu que la diaspora réalisera certains aspects de cet ambitieux projet avant 2020.

SASSE Koffi Sylvain : Certainement. Certains aspects comme les deux futurs centres commerciaux ultra modernes à Anécho et à Sokodé seront réalisables y compris d’autres dans les domaines de l’emploi, de la jeunesse, de l’éducation, de la formation, les médias et de la santé que nous ne rendons pas public pour le moment. Il y a des tractations, en cours avec les futurs acteurs intéressés par les constructions de ces deux centres commerciaux ultra modernes (investisseurs privés togolais, africains, européenne, américain et asiatique). Au total sept entreprises sont retenues. Nous attendons dans les jours à venir, la signature de l’ accords de partenariat entre l’Agence pour le développement de l’Afrique centrale et francophone(ADAC) et Union 35(U35), une organisation de PME-PMI-ETI du Togo, qui n’est pas politisée pour faire avancer ces projets.

Qu’est ce qu’il y a été fait concrètement pour ces futurs deux centre commerciaux

SASSE Koffi Sylvain : Nous avons trouvé deux acteurs principaux l’ADAC et un groupe financier dont nous tairons le nom, pour le moment concernant l’offre globale (l’urbanisme, études d’expertises l’architecture, les constructions, les expertises de projets, ses réalisations et les managements de ces espaces commerciaux d’Aného et de Sokodé).Nous attendons, la suite de nos discussions avec les municipalités d’Aného et de Sokodé, pour démarrer avec les deux acteurs, les études d’expertises et d’accompagnement opérationnel de ces projets. Nous tablons sur une création de plus de 10..000 emplois pour les deux villes avec environ 2000 à 3000 emplois CDI de diplômés au sans diplômés si les municipalités soutiennent l’initiative, pas en termes financiers mais en accélération des procédures administratives ou éventuellement en foncier. Les lenteurs dans les procédures administratives bloquent souvent les projets de ce genre dans notre pays qui à d’énormes problèmes d’urbanisation, d’infrastructures, et de manque de savoir-faire. Si les deux municipalités d’Anecho et de Sokodé accélèrent les procédures d’expertises, qui prouveront la faisabilité de ces projets, au deuxième semestre 2016, nous aborderons ses phrases opérationnelles.

Un grand programme diaspora 2015-2020

SASSE Koffi Sylvain : Tout à fait ! Je dirai un grand programme de développement citoyen pour l’Alternance.

La diaspora participe déjà et depuis des années à la croissance de notre pays, ….

SASSE Koffi Sylvain : Non. Il y a trop de confusions sur les fonds que la diaspora envoie au pays. Même Robert Dussey le ministre des affaires étrangères fait ses erreurs. Les fonds envoyés au pays par la diaspora sont destinés à leurs familles et non au peuple togolais. Ces fonds avaient pour but de satisfaire, à des besoins de consommation courante, de frais de santé, d’entretien, de constructions de maison et autres. En aucun cas, nos autorités ne doivent pas considérer cela comme les investissements directs pouvant booster la croissance de notre pays. Or c’est ce qu’elles font croire, même l’ex ministre Kaku Nouboukpo, laissent ses collègues ministres font des propagandes avec ces incohérences macroéconomiques. Une fois que la diaspora n’aura pas un grand programme de developpement citoyen comme le Programme diaspora 2015-2020 pour les contredire, Robert Dussey et consorts, continueront leurs incohérences macroéconomiques sur les chaînes de médias.

Ce Programme Diaspora exclut de facto les leaders du jeu politique et en particulier l’opposant Jean Pierre Fabre?

SASSE Koffi Sylvain : Je ne crois pas. Le Programme diaspora 2015-2020, n’est pas un projet politique, puisqu’il y des organismes comme ADAC, U35, des entreprises européennes qui sont associées. Mais si l’opposant Jean Pierre Fabre veut devenir coûte et coûte Président de la république en dépit des observations du président français François Hollande, avant d’aider nos concitoyens, ce sera son affaire. Cela ne regarde pas les initiateurs du Programme diaspora 2015-2020.

Puis-je déduire que, la diaspora exclu Jean Pierre Fabre de son Programme citoyen 2015-2020 ?

SASSE Koffi Sylvain : Toi aussi !. Parlons de choses concrètes pour le peuple togolais. Jean Pierre Fabre dont tu parles est fini politiquement et je ne suis pas sûr qu’il soit encore leader de l’opposition au vu des derniers développements au sein du CAP2015. Le feu Président Eyadema Gnassingbé disait : << on combat pour survivre. On ne survit pas pour combattre >>. Lui et ses amis candidats aux présidentielles 2015 contre Faure Gnassingbé ont choisi la voie de survivre avant de combattre, si j’emprunte cette pensée du défunt Eyadema Gnassingbé. Que veux-tu que je dis encore ? Lorsque nous attirons l’attention de nos compatriotes sur les incohérences politiques de Jean Pierre Fabre, l’opinion publique, ne nous a pas écoutés. Pire quand Jean Pierre Fabre, affirme dans ses meeting qu’il n’a jamais été acheté, et qu’il était dans la lutte pendant des années, c’est qu’il prenait le peuple togolais, les fonctionnaires de la présidence de la république, les collaborateurs directs du Chef de l’Etat et les forces armées pour des imbéciles. Cependant, il ne trompe que lui-même et sa clique. Général Charles De Gaulles au lendemain de sa démission du gouvernement provisoire de la France confiait à son ordonnance << un homme de grandes tempêtes n’accepte pas des basses combinaisons >>. Je n’irai pas loin. J’ai été comme Jean Pierre Fabre, et d’autres compatriotes dans notre lutte depuis les années 1990 jusqu’à ce jour. Nous l’avons été par devoir envers notre pays le Togo, devoir envers l’Afrique et devoir envers l’humanité sans chercher à devenir président de la république. Le reste, chaque togolais appréciera. Passons à une autre question.

Il y a un aspect du Programme citoyen diaspora 2015-2020 qui concerne la dédiabolisation des forces armées togolaises. Pourras-tu m’en dire plus ?

SASSE Koffi Sylvain : Bien sûr. L’armée togolaise, comme tu le sais, c’est une institution républicaine. Elle survivra, au régime des Gnassingbé. Nous ne pourrons pas l’accuser de tous les maux liés à notre processus démocratique. Par exemple, personne dans la classe politique n’a jamais accusé les 20.000 milices du RPT/UNIR selon les chiffres de la DGSE(services secrets français), la CIA américaine et d’autres organismes des droits de l’homme. Parmi ces milices majoritairement du nord, on retrouve des anciens militants, policiers, gendarmes en retraite et en fonction, des messieurs tout le monde. A force de diaboliser uniquement notre armée, nous la fragilisons, ce qui est très dangereux pour notre pays en cas d’agression extérieure. Sais-tu que l’armée togolaise, est la plus armée de toute l’Afrique de l’ouest en qualité et en quantité, soit une ratiocination de plus de 10 armes par soldat?

J’apprends beaucoup avec toi. Puis-je savoir pourquoi ?

SASSE Koffi Sylvain : C’est une question qui relève de notre défense nationale. Je ne l’aborderai pas ici.

Donne-moi au moins quelques pistes ?

SASSE Koffi Sylvain : Selon plusieurs sources militaires et des renseignements occidentaux, l’armée togolaise est la plus équipée en termes d’armes modernes et en quantité. Les occidentaux surtout la France et les Etats -unis ont les chiffres des armes de la plupart des pays d’Afrique. Mais ceux du Togo, les échappent. Tout simplement parce que le Togo est un verrous géostratégique, qui a servi de transit d’armes pendant la guerre froide plus précisément les guerres d’Angola, de Namibie, la révolution polonaise et les conflits de la Côte d’ivoire etc.. Feu Chef d’Etat Eyadema Gnassingbé détournait une partie de ces armes qui transitent par notre Port. Grâce à ce jonglage (comme on le dit en créole ivoirien) du feu Eyadema Gnassingbé sur les armes en transite au Togo, aujourd’hui l’armée togolaise peut faire face à toutes les éventualités d’agression extérieures sans augmentation majeure du budget de notre défense nationale. Une fois n’est pas coutume. Je salue sa mémoire pour cet acte de patriotisme, peu importe la manière dont il s’est approprié ces armes. Nous pourrons nous vanter de nos jours au Togo, car notre pays n’est pas comme le Mali qui a un seul hélicoptère après 50 ans d’indépendance.

Notre pays Togo est le pays le plus armé en Afrique de l’ouest ?

SASSE Koffi Sylvain : Je suis formel. Feu président Eyadema Gnassingbé en tant que militaire subalternes, avait tiré des leçons de la défaite l’armée française en mai 1940, lors de la seconde guerre mondiale. Surtout concernant des batailles du sud de la Somme vers Abbeville, sans oublier la poche de Dunkerque et les Ardennes. Lors de ces batailles, l’armée française était sous équipée face à sa collègue allemande dotée d’armes modernes dernier cri qui faisaient fuir les soldats français et leurs officiers. Contrairement à la pensée unique médiatique, ce n’était pas seulement les erreurs de stratégie militaire de l’Etat Major français ayant à sa tête le Maréchal Philippe Pétain, les généraux Touchon, et Weygand, et autres officiers qui étaient à l’origine de cette défaite mais également en grande partie de la vétusté de l’armement de cette armée. Feu Eyadema Gnassingbé n’est pas un agrégé ou un docteur en défense nationale ou en stratégie militaire, mais il avait tiré des enseignements de cette tragédie française pour l’avenir de notre pays, le Togo.

Est-ce un acte de bravoure, quand un chef de l’Etat détourne des armes modernes destinés à des pays frères, et des frères en lutte pour l’autodétermination?

SASSE Koffi Sylvain : C’est un acte de bravoure et de patriotisme. Le gouvernement américain sous Ronald Reagan détournait des armes et de l’argent que le Vatican envoyait aux syndicalistes de Solidarnosc en Pologne. Les archives du Vatican et de la CIA font référence de nos jours. Même Lech Walesa a fait état dans ses mémoires. Qui a bronché dans le monde ? Et que veux-tu reprocher maintenant à Feu Eyadema ? Qu’il a détourné des armes modernes qui font du Togo, le pays le plus équipé en armes modernes en Afrique de l’ouest ?

Je conçois ta position. Pourras-tu me donner le type d’armes modernes dont dispose notre pays ?

SASSE Koffi Sylvain : Je n’irai pas loin dans les détails en raison des impératives liées à notre défense nationale et par devoir envers notre pays.

Je te comprends

SASSE Koffi Sylvain : Je suis heureux que tu respectes mon droit de réserve. Conviens-tu avec moi donc que nous n’avons pas le droit de fragiliser nos forces armées, face aux destins des africains et plus particulièrement des togolais du Nord au Sud et l’Est à l’Ouest dans les grands enjeux mondiaux actuels ?

Oui

SASSE Koffi Sylvain : Je suis ravi pour toi. Car dans ces enjeux géopolitiques qui se résument en deux mots : chaos et pillages il n y a pas de pitié pour les petits pays. Les cas du Mali, de la Lybie, de la RDCongo, et la Côte d’Ivoire en illustre bien et j’en passe.

J’ai apprécié notre long entretien de ce jour. Ne sera-t-il pas opportun de nous revoir de temps en temps pour l’évaluation, et sur les avancements du Programme citoyen diaspora 2015-2020 ?

SASSE Koffi Sylvain : Volontiers et chaque trimestre, nous aurons cet entretien pour faire le point sur les avancées du Programme citoyen diaspora 2015-2020 et d’autres questions d’actualités. De même, comme d’habitude nous ferons le tour d’horizon des actualités géopolitiques et stratégiques. A nous revoir en novembre prochain.

Merci. Une dernière question pour terminer. Pourquoi tu n’as pas détaillé tout le Programme citoyen diaspora 2015-2020?

SASSE Koffi Sylvain : Tout simplement parce que mon instituteur de cours préparatoire première année, (CP1) le feu caporal Chef Ayivon, m’appris à l’école primaire publique du Camp du 1er Régiment inter arme togolais(RIT) que quand on fait un devoir il faut le protéger contre les tricheurs. Au cours de notre long entretien j’ai donné quelques grandes lignes du Programme citoyen diaspora 2015-2020, sans dévoiler tout le programme. C’est pour éviter que les politiciens, ne copient le programme et en font après des boucans dans la presse nationale comme si, c’était leur programme politique. Toutes mes précieuses pensées aux membres de nos forces armées qui sont en mission extérieure, plus précisément au Mali et au Haut commandement des forces armées républicaines du Togo. Je te remercie.

Propos recueillis par William Missiwo

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